quand on ouvre le livre
c’est la première chose que l’on remarque
les blancs
c'est votre liberté
c'est-à-dire
la résultante
de votre historique personnalisé
non seulement l’auteur passe à la ligne après
chaque phrase
c’est-à-dire
dès qu’
une signification a pris
comme on dit que le ciment prend
une signification qui paraît définitive
mais encore
il la sépare de la suivante
par
une ligne blanche
une ligne sans mots
un espace
où
apparemment,
il n’y a rien à voir
rien à voir…
cela ne veut pas dire qu’il ne s’y passe rien
!
c’est au contraire là que tout se joue...
entre deux lignes serait
une façon de dire
rien à voir
dans cet entre-deux
?
un champ électro-magnétique
est-ce que ça se voit
?
et un photon
?
ça existe bel et bien
un photon
sinon nous serions
dans le noir
je peux connaître son point de départ par exemple le soleil et son point d’arrivée l’objet qu’il éclaire et jusqu’à sa vitesse 299 792 458 mètres par seconde
mais le photon lui-même et sa trajectoire impossible de les voir si vous postez quelque part un observateur c’est lui qui en sera éclairé et le photon aura déjà fini sa course
c'est plutôt
un alliage fait sur mesure
lire/écrire
n’est pas enregistrer
une suite de mots mais mesurer la distance qui sépare
chaque mot des autres
tout est
dans la liaison
dans le mouvement
dans la coupure
dans l’inespéré
dans le déplacement
dans le blanc
écrire consiste
à briser les pléonasmes qui nous aliènent
à contrarier les liaisons convenues qui nous piègent
à permettre à notre pensée
enfin
de ne jamais
plus jamais s’arrêter
l'illusion peut laisser croire le contraire...
elle est tenace...
elle constitue ...
un indice prioritaire