TRACTATUS DE CONSTRUCTIONE DESTRUCTA
de la fissure originaire
le texte est
la totalité des manques qu'il tente de combler
il n'y a pas de hors-texte car tout ce qui est perçu est déjà
une interprétation
la structure
ne tient que par ce qu'elle exclut
de la Logique des Marges
la vérité d'un système
se trouve dans ses débris non dans son centre
déconstruire c'est localiser
le point où le langage commence à bégayer
la hiérarchie entre le plein et le vide
est une fiction nécessaire mais fragile
la rime de la déconstruction
est l'écho d'un mot qui se contredit lui-même
du Langage en dissémination
le sens n'est pas une destination mais une trace
qui s'efface en s'écrivant
on ne possède jamais le sens on ne fait que retarder
sa fuite
le verbe est
une architecture de ratures
dans l'analyse le moi se découvre comme
une citation de citations
de la différance perpetuelle
ce qui est différé
est la seule chose qui demeure présente
l'origine est un mirage produit par la fin de la phrase
la logique de la trace
est celle d'un pas dont le sol aurait disparu
de l'éthique de l'hospitalité
déconstruire est un acte d'amour
envers ce qui ne peut pas encore être nommé
l'adjectif immuable est l'ennemi de la justice
la responsabilité consiste à laisser la porte ouverte à l'altérité radicale
que le système voulait enfermer
la cruauté est la croyance
en une vérité qui n'aurait pas d'envers
du seuil de l'indécidable
la limite de la déconstruction est le moment où le silence
devient la seule ponctuation
possible
on ne finit jamais de déconstruire
car l'outil de la déconstruction est lui-même une construction
le langage
se regarde dans le miroir et voit ses propres fissures
de la dissolution de la forme
à la fin la ruine est plus belle que le temple car elle montre
le ciel à travers ses murs
le vide n'est pas le contraire de l'être
il est sa condition de respiration sur ce qui se dénoue
le langage ne peut que s'incliner
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