What kind of awakening is this
quel genre de réveil
est-ce
?
selon le contexte on peut aussi dire
quelle sorte d’éveil est-ce
plus spirituel / métaphorique
de quel éveil s’agit-il
plus formel ou littéraire
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
Zarathoustra regarde dans un miroir et y voit
un démon ricanant
sa doctrine a été déformée
ses paroles
trahies
il comprend que la vérité ne se possède pas
elle se mérite
il doit redescendre de sa montagne
non pour convaincre
mais pour libérer ses amis de l'image
qu'ils se sont faite de lui
le maître doit s'effacer pour que l'élève
trouve son propre reflet
la vertu n'est pas une dette ou une contrainte
mais une richesse qui déborde
comme le soleil qui donne sa lumière
sans rien attendre en retour
l'âme noble a besoin de s'offrir pour ne pas éclater
restez fidèles à la terre
crie-t-il une dernière fois
car la plus haute vertu est celle qui redonne
un sens charnel et terrestre
à l'existence
maintenant je m'en vais seul mes disciples
Allez-vous-en aussi
et seuls
Zarathoustra quitte ses amis car on ne suit pas un homme, on suit son propre chemin Il promet de revenir quand ils l'auront tous renié car c'est au moment où l'on perd le maître que l'on est enfin prêt à entendre sa voix
le vrai secours vient dans la vague
non dans la rive
la vague ne promet rien
elle oblige
elle arrache les appuis et rend au corps
son intelligence ancienne
être sauvé
ici
ce n’est pas rester intact c’est apprendre à céder
juste assez
pour ne pas rompre
le vrai secours
n’est pas contre la force
il est
dans son rythme
elle partageait
....
le fardeau de l'immortalité des détails
pour elle le monde n'était pas
une succession de jours
mais
un volume unique
sans cesse réécrit
où l'encre ne séchait
jamais
Frank Horvat Mate 1964
elle habitait la Pointe
avec
une précision chirurgicale
elle ne voyait pas une rose
elle voyait la confluence de toutes les roses de son enfance
venant s'incarner par un entonnoir invisible
dans ce pétale précis
son corps était
le sommet d'un sablier
où tout le sable du passé se pressait pour franchir
le chas d'une aiguille
l'instant présent
le seuil de toujours avant que la nuit ne devienne introuvable
cadran froid
l'espace découpe l'âme
fleuve indivisible
mélodie où tout se fond
la mémoire pure descend vers l'action
le cerveau trie
le passé survit
la digue lâche
le souvenir inonde
miroir du présent qui se dédouble
élan
force qui jaillit
liberté qui s'invente
intuition
regard intérieur
coïncidence avec le flux
arpenteur d'éternité entre deux empires
grand-père de fourrure
silence de la taïga
évène
nomade du sacré
respect du nom
tu
souffle
tout ce qui dure est une création
le poème pulvérisé
la liberté et le vent de la nuit
mes défauts désormais sont mes seuls ennemis
les autres se sont tus
les tempêtes du dehors ont déposé les armes
le silence s'est fait sur les vieux champs de bataille
il ne reste que ce face-à-face
ces ombres familières qui marchent dans mes pas
mes impatiences
mes silences trop lourds
ceux que je n'ai pas pu vaincre en chemin
Je ne lutte plus contre le vent
je lutte contre le pli de mon propre caractère
cette forteresse intime
dont
je suis à la fois
le garde et le prisonnier
vers les profondeurs de l'âme et ses rencontres périlleuses
une randonnée solitaire en raquette à neige
la beauté et la sérénité des bouleaux
leurs troncs clairs comme une écriture sans phrase
une lumière tenue debout
ils ne dominent pas
ils veillent
ils laissent passer le ciel
à travers leur mince verticalité
dans leur calme le vent devient lisible
le silence habitable
les bouleaux enseignent
une force sans poids
une présence
qui n’a pas besoin
de durer
pour être juste