la propriété
ne parle pas fort
elle répète
à chaque battement du monde
c’est à moi
elle trace des lignes invisibles sur la terre sur les corps
sur les idées et appelle cela
ordre
la propriété apprend à séparer
avant même d’apprendre à aimer
elle dit
ceci est mien
donc cela n’est pas toi
elle rassure les mains vides
en leur donnant des clés
des titres
des serrures,
et un sentiment d’existence
mais chaque possession
a un coût
secret
ce qu’elle protège
elle l’isole
on garde donc on craint de perdre
on possède
donc on se tient à distance
la propriété chante sans fin le refrain de la séparation
jusqu’à ce que l’on confonde
avoir et être
et pourtant parfois
un geste sans reçu
un lieu sans clôture
une parole donnée
alors le refrain s’interrompt et l’on se souvient
ne serait-ce qu’un instant
que rien ne nous appartient
vraiment
pas même nous-mêmes
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