le rythme suit le souffle et l'évanouissement de la pensée
la fugue
le moment où je parle est déjà loin de moi
il glisse
entre les mailles du filet de ma voix
comme une eau vive que la main ne sait retenir
je ne possède que l'écho
le reste de la phrase qui s'éteint
cette
poussière
de seconde
qui se dépose
déjà sur le socle
des souvenirs
vivre
c'est habiter cet intervalle
entre
le cri qui naît et le silence
qui l'emporte
notes rapides
les vers courts imitent la brièveté de l'instant
la parole
n'est plus un outil de contrôle
mais
une
tentative
un peu vaine de
pêcher
le présent
la paix a été faite avec le monde mais la guerre continue dans le miroir
le front intérieur
mes défauts désormais sont mes seuls ennemis
les autres se sont tus
les tempêtes du dehors ont déposé les armes
le silence s'est fait sur les vieux champs de bataille
il ne reste que ce face-à-face
ces ombres familières qui marchent dans mes pas
mes impatiences
mes silences trop lourds
ceux que je n'ai pas pu vaincre en chemin
Je ne lutte plus contre le vent
je lutte contre le pli de mon propre caractère
cette forteresse intime
dont
je suis à la fois
le garde et le prisonnier
notes rapides
en vers libres
on ressent mieux l'idée
d'un inventaire personnel presque
une confession
le combat est intérieur
ce qui rend la victoire plus difficile car on ne peut pas
se fuir soi-même.
contraste
on oppose le tumulte passé les ennemis extérieurs
au calme pesant du
présent.
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