la jungle de l'esprit
il a fallu l'éclat d'un pavot sur le bitume
pour que quelqu'un s'éveille au milieu du chaos
Kenzo trace un sillage où la ville s'exhume
rendant à la poussière ses rêves les plus beaux
c'est une onde qui poudroie en motifs de soie
une écume de lumière sur un corps de satin
le monologue ici devient un cri de joie
un jardin de Kyoto dans un souffle latin
nul besoin de parapluie sous cette pluie de fleurs
la foudre elle-même est un dessin de couleur
nous ne sommes plus personne
sinon ces voyageurs vêtus de cet autrement
qui guérit du malheur
le vêtement de l'âme
après avoir été mis à nu par le froid et le blanc
l'être ne se rhabille pas de ses vieux oripeaux
il se pare de la nature sauvage
c'est la sympathie avec l'Intelligence devenue une parure
la liberté du mouvement
comme la pirogue ou l'aile
le style de Kenzo refuse l'entrave
c'est l'élégance de celui qui a atteint le point de non-retour
et qui décide de danser sur la crête des dunes
l'immanence florale
Si l'existence est une illusion d'optique
autant qu'elle soit une fête de couleurs
lever la pierre
c'est aussi y trouver une fleur qui pousse
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