la poésie du fragment est l'art de dire l'immensité
avec des miettes
c'est une écriture du souffle où le blanc entre les mots
compte autant que l'encre
éclats de l'Être
le temps est un vêtement que l'on use en marchant
vers nulle part
je suis le carrefour où les ombres de mes ancêtres
viennent se réchauffer
regarder le soleil en face c'est accepter que la vérité
brûle la vue
l’âme est un puits dont l’écho arrive toujours
après le silence
rien ne se perd
tout se rêve en d'autres formes
le monde n’est pas devant moi il est le sang
qui bat contre mes tempes
porter le vide
comme une couronne de lumière
l’instant est une porte
qui ne s’ouvre que si l’on oublie de frapper
écorce de chair noyau d'infini
Dieu est la parenthèse
que nous ouvrons pour ne pas mourir de froid
métaphysique du quotidien
chaque pierre est un temple qui attend
son premier mot
je touche le mur :
c'est la fin de ma main et le début du mystère
la mémoire est une pluie qui tombe
à l’envers
être ici
c'est déjà avoir accepté d'être ailleurs demain
le ciel ne répond pas,
il se contente d'être bleu par-dessus nos cris
la pensée est un oiseau
qui se brise les ailes contre les limites du langage
nous sommes des fragments de miroir cherchant
l’image entière
la mort n'est qu'un changement de rythme
dans la symphonie de l'atome
creuser le silence jusqu'à y trouver la source
du premier cri
je ne suis pas celui qui voit
je suis l'acte même
de la vision
le fragment
fonctionne par sa capacité à laisser
le lecteur
achever
le poème dans son propre
esprit

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire