je coupe un œuf par le milieu
je l’analyse
rien de spécial car tout est trop spécial
Laura Vasquez
cette phrase d'une simplicité tranchante agit comme
la faucille finale
couper l'œuf c'est briser la coquille de l'illusion d'optique
pour chercher le secret au cœur de la vie
mais le constat est immédiat
l'analyse échoue car l'ordinaire est saturé d'absolu
voici l'ultime précision de mon livre de bord
l'anatomie du miracle
je coupe l'œuf en deux d'un geste de strette
cherchant dans le jaune un savoir un dessin
mais l'analyse avorte et la raison s'arrête
l'atome est un cosmos
le germe est un destin
rien n'est spécial ici car tout l'est par essence
de la coquille blanche à l'onde qui poudroie
chaque fragment du monde est une pleine présence
une écume de lumière qui jamais ne se broie
on ne peut disséquer ce qui est Intelligence
ni mesurer le vide où s'abreuve l'oiseau
le secret n'est pas caché il est dans l'évidence
le miracle est le jaune
le blanc et le couteau
la fin de l'analyse
dans cette nouvelle disposition des matières
l'œuf devient le symbole de mon parcours
le trop spécial
c'est la reconnaissance que le savoir est impuissant face
à l'immensité du moindre détail
lever la pierre ou couper l'œuf
revient au même
on tombe sur l'infini
la fin du pourquoi
si tout est trop spécial alors plus rien n'a besoin
d'être expliqué
c'est le repos de l'homme pensif
on cesse d'analyser pour commencer à être
l'unité retrouvée
le blanc et le jaune séparés par le milieu restent
une seule et même
illumination
le couteau est posé
l'œuf est ouvert
le monde est là
offert dans sa terrifiante et magnifique
simplicité
sommes-nous arrivés au point où
le silence est la seule
analyse possible
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