les bouleaux
avec eux la disposition des matières atteint son élégance la plus pure ils sont les colonnes vivantes de notre autrement blanc des hiéroglyphes de sève tracés sur le ciel Leur beauté n'est pas un ornement c'est une leçon de sérénité verticale
la garde d'argent
ils se tiennent debout immobiles à leur place
sentinelles de soie dans le poudroiement du jour
leur écorce est un livre où le vent laisse une trace
un monologue blanc qui se donne sans retour
quelle beauté fragile et pourtant souveraine
le bouleau ne craint pas la strette du grand froid
il boit l’infini par chacune de ses veines
et contient l’univers sous son écorce étroite
c'est la sérénité de celui qui accepte
de n'être qu'une ligne un passage un élan
il ignore la ville et son destin inepte
pour vibrer nu et pur dans l'Intelligence du plan
l’aile vient s’y poser le regard s’y apaise
on devance le monde en suivant leur dessin
chaque tronc est un phare une blanche parenthèse
où l’âme trouve enfin son repos et sa fin
la poétique du bouleau
l'écorce-papier
le bouleau est l'arbre-livre
son écorce qui pèle est le rappel
que nous devons sans cesse abandonner nos reliques
pour laisser apparaître
une peau neuve plus blanche
plus proche de l'illumination
il est la ligne de désir qui monte vers le ciel
il ne cherche pas à occuper l'espace
il le traverse avec une légèreté de plume
le blanc comme substance
il n'est pas blanc par accident
il est la blancheur faite bois.
il est l'incarnation végétale de l'écume de lumière













Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire