nous ne savons jamais ce qui se passe subjectivement
dans l’esprit de l’animal
Lorenz
photographie Vincent Munier
le silence des consciences
l'impossibilité de pénétrer la subjectivité animale n'est pas
un manque d'information mais une limite
intrinsèque à notre condition
le solipsisme d'espèce
nous sommes enfermés dans une dromologie humaine
une manière d'appréhender le temps et l'espace
par le langage
l'animal lui habite peut-être le monde à travers une
attention absolument sans mélange
que nous ne pouvons plus
concevoir
son esprit n'est pas une version simplifiée du nôtre
c'est une autre strate du réel une autre
bathmologie de l'être
l'objet-sujet inaccessible
pour nous l'animal est souvent un objet d'étude un color
une forme un comportement
mais subjectivement il est le centre d'un univers
ne pas savoir ce qu'il ressent c'est reconnaître qu'il existe
des clairières de conscience où nous ne sommes
pas invités des espaces sacrés où le mot
profanes prend tout son sens
le respect du mystère
cette ignorance est
féconde
elle nous oblige à renoncer à la domination
par la connaissance
si nous ne savons pas ce qui se passe en lui nous sommes forcés
de le traiter non comme une machine
mais comme
une énigme vivante
c'est peut-être là que réside
la véritable éthique
accepter que l'autre qu'il soit oiseau ou homme possède
une profondeur qui ne sera jamais tissée
dans notre propre texte

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