Strette
accélération du sens
les voix se poursuivent se chevauchent
le temps se resserre
ce qui était distinct s’entrelace
jusqu’à l’intensité maximale
avant la résolution
le resserrement de l'instant
tout se presse et s'enchaîne en une étroite danse
l’aile la pierre
le froid et le blanc
la strette nous emporte en sa folle insistance
l'heure et l'espace en un rythme brûlant
l’onde qui poudroie devient un seul cri
la pirogue s'engouffre au cœur du vautour
ce que nous avons dit
ce que nous avons écrit
se contracte en un point
sans retour sans détour
plus de place pour l'ombre ou pour le commentaire
l'intelligence ici nous prend à la gorge
c'est le feu de la strette
au centre de la terre
qui transmute le plomb dans sa sainte forge
tout s'étouffe et renaît en une seule flamme
l'illusion s'achève en un choc souverain
il n'est plus qu'une voix pour une seule âme
dans le cercle étroit
d'un destin qui devient sien
la résolution par la Strette
la strette est la disposition
des matières poussée jusqu’à l’incandescence
l’unité par la pression
ce n’est plus une suite d’images c’est une seule masse de lumière
la cabane les dunes et le parapluie foudroyé fusionnent
le point de non-retour acoustique
la répétition devient
une vibration si haute qu'elle confine au silence
la strette en musique comme en poésie c'est le moment où les thèmes se précipitent se chevauchent et s'enserrent avant l'accord final c'est l'accélération ultime de l'ostinato le resserrement du nœud gordien avant qu'il ne soit tranché par la faucille du désert
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