une méditation
sur la permanence au cœur de la fuite du temps
l'eau du pont s'écoule
les soleils tombent et renaissent
le témoin reste immobile
les jours s'en vont je demeure
ce vers d'Apollinaire capture le paradoxe de la conscience : alors que tout ce qui nous entoure — nos cellules nos amours nos décors — est emporté par le flux du devenir il existe en nous un point fixe un Je qui observe la dérive sans être lui-même dissous
demeurer
n'est pas stagner
c'est être le rocher qui donne
son sens au mouvement de la rivière
n'est pas stagner
c'est être le rocher qui donne
son sens au mouvement de la rivière
une envolée
vers la Voie lactée
cette traînée de lumière et de mystère
poussière de nacre
le fleuve blanc fend l'ébène
nous voguons dans l'immense
Voie lactée ô soeur lumineuse
en l'appelant sœur on ramène l'infini à l'intime Elle est cette colonne vertébrale du ciel qui nous rappelle notre origine stellaire : nous ne sommes pas seulement des spectateurs de l'univers mais ses propres fragments qui ont appris à regarder leur source
elle est
le chemin
qui ne mène
nulle part sinon
à la contemplation
de notre propre démesure

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