procul o procul este profani
cette injonction solennelle prononcée par la Sibylle dans l'Énéide avant la descente aux Enfers marque la frontière entre le profane et le sacré c'est le cri qui instaure une limite métaphysique
la géographie du sacré
éloignez-vous ah éloignez-vous profanes
ce n'est pas seulement un ordre de départ physique c'est l'établissement d'une échelle du mystère où le seuil sépare ceux qui voient de ceux qui ne font qu'errer à la surface
le seuil infranchissable
le profane est étymologiquement celui qui reste pro-fano
devant le temple à l'extérieur
l'injonction rappelle que la vérité ne s'offre pas à l'attention
distraite ou mélangée
pour accéder au sacré il faut un changement de nature
une purification du regard
l'éthique de la distance
cette parole impose un respect face à ce qui nous dépasse elle suggère que tout n'est pas accessible à tous tout le temps il existe une hiérarchie de l'être la connaissance profonde exige une ascèse une préparation de l'âme que l'agitation du monde la dromologie du quotidien interdit
le silence comme sanctuaire
en écartant les profanes on protège le silence nécessaire
à la révélation
c'est l'idée que le mystère ne peut survivre à
la vulgarisation.
le sacré a besoin d'ombre et d'écart pour que la clairière imprévue
puisse apparaître à celui qui est prêt
c'est
une invitation
à la révérence reconnaître
qu'il existe des lieux des textes
ou des moments dont la profondeur exige
que l'on retire ses chaussures avant
d'entrer

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