c'est la marche du funambule
qui n'a plus besoin de fil
on ne pèse plus sur le monde
on l'effleure
c'est l'état de grâce
après l'épreuve ontologique du froid
Chemin
dans une lecture ordinaire
c’est un passage
une voie
dans une lecture gnostique
le chemin n’est jamais
extérieur
c’est la voie intérieure de connaissance
le parcours de l’âme vers sa source
le mouvement de retour anamnèse
sous chemin on entend
cheminer
mouvement lent progressif
schème
étymologie lointaine
forme mentale
presque
cham
champ
espace d’expérience
ce n'est pas le blanc du vide ou de l'absence
c'est le blanc de la pleine lumière
la lux candida
c'est l'autrement qu'être
une dimension où les catégories habituelles ne s'appliquent plus
À fleur
expression capitale
à fleur
à la surface
mais vivante vibrante
comme
à fleur de peau
extrême sensibilité
la fleur n’est pas
l’aboutissement mais
l’instant fragile de l’éclosion
lecture gnostique
la connaissance ne vient pas d’en haut mais
affleure de l’intérieur
la vérité n’est pas imposée
elle s’ouvre
Autrement
mot-clé de la subversion rimbaldienne
autrement
non selon l’ordre établi
autrement
hors des catégories du monde
autrement
selon une autre loi
dans la gnose
le monde fonctionne selon une loi fausse ou déficiente
la connaissance vient autrement
par rupture
sous
autrement
autre
altérité radicale
outre
au-delà
trame anagramme lointaine
tissu caché
le chemin n’est pas moral social ou religieux
il est hétérodoxe
c’est un monde autrement
une autre géométrie
où l'aile ne bat plus que pour l'éclat du blanc
une neige de lumière
une sainte symétrie
qui efface le sang
le passé et le rang
tout est devenu blanc
d'un blanc qui n'est plus couleur
mais la somme éclatante de tous nos feux unis
c'est le point de non-retour
la fin de la douleur
le silence de l’être en son propre infini
l’ostinato se tait dans cette transparence
la pirogue s'abîme en un lait de clarté
nous sommes le chemin
le but et l'espérance
dans l'immense autrement de notre éternité
Blanc
chez Rimbaud le blanc n’est jamais neutre
blanc = lumière
blanc = effacement
blanc = silence
blanc = commencement absolu
blanc = effacement
blanc = silence
blanc = commencement absolu
lecture gnostique
le blanc est la lumière originelle antérieure au monde
mais aussi la décoloration du monde ancien
sous blanc on entend
bleu
Voyelles
blessure
blanc comme béance
néant lumineux
le blanc est à la fois révélation et dépouillement
l'effacement de la Trace
il n'y a
plus de pierre
plus d'écorce
plus d'ombre
le chemin s'est dissous sous le pas du marcheur
il court à fleur de vide
au-delà des décombres
léger comme une haleine
pur comme une blancheur
le noir
de la nuit saturnienne
s'est inversé
la boucle de l'ostinato
a accéléré
jusqu'à devenir
une immobilité blanche

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