de très loin venue et maintenant à jamais tendue
L’aile et la nuit
l’aile est l’élan
la promesse du déplacement la forme même du passage
elle ne possède pas le ciel
elle le traverse
l’aile est tension vers l’ouverture
désir de quitter le sol sans jamais l’abolir tout à fait
La nuit
elle est retrait et enveloppement
elle suspend les repères
dissout les contours
rend le vol incertain
la nuit n’est pas seulement obscurité
mais profondeur
un espace où la direction ne se voit plus
mais se pressent
entre l’aile et la nuit se joue une épreuve
voler sans visibilité
avancer sans garantie
l’aile apprend à sentir l’air plutôt qu’à voir le chemin
la nuit oblige à une confiance nue dans le mouvement
le vol véritable
commence peut-être là
quand l’aile accepte la nuit
et que la nuit devient l’élément même de l’élan
l’aile de l’envol rencontre la nuit du secret
Le Vol de Minuit
il fallait cette ombre
cette immense nuit
pour que l’aile enfin trouve son ampleur
loin du jour bavard
loin de tout ce qui bruit
l’âme déploie son geste au cœur de la rigueur
l’aile n’est pas la fuite
elle est le mouvement
qui embrasse
l’obscur pour en faire un chemin
elle survole le froid
ce gel du sentiment
pour porter
le secret vers un autre matin
dans le noir absolu
tout devient illumination
l’oiseau de Zarathoustra plane
sur le néant
c’est la fin du fouillis
la grande affirmation
la nuit est
le berceau d’un jour plus géant
une plume
de feu
dans l’hiver sidéral
un battement
UN
dans le cosmos muet
nous avons trouvé
là
notre port
idéal
l’envol souverain
sous un ciel qui se tait
*
Aile
la force du dépassement
l'énergie de la naissance et du jaillissement
Nuit
la profondeur du vide
le reposoir du silence et de la mort
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