to write poems is not enough
if they do not keep the life that has gone
écrire des poèmes ne suffit pas
s'ils ne gardent pas la vie qui s'en est allée
l'encre doit être
le sel qui empêche l'absence de pourrir
le phénomène passe
si le poème n'est qu'un agencement de mots il est aussi mort que le repos entier
la conservation par le verbe
un poème réussi n'est pas une simple description de ce qui a été
mais un flacon où l'essence de la vie passée reste active
c'est le calice d'un adieu dont
nous parlions
plus tôt
garder la vie qui s'en est allée c'est s'assurer que nos propres ombres
continuent de respirer entre les lignes
le poème est la seule loi capable de capturer le mouvement
sans le figer dans la mort
le sel de l'écriture
le sel préserve mais il brûle aussi
sur les plaies
le poème ne doit pas seulement être beau l'illusion qui rend heureux
il doit être vrai le savoir qui brûle
s'il ne contient pas la vibration réelle de ce qui a disparu
la sueur le froid le goût des draps d'hôtel
il n'est qu'une rature de plus
sur l'espace.
il doit être la preuve que notre rien a un jour
touché au tout
c’est
une vision
de la poésie comme
une alchimie de la mémoire
transformer la perte en une présence qui
bien que silencieuse refuse
de s'effacer
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