Les poètes sont des monstres.Ils n'aiment pas vos machines.Ils ne les aimeront jamais.Une bouilloire- antique grosse pomme de fer talée- est toute la technologie qu'ils supportent. Ils aiment trop la vie pour prétendre " l'augmenter".
Bobin explique que le poète vit dans un retrait nécessaire Ce n'est pas une misanthropie mais une condition pour entendre le murmure du monde Il est celui qui refuse de participer au vacarme général pour préserver une forme de pureté de l'attention
Dans notre société tout doit servir à quelque chose Le poète lui défend l'inutile Pour Bobin la poésie est ce qui ne sert à rien, mais sans quoi la vie ne vaudrait pas la peine d'être vécue C'est un acte de résistance contre la machine sociale
on rejoint ici d'une certaine manière la critique de la technique de Jean Vioulac mais par le biais de la grâce
Le poète est celui qui casse la langue banale pour retrouver le sens originel des mots Bobin décrit l'écriture comme une manière de forcer les portes du réel Le poète est un monstre car il manipule une matière dangereuse la vérité nue
pour Bobin le poète est un monstre de la même manière qu'un enfant peut l'être : par son exigence absolue de présence son absence de compromis et sa capacité à s'émerveiller de rien

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