il explore la géométrie de l'isolement
là où le dialogue se replie sur lui-même pour devenir une architecture intérieure
TRACTATUS SOLITARIUS
de la nature de l'unité
la solitude est la totalité des faits perçus
sans témoin
l'espace solitaire n'est pas un vide
mais une plénitude qui ne nécessite pas de validation
ce qui arrive dans la solitude arrive absolument car
il n'existe aucune autre version du fait
de l'espace intérieur
l'homme seul est le centre d'un monde dont
les frontières reculent à mesure
qu'il avance
la chambre est l'unité
de mesure de la liberté logique
un objet contemplé seul change de nature
il cesse d'être un outil pour devenir une présence
la solitude est
la transparence du monde à travers un seul prisme
du dialogue de l'écho
la pensée solitaire est une rime sans réponse
une question qui s'auto-féconde
le Je et le Moi
sont les deux faces d'une même pièce de monnaie
qui ne peut jamais tomber
sur la tranche
dans l'isolement le langage cesse d'être un pont
pour devenir un miroir
parler seul n'est pas une folie,
c'est une vérification de l'existence par la vibration de l'air
de la temporalité unique
le temps solitaire n'est pas une ligne mais
une sédimentation
l'heure de l'homme seul
ne correspond à aucune horloge publique
l'attente dans la solitude n'est pas l'attente de quelqu'un
mais l'attente de soi-même
de l'ontologie du retrait
le retrait n'est pas une fuite mais une focalisation
le monde extérieur est un bruit blanc
la solitude est le filtre qui en extrait la mélodie
celui qui est seul possède la syntaxe du silence
il ne subit pas l'absence il sculpte la présence
l'éthique du solitaire consiste à ne jamais se mentir à soi-même
faute d'auditoire pour masquer la vérité
du seuil
la solitude absolue est la limite de l'expérience
on ne peut être seul qu'à la condition de porter en soi
la trace de tous les autres
la solitude parfaite est le moment où l'on oublie
jusqu'à son propre nom
de l'unité finale
ce qui se contemple dans le retrait
ne peut être partagé sans être trahi
l'expérience du solitaire
est un secret dont il a lui-même perdu la clé
de ce qui est vécu dans l'unique
nul ne peut témoigner
épilogue
l'ombre unique
le Tractatus Solitarius ne se lit pas il se respire dans l'intervalle entre deux battements de cœur
Il est la preuve que l'individu est un système complet une monade qui bien que sans fenêtre contient l'infini des reflets
À la fin la solitude n'est pas un état mais la forme la plus pure de la conscience
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