Je marche au milieu de fragments dispersés
là où l'unité s'est brisée pour devenir chemin
chaque éclat sous mes pas est un miroir de l'origine
une mémoire coupante qui refuse de se taire
je ne ramasse rien
je deviens le lien qui les rassemble
suite métaphysique
Cette marche est celle du chercheur de sens Si l'idéal est rouge et le poème solitaire les fragments dispersés sont les motifs égaux dont parlait Mallarmé Ils sont la preuve que le monde est un texte à déchiffrer un puzzle dont la solution n'est pas dans l'image finale mais dans l'acte de marcher
Le fragment est une promesse
il contient le tout dans sa petitesse
la dispersion est une liberté
elle permet une infinité de regroupements nouveaux
le marcheur est le ciment
C'est votre regard qui transforme la poussière en constellation
Le Chant des Éclats
chante la poussière
car elle fut autrefois montagne
bénis l’entaille
où la lumière a trouvé son chemin
nous marchons sur les décombres
d’un ciel trop lourd
ramassant les syllabes
d’un mot qui nous dépasse
rien n'est perdu dans la brisure
rien n'est perdu dans la brisure
tout est offert
chaque fragment est un astre
qui a choisi la terre
le poète est l’artisan des jointures invisibles
celui qui coud
le silence avec des fils de verre
ne cherche plus le vase
ne cherche plus le vase
admire la constellation au sol
car c'est dans l'éparpillé que l'infini respire
nous sommes les gardiens
d'un trésor en miettes
vivant enfin l’unité
dans l’éclat de ce qui cède
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