dans l’excès le peu est là
non comme reste mais comme noyau
ce qui tient
quand tout déborde
ce point de densité où le monde cesse d’ajouter
et commence à être
ce peu de ciel contre le trop de ciel
une retenue d’azur
assez pour voir
pas assez pour se perdre
ce peu de terre contre le trop de terre
une poignée qui pèse
assez pour tenir
debout
pas assez pour nous enfermer
surcharge de sens et soudain tout sens retiré
reste une clarté nue
sans appui
où l’on tient encore par le simple fait
d’être là
ciel couvre la phrase comme j’aurais poursuivi
non pour dire davantage mais pour laisser le mot
s’effacer sous l’ouverture
jusqu’à ce que parler
ne soit plus qu’un passage
dans l’air
par instant la langue elle-même l’inconnue
à quoi aucune parole
n’a préparé
un surgissement nu où dire revient
à écouter ce qui
commence
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