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dimanche, octobre 11, 2026

Borges 
écrit ceci  


tant la réalité est complexe tant l’histoire est fragmentaire 
et simplifiée qu’un observateur omniscient 

pourrait rédiger un nombre indéfini et presque infini
de biographies d’un même homme

qui mettraient chacune en valeur un groupe 
de faits indépendant et dont il nous 

faudrait lire un grand nombre avant de comprendre 
qu’il est question d’un personnage unique 



*







prosographie

le visage


front de lumière paupières de brume bouche close 

peau traversée de froid


les traits

une géographie brève


l’œil recueille ce que le regard abandonne

la joue l’ombre le pli la faille

un visage


non pas quelqu’un mais le passage du temps

sur la matière vivante




le malentendu est inévitablement riche

un mot dévie

un autre monde apparaît


la parole

manque sa cible et touche ailleurs


ce qui se perd se multiplie entre ce que je dis

et ce que tu entends une troisième chose

s'ouvre



ni vraie

ni fausse

inattendue

le sens

n'arrive jamais seul

il porte

l'écart


comme la lumière porte l'ombre


















mercredi, mai 21, 2025

je continue 
à faire semblant 
de n'être pas aveugle
 
je continue 
à acheter des livres 
à en remplir ma maison



 
l'autre jour on m'a offert une édition de 1966 de l' Encyclopédie de Brockhaus J'ai senti la présence de cet ouvrage dans ma maison je l'ai sentie comme une espèce de bonheur j'avais là près de moi cette vingtaine de volumes en caractères gothiques que je ne peux pas lire avec des cartes et des gravures que je ne peux pas voir mais pourtant l'ouvrage était là

je sentais comme son attraction amicale

 
je pense 
que le livre 
est un 
des bonheurs 
possibles 
de l'homme





























dimanche, décembre 09, 2018



L’univers 

que 
d’autres appellent 
la 

Bibliothèque

se compose 
d’

un 
nombre 

indéfini
et peut-être 
infini de galeries 
hexagonales avec au centre 
de vastes puits d’aération bordés 
par des balustrades 
basses
















De chacun de ces hexagones on aperçoit les étages inférieurs et supérieurs, interminablement. 

La distribution des galeries est invariable. 

Vingt longues étagères, à raison de cinq par côté, couvrent tous les murs moins deux ; leur hauteur, qui est celle des étages eux-mêmes, ne dépasse guère la taille d’un bibliothécaire normalement constitué. 

Chacun des pans libres donne sur un couloir étroit, lequel débouche sur une autre galerie, identique à la première et à toutes. 

A droite et à gauche du couloir il y a deux cabinets minuscules. 

L’un permet de dormir debout ; l’autre de satisfaire les besoins fécaux. 

A proximité passe l’escalier en colimaçon, qui s’abîme et s’élève à perte de vue. 

Dans le couloir il y a une glace, qui double fidèlement les apparences. 

Les hommes en tirent conclusion que la Bibliothèque n’est pas infinie ; si elle l’était réellement, à quoi bon cette duplication illusoire ? 

Pour ma part, je préfère rêver que ces surfaces polies sont là pour figurer l’infini et pour le promettre...

Des sortes de puits sphériques appelés lampes assurent l’éclairage. 

Au nombre de deux par hexagone et placés transversalement, ces globes émettent une lumière insuffisante, incessante.

Comme tous les hommes de la Bibliothèque, j’ai voyagé dans ma jeunesse ; j’ai effectué des pèlerinages à la recherche d’un livre et peut-être du catalogue des catalogues ; maintenant que mes yeux sont à peine capables de déchiffrer ce que j’écris, je me prépare à mourir à quelques courtes lieues de l’hexagone où je naquis. 

Mort, il ne manquera pas de mains pieuses pour me jeter par-dessus la balustrade : mon tombeau sera l’air insondable ; mon corps s’enfoncera longuement, se corrompra, se dissoudra dans le vent engendré par la chute, qui est infinie. 

Car j’affirme que la bibliothèque est interminable. 

Pour les idéalistes, les salles hexagonales sont une forme nécessaire de l’espace absolu, ou du moins de notre intuition de l’espace ; ils estiment qu’une salle triangulaire ou pentagonale serait inconcevable. 

Quant aux mystiques, ils prétendent que l’extase leur révèle une chambre circulaire avec un grand livre également circulaire à dos continu, qui fait le tour complet des murs ; mais leur témoignage est suspect, leurs paroles obscures : ce livre cyclique, c’est Dieu... Qu’il me suffise, pour le moment, de redire la sentence classique :

la Bibliothèque est une sphère dont le centre véritable est un hexagone quelconque, et dont la circonférence est inaccessible.

chacun 
des murs de chaque 
hexagone porte cinq étagères 

chaque 
étagère comprend 
trente-deux livres tous de même 
format 

chaque 
livre a quatre cent 
dix pages 

chaque 
page  quarante 
lignes

et 

chaque ligne, 
environ quatre-vingts caractères 
noirs


Il y a aussi des lettres sur le dos de chaque livre ; ces lettres n’indiquent ni ne préfigurent ce que diront les pages : incohérence qui, je le sais, a parfois paru mystérieuse. 

Avant de résumer la solution (dont la découverte, malgré ses tragiques projections, est peut-être le fait capital de l’histoire) je veux rappeler quelques axiomes.

Premier axiome 
la Bibliothèque existe ad aeterno. 

De cette vérité dont le corollaire immédiat est l’éternité future du monde, aucun esprit raisonnable ne peut douter.

Il se peut que l’homme, que l’imparfait Bibliothécaire, soit l’œuvre du hasard ou de démiurges malveillants ; l’univers, avec son élégante provision d’étagères, de tomes énigmatiques, d’infatigables escaliers pour le voyageur et de latrines pour le bibliothécaire assis, ne peut être que l’œuvre d’un dieu. 

Pour mesurer la distance qui sépare le divin de l’humain, il suffit de comparer ces symboles frustes et vacillants que ma faillible main va griffonnant sur la couverture d’un livre, avec les lettres organiques de l’intérieur, ponctuelles, délicates, d’un noir profond, inimitablement symétriques.

Deuxième axiome 
Le nombre des symboles 
orthographiques est vingt-cinq 

Ce fut cette observation qui permit, il y a quelque trois cents ans, de formuler une théorie générale de la Bibliothèque, et de résoudre de façon satisfaisante le problème que nulle conjecture n’avait pu déchiffrer : la nature informe et chaotique de presque tous les livres. 

L’un de ceux-ci, que mon père découvrit dans un hexagone du circuit quinze quatre-vingt-quatorze, comprenait les seules lettres M C V perversement répétées de la première ligne à la dernière. 

Un autre (très consulté dans ma zone) est un pur labyrinthe de lettres, mais à l’avant-dernière page on trouve cette phrase : O temps tes pyramides. 

Il n’est plus permis de l’ignorer : pour une ligne raisonnable, pour un renseignement exact, il y a des lieues et des lieues de cacophonies insensées, de galimatias et d’incohérences. (Je connais un district barbare où les bibliothécaires répudient comme superstitieuse et vaine l’habitude de chercher aux livres un sens quelconque, et la comparent à celle d’interroger les rêves ou les lignes chaotiques de la main... Ils admettent que les inventeurs de l’écriture ont imité les vingt-cinq symboles naturels, mais ils soutiennent que cette application est occasionnelle et que les livres ne veulent rien dire par eux-mêmes. Cette opinion, nous le verrons, n’est pas absolument fallacieuse.)

Pendant longtemps, on crut que ces livres impénétrables répondaient à des idiomes oubliés ou reculés. 

Il est vrai que les hommes les plus anciens, les premiers bibliothécaires, se servaient d’une langue toute différente de celle que nous parlons maintenant ; il est vrai que quelques dizaines de milles à droite la langue devient dialectale, et quatre-vingt-dix étages plus haut, incompréhensible. 

Tout cela, je le répète, est exact, mais quatre cent dix pages d’inaltérables M C V ne pouvaient correspondre à aucune langue, quelque dialectale ou rudimentaire qu’elle fût. D’aucuns insinuèrent que chaque lettre pouvait influer sur la suivante et que la valeur de M C V à la troisième ligne de la page 71 n’était pas celle de ce groupe à telle autre ligne d’une autre page ; mais cette vague proposition ne prospéra point. 


D’autres envisagèrent qu’il s’agit de cryptographies ; c’est cette hypothèse qui a fini par prévaloir et par être universellement acceptée, bien que dans un sens différent du primitif.

Il y a cinq cents ans, le chef d’un hexagone supérieur  mit la main sur un livre aussi confus que les autres, mais qui avait deux pages, ou peu s’en faut, de lignes homogènes et vraisemblablement lisibles. 

Il montra sa trouvaille à un déchiffreur ambulant, qui lui dit qu’elles étaient rédigées en portugais ; d’autres prétendirent que c’était du yiddish. 

Moins d’un siècle plus tard, l’idiome exact était établi : il s’agissait d’un dialecte lituanien du guarani, avec des inflexions d’arabe classique. 

Le contenu fut également déchiffré : c’étaient des notions d’analyse combinatoire, illustrées par des exemples de variables à répétition constante. 

Ces exemples permirent à un bibliothécaire de génie de découvrir la loi fondamentale de la Bibliothèque. 

Ce penseur observa que tous les livres, quelque divers qu’ils soient, comportent des éléments égaux : l’espace, le point, la virgule, les vingt-deux lettres de l’alphabet. 

Il fit également état d’un fait que tous les voyageurs ont confirmé : il n’y a pas, dans la vaste Bibliothèque, deux livres identiques. 

De ces prémisses incontroversables il déduisit que la Bibliothèque est totale, et que ses étagères consignent toutes les combinaisons possibles des vingt et quelques symboles orthographiques (nombre, quoique très vaste, non infini), c’est-à-dire tout ce qu’il est possible d’exprimer, dans toutes les langues. 

Tout : l’histoire minutieuse de l’avenir, les autobiographies des archanges, le catalogue fidèle de la Bibliothèque, des milliers et des milliers de catalogues mensongers, la démonstration de la fausseté de ces catalogues, la démonstration de la fausseté du catalogue véritable, l’évangile gnostique de Basilide, le commentaire de cet évangile, le commentaire du commentaire de cet évangile, le fait véridique de ta mort, la traduction de chaque livre en toutes les langues, les interpolations de chaque livre dans tous les livres ; le traité que Bède put écrire (et n’écrivit pas) sur la mythologie des Saxons, ainsi que les livres perdus de Tacite.

Quand on proclama que la Bibliothèque comprenait tous les livres, la première réaction fut un bonheur extravagant. 

Tous les hommes se sentirent
maîtres 
d’

un 
essor 
intact et secret

Il n’y avait pas de problème personnel ou mondial dont l’éloquente solution n’existât quelque part : dans quelque hexagone. 

L’univers se trouvait justifié, l’univers avait brusquement conquis les dimensions illimitées de l’espérance. 

En ce temps-là, il fut beaucoup parlé des Justifications : livres d’apologie et de prophétie qui justifiaient à jamais les actes de chaque homme et réservaient à son avenir de prodigieux secrets. 

Des milliers d’impatients abandonnèrent le doux hexagone natal et se ruèrent à l’assaut des escaliers, poussés par l’illusoire dessein de trouver leur Justification. 

Ces pèlerins se disputaient dans les étroits couloirs, proféraient d’obscures malédictions, s’étranglaient entre eux dans les escaliers divins, jetaient au fond des tunnels les livres trompeurs, périssaient précipités par les hommes des régions reculées. 

D’autres perdirent la raison... Il n’est pas niable que les Justifications existent (j’en connais moi-même deux qui concernent des personnages futurs, des personnages non imaginaires, peut-être), mais les chercheurs ne s’avisaient pas que la probabilité pour un homme de trouver la sienne, ou même quelque perfide variante de la sienne, approche de zéro.

On espérait aussi, vers la même époque, l’éclaircissement des mystères fondamentaux de l’humanité : l’origine de la Bibliothèque et du Temps. 

Il n’est pas invraisemblable que ces graves mystères puissent s’expliquer à l’aide des seuls mots humains : si la langue des philosophes ne suffit pas, la multiforme Bibliothèque aura produit la langue inouïe qu’il y faut, avec les vocabulaires et les grammaires de cette langue. 

Voilà déjà quatre siècles que les hommes, dans cet espoir, fatiguent les hexagones... Il y a des chercheurs officiels, des inquisiteurs. 

Je les ai vus dans l’exercice de leur fonction : ils arrivent toujours harassés ; ils parlent d’un escalier sans marches qui manqua leur rompre le cou, ils parlent de galeries et de couloirs avec le bibliothécaire ; parfois, ils prennent le livre le plus proche et le parcourent, en quête de mots infâmes. 

Visiblement, aucun d’eux n’espère rien découvrir.

A l’espoir éperdu succéda, comme il est naturel, une dépression excessive. 

La certitude que quelque étagère de quelque hexagone enfermait des livres précieux, et que ces livres précieux étaient inaccessibles, sembla presque intolérable. 

Une secte blasphématoire proposa d’interrompre les recherches et de mêler lettres et symboles jusqu’à ce qu’on parvînt à reconstruire, moyennant une faveur imprévue du hasard, ces livres canoniques. 

Les autorités se virent obligées à promulguer des ordres sévères. 

La secte disparut ; mais dans mon enfance j’ai vu de vieux hommes qui longuement se cachaient dans les latrines avec de petits disques de métal au fond d’un cornet prohibé, et qui faiblement singeaient le divin désordre.

D’autres, en revanche, estimèrent que l’essentiel était d’éliminer les œuvres inutiles. 

Ils envahissaient les hexagones, exhibant des permis quelquefois authentiques, feuilletaient avec ennui un volume et condamnaient des étagères entières : c’est à leur fureur hygiénique, ascétique, que l’on doit la perte insensée de millions de volumes. 

Leur nom est explicablement exécré, mais ceux qui pleurent sur les " trésors " anéantis par leur frénésie négligent deux faits notoires. 

En premier lieu, la Bibliothèque est si énorme que toute mutilation d’origine humaine ne saurait être qu’infinitésimale. 

En second lieu, si chaque exemplaire est unique et irremplaçable, il y a toujours, la Bibliothèque étant totale, plusieurs centaines de milliers de fac-similés presque parfaits qui ne diffèrent du livre correct que par une lettre ou par une virgule. 

Contre l’opinion générale, je me permets de supposer que les conséquences des déprédations commises par les Purificateurs ont été exagérées par l’horreur qu’avait soulevée leur fanatisme. 

Ils étaient habités par le délire de conquérir les livres chimériques de l’Hexagone Cramoisi : livres de format réduit, tout-puissants, illustrés et magiques.

Une autre superstition de ces âges est arrivée jusqu’à nous : celle de l’Homme du Livre. 

Sur quelque étagère de quelque hexagone, raisonnait-on, il doit exister un livre qui est la clef et le résumé parfait de tous les autres : il y a un bibliothécaire qui a pris connaissance de ce livre et qui est semblable à un dieu. 

Dans la langue de cette zone persistent encore des traces du culte voué à ce lointain fonctionnaire. Beaucoup de pèlerinages s’organisèrent à sa recherche, qui un siècle durant battirent vainement les plus divers horizons.

Comment localiser le vénérable et secret hexagone qui l’abritait ? 

Une méthode rétrograde fut proposée : pour localiser le livre A, on consulterait au préalable le livre B qui indiquerait la place de A ; pour localiser le livre B, on consulterait au préalable le livre C, et ainsi jusqu’à l’infini... C’est en de semblables aventures que j’ai moi-même prodigué mes forces, usé mes ans. Il est certain que dans quelque étagère de l’univers ce livre total doit exister  ; je supplie les dieux ignorés qu’un homme – ne fût-ce qu’un seul, il y a des milliers d’années – l’ait eu entre les mains, l’ait lu. 

Si l’honneur
la sagesse et la joie 
ne sont pas pour moi 
qu’ils soient pour d’autres 

Que le ciel existe
même si ma place est l’enfer

Que je sois 
outragé et anéanti 
pourvu 
qu’en 

un 
être

en 

un
instant
Ton énorme Bibliothèque se justifie.

Les impies affirment que le non-sens est la règle dans la Bibliothèque et que les passages raisonnables, ou seulement de la plus humble cohérence, constituent une exception quasi miraculeuse. 

Ils parlent, je le sais, de " cette fiévreuse Bibliothèque dont les hasardeux volumes courent le risque incessant de se muer en d’autres et qui affirment, nient et confondent tout comme une divinité délirante ". 

Ces paroles, qui non seulement dénoncent le désordre mais encore l’illustrent, prouvent notoirement un goût détestable et une ignorance sans remède. 

En effet, la Bibliothèque comporte toutes les structures verbales, toutes les variations que permettent les vingt-cinq symboles orthographiques, mais point un seul non-sens absolu. 

Rien ne sert d’observer que les meilleurs volumes parmi les nombreux hexagones que j’administre ont pour titre Tonnerre coiffé, La Crampe de plâtre, et Axaxaxas mlÖ. 

Ces propositions, incohérentes à première vue, sont indubitablement susceptibles d’une justification cryptographique ou allégorique ; pareille justification est verbale, et, ex hypothesi, figure d’avance dans la Bibliothèque. 

Je ne puis combiner 
une 
série 
quelconque de caractères, 
par exemple :

dhcmrlchtdj

que la divine Bibliothèque n’ait déjà prévue, et qui dans quelqu’une de ses langues secrètes ne renferme une signification terrible. 

Personne ne peut articuler une syllabe qui ne soit pleine de tendresses et de terreurs, qui ne soit quelque part le nom puissant d’un dieu. 

Parler, c’est tomber dans la tautologie. 

Cette inutile et prolixe épître que j’écris existe déjà dans l’un des trente volumes des cinq étagères de l’un des innombrables hexagones – et sa réfutation aussi. (Un nombre n de langages possibles se sert du même vocabulaire ; dans tel ou tel lexique, le symbole Bibliothèque recevra la définition correcte système universel et permanent de galeries hexagonales, mais Bibliothèque signifiera pain ou pyramide, ou toute autre chose, les sept mots de la définition ayant un autre sens.) 

Toi
qui me lis
es-tu sûr de comprendre ma langue ?

L’écriture méthodique me distrait heureusement de la présente condition des hommes. 

La certitude que tout est écrit nous annule ou fait de nous des fantômes... 

Je connais des districts où les jeunes gens se prosternent devant les livres et posent sur leurs pages de barbares baisers, sans être capables d’en déchiffrer une seule lettre. 

Les épidémies, les discordes hérétiques, les pèlerinages qui dégénèrent inévitablement en brigandage, ont décimé la population. 

Je crois avoir mentionné les suicides, chaque année plus fréquents. 

Peut-être suis-je égaré par la vieillesse et la crainte, mais je soupçonne que l’espèce humaine – la seule qui soit – est près de s’éteindre, tandis que la Bibliothèque se perpétuera : éclairée, solitaire, infinie, parfaitement immobile, armée de volumes précieux, inutile, incorruptible, secrète.

Je viens d’écrire infinie. 

Je n’ai pas intercalé cet adjectif par entraînement rhétorique ; je dis qu’il n’est pas illogique de penser que le monde est infini. 

Le juger limité, c’est postuler qu’en quelque endroit reculé les couloirs, les escaliers, les hexagones peuvent disparaître – ce qui est inconcevable, absurde.

L’imaginer sans limite, c’est oublier que n’est point sans limite le nombre de livres possibles. 

Antique problème où j’insinue cette solution : la Bibliothèque est illimitée et périodique. 

S’il y avait un voyageur éternel pour la traverser dans un sens quelconque, les siècles finiraient par lui apprendre que les mêmes volumes se répètent toujours dans le même désordre – qui, répété, deviendrait un ordre :

l’Ordre. 

Ma solitude 
se console à cet élégant 
espoir































jeudi, juin 14, 2018







L'amour

fable en un seul mot

est nuit des dons

hérésie possible







continue à se propager

finit par se confondre avec la somme

des jours

14 juin mort de Jorge Luis Borges




































jeudi, janvier 25, 2018







L'Aleph 

restera  je crois

comme le recueil de la maturité de Borges 

conteur









Ses récits précédents, le plus souvent, n'ont ni intrigue ni personnages. Ce sont des exposés quasi axiomatiques d'une situation abstraite qui, poussée à l'extrême en tout sens concevable, se révèle vertigineuse.

Les nouvelles de L'Aleph sont moins roides, plus concrètes. Certaines touchent au roman policier, sans d'ailleurs en être plus humaines. Toutes comportent l'élément de symétrie fondamentale, où j'aperçois pour ma part le ressort ultime de l'art de Borges. 

Ainsi, dans L'Immortel : s'il existe quelque part une source dont l'eau procure l'immortalité, il en est nécessairement ailleurs une autre qui la reprend. Et ainsi de suite...Borges : 

inventeur du conte métaphysique. Je retournerai volontiers en sa faveur la définition qu'il a proposée de la théologie ; une variété de la littérature fantastique. Ses contes, qui sont aussi des démonstrations, constituent aussi bien une problématique anxieuse des impasses de la théologie. Roger Caillois 


Traduit de l'espagnol par 
Roger Caillois et René L.-F. Durand.






L’Aleph   Jorge Luis Borges 

La nouvelle raconte l’histoire de Borges narrateur qui après la mort de Beatriz Viterbo une femme qu’il aimait continue à la visiter symboliquement par l’intermédiaire de son cousin Carlos Argentino Daneri un poète ambitieux

Daneri prétend posséder dans sa cave un  Aleph  un point dans l’espace contenant tous les autres points de l’univers  en regardant ce point on peut voir simultanément tout ce qui existe partout et à tout moment

Borges descend dans la cave et expérimente cette vision incroyable  il voit l’infinité de l’univers dans un seul point

La scène est à la fois merveilleuse et écrasante mêlant émerveillement et vertige

L’Aleph symbolise le savoir absolu mais aussi l’impossibilité de tout comprendre et la folie potentielle face à l’infini

La nouvelle se termine sur une note ambiguë  Borges quitte la cave conscient de la grandeur et de l’horreur de ce qu’il a vu tandis que Daneri continue ses poèmes ambitieux ignorant la véritable signification de l’Aleph.



Analyse

L’infini et l’univers 
Borges joue avec le concept mathématique 
et philosophique de l’infini

La mémoire et le temps  
Tout est contenu dans un seul point 
transcendant le temps et l’espace

Mélange réel/fantastique 
La narration fait douter le lecteur 
de la frontière entre réalité et imagination

Réflexion sur l’art et la connaissance 
Daneri représente l’art limité
tandis que Borges explore la connaissance absolue mais inaccessible


























samedi, janvier 20, 2018



je vis 

mon visage et mes viscères
je vis ton visage
j'eus le vertige et je pleurai
car mes yeux avaient vu cet objet
secret et conjectural
dont les hommes usurpent le nom
mais qu'aucun homme n' a regardé

l'inconcevable univers
































mardi, octobre 17, 2017

*

Les animaux se décomposent en :

appartenant à l'Empereur

embaumés

apprivoisés
























cochons de lait
sirènes
fabuleux
chinchards
chiens en liberté
inclus dans la présente classification
qui s'agitent comme des fous
innombrables
dessinés avec un pinceau très fin en poils de chameau
qui viennent de casser la cruche
qui de loin semblent des mouches
autres..."

Jorge Luis Borges

Otras inquisiciones


*


Michel Foucault en passant

Encore ne s’agit-il que de bizarreries et de rencontres insolites. On sait ce qu’il y a de déconcertant dans la proximité des extrêmes ou tout bonnement le voisinage soudain des choses sans rapport ; l’énumération qui les entrechoque possède à elle seule un pouvoir d’enchantement.





























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lundi, avril 14, 2014



















Ô destin de Borges,
avoir navigué par divers océans du monde
ou par la seule et solitaire mer aux noms divers,
avoir été une partie d'Edimbourg, de Zurich, des deux
   Cordoue, de Colombie et du Texas,
être revenu, au bout de changeantes générations,
aux anciennes terres de sa lignée,
l'Andalousie, le Portugal et à ces comtés
où le Saxon combattit le Danois et ils mêlèrent leur sang,
avoir déambulé par le rouge et tranquille labyrinthe de
    Londres,
avoir vieilli dans tant de miroirs,
avoir cherché en vain le regard de marbre des statues
et examiné lithographies, encyclopédies, atlas,
       avoir vu les choses que voient les hommes,
       la mort, l'aurore maladroite, la plaine
et les étoiles délicates,
et n'avoir rien vu ou presque rien
sauf le visage d'une jeune fille de Buenos Aires,
un visage qui ne désire pas de mon souvenir.
Ô destin de Borges, peut-être pas plus étrange que le tien.



Bogota, 1963




Jorge Luis Borges
Poèmes d'amour
nrf du monde entier














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vendredi, avril 11, 2014

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Presque tous les recueils de Borges contiennent au moins un poème d'amour. Cette flamme - obscure merveille -, qui n'allume en général que quelques lignes à la fin du poème peut passer inaperçue.

Après le recensement de thèmes qui lui sont chers, il lève la voix brièvement comme s'il proférait une sentence. Le lecteur fait halte sur ces mots qui s'écrivent simplement, de manière douloureuse et à la fois heureuse. Le bonheur est-il douloureux? 

Borges nous donne à comprendre que, 
déchiré et heureux,
il souffre d'amour comme tous les hommes.




Silvia Baron Supervielle.





Édition, 
trad. de l'espagnol (Argentine) et préface de

Avant-propos de María Kodama
Édition bilingue

Collection Du monde entier, Gallimard















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lundi, janvier 30, 2012

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Jorge Luis Borges     comme le fleuve sans fin

















Contempler le fleuve fait de temps et d’eau
Et se souvenir que le temps est un fleuve aussi,
Savoir que nous nous perdons comme fait le fleuve
Et que les visages passent comme l’eau.

Sentir que la veille est elle aussi un sommeil
Qui rêve de ne point dormir, et que la mort
Que craint notre chair est cette même mort
Qui vient chaque nuit, qu’on appelle sommeil.

Voir dans le jour, dans l’année un symbole
Des jours de l’homme et de ses ans ;
Convertir l’outrage des ans
En une musique, un bruit, un symbole.

Voir le sommeil dans la mort, dans le couchant
Un or triste, telle est la poésie
Qui est immortelle et pauvre. La poésie
Revient comme l’aurore et le couchant.

Parfois, le soir, un visage
Nous regarde du fond d’un miroir :
L’art doit être comme ce miroir
Nous dévoilant notre propre visage.

On raconte qu’Ulysse, rassasié de prodiges,
Pleura d’amour en retrouvant son Ithaque
Verte et humble. L’art est cette Ithaque
Riche d’une verte éternité, non de prodiges.

Il est aussi comme le fleuve sans fin
Qui passe et qui reste, toujours le cristal d’un seul
Inconstant Héraclite, qui est toujours le même


Et autre pourtant, comme un fleuve sans fin.


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mercredi, juin 15, 2011

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Regardant 
vers le Sud-Ouest

à 02 : 43 la lune commencera 
alors à entrer dans l'ombre de la terre




















entre 04 : 01 et 04 : 53
la lune sera plongée dans le noir total

vers 04 : 26 l'éclipse 
sera à son maximum et la lune sera très sombre

vers 06 : 26 le satellite
 naturel de la terre aura retrouvé ses couleurs


et comme un signe de l'amour
la terre sera d'un bleu de violette





Jorge Luis Borgès


Il allait remercier la fortune
Quand, en levant les yeux, il vit un disque
Poli dans les airs et comprit, stupéfait,
Qu'il n'avait rien oublier que la lune.
























.
.

jeudi, mai 05, 2011

J'ignore où je la vis pour la première fois,
Si ce ne fut dans le ciel antérieur de la doctrine
Du grec ou dans le soir qui descendait
Sur le patio du puits et du figuier.

Comme chacun sait, cette mobile vie
Peut, entre autre choses, être très belle,
Il y eut ainsi certain soir où avec elle
Nous t'avons regardée, ô lune partagée.
Plus que des lunes des nuits, je me souviens
Des lunes des vers : l'ensorcelée
Dragon-moon dont la ballade tire son horreur
Et la lune de Quevedo, ensanglantée.

Jean mentionna une autre lune de sang
Et d'écarlate dans son livre de féroces
Prodiges et de joies atroces.
Il en est d'autres, plus claires, qui sont d'argent.
.



mercredi, mai 04, 2011

;
Pythagore avec du sang ( rapporte une
Tradition ) écrivait sur un miroir,
Et les hommes pouvaient lire le reflet
Sur cet autre miroir qui est la lune.
.
Il existe une forêt de fer où demeure
Un loup géant dont l'étrange destin
Est d'abattre et de tuer la lune
Quand la dernière aurore fera rougir la mer.
.
.

vendredi, avril 29, 2011

.
L'AUTEUR
.
Montagnes magnétiques dont l'amoureuse
étreinte démantèle les navires...
.

jeudi, avril 28, 2011

.
.
La Luna.
La Lune.
;
La Iluvia.
La Pluie.
.
.
.
Avec EL HACEDOR
Loué soit l'infini labyrinthe des effets et des causes,
qui, avant de me présenter le miroir
Dans lequel je ne verrai personne ou je verrai un autre,
M'accorde la pure contemplation
D'un langage de l'aube.
.
.
.
.
Se pencher sur le fleuve, qui est de temps et d'eau,
Et penser que le temps à son tour est un fleuve,
Puisque nous nous perdons comme se perd le fleuve
Et que passe un visage autant que passe l'eau.
.
Arte Poética
 JLB

ARGUMENTUM ORNITHOLOGICUM

Je ferme les yeux et je vois un vol d'oiseaux. La vision dure une seconde, peut-être moins. Leur nombre était-il ou non défini ? Le problème enveloppe celui de l'existence de Dieu. Si Dieu existe, le nombre est défini, car Dieu sait combien d'oiseaux j'ai vus. Si Dieu n'existe pas, le nombre n'est pas défini, car personne n'a pu en faire le compte. Dans ce cas j'ai vu un nombre d'oiseaux, disons inférieur à dix et supérieur à un; mais je n'ai pas vu  neuf, huit, sept, six, cinq, quatre, trois, ni deux oiseaux. J'en ai vu un nombre compris entre dix et un; qui n'est ni neuf, ni huit, ni sept, ni six, ni cinq, etc. Ce nombre entier est inconcevable ; donc, Dieu existe.
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Jorge Luis Borges

lundi, avril 18, 2011

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Je ne sais pas exactement pourquoi je crois que tel livre peut
nous apporter la possibilité du bonheur,
mais je lui suis grandement reconnaissant de ce petit miracle.
( Borges )
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Être heureux était pour Borges une obligation morale
( peu de temps avant sa mort,
 il allait ajouter à cet impératif qu'il fallait appliquer la justice )
et suivant son exemple,
ses lecteurs peuvent se sentir libres de se laisser guider par
leur seul plaisir et non le devoir.
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Il est inutile que tu caresses
l'idée de progrès
car même si tu écrivais des pages sans fin
Borges les aura écrites avant toi.
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Manuel Mujoca Lainez à un jeune poète.
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jeudi, novembre 25, 2010

ATLAS

Borges le magicien
;
Au cours agréable de notre voyage sur la terre, Maria Kodama et moi avons parcouru et fait nos délices de bien des pays, qui ont donné lieu à bien des photographies et à bien des textes.
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J'ai remarqué, au cours des ans, écrit Borges, que la beauté est chose fréquente. Pas un jour ne s'écoule sans que nous ne vivions un instant, au paradis.
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Philippe Sollers, dans la Guerre du goût ( Folio 2880 /p. 557)
:
Une promenade sur la planète avec lui, et vous êtes aux côtés de Tchouang-Tseu, de Platon, de Virgile, de Dante ou de Joyce, ses ombres préférées, ses contemporains dans le fleuve de mémoire et d'oubli. Il nous rappelle, en passant, la vie latente des langues, l'action de la métaphore et ce que signifie pour toujours le mot en grec : translation.

Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.

Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

Libellés

" " (3x4) * & # 111 12 14 1984 24 33T 3X3 4 5 64 64 fleurs de montagne 8 80fleurs A A; A.a.H A.L. A.L.P A.R7 A.S. A1 A10 A2 A3 A4 A5 A6 A7 A8 A9 AB ABDL Abécédaire Abîme Aboulafia Abréviations Abrüpt Abruzzo absolu ACC Acker acronyme Actis Actualités ADBP Adorno ADR Adrénaline ADUMC Advaita AELT Agamben Agenda AgnèsMartin Agrafe et boite Ainsité Aïon AIR Air du temps akasha Akhmatova AL Alain Alain de Lille Alan Davies Albiach Alchimie Alechinsky Aleph ALF Alferi alien Alina Reyes ALTH AM Amande Ammons Amor fati Anagrammes Analogie Anaphore Anaximandre Anders André Breton André du Bouchet André Velter Andy Goldsworthy animal animation Annick Ranvier Annonciations Anthologie ANTI Antin David AP Apatheia Aphaïa aphorismes Apollonios aporie Appelfeld Approche APUMM APZ APZT Arago Aram Saroyan Arbres Archéopoésie ArgentOr Aristote Arp Arseguel Art sacré ARTHAUD AS ASDMI ASF Ashbery ASLEND Assez Astrologie Asymptote Atlantide attente Aurélien Barrau Aurore Automne Auxméry AVB Avec Avent aventure AW axiologie Axiomes Azam B B.Celerier Babel BABIL Bach Bachmann Baies Baigaitu BAM Banal Bandeaux Barque Barré Barry Lopez Barthes Bashô Basque Basquin Bataille Battala BAZAR BDLE BDLF Beaufortain Beckett Beckford Benedetto Bénézet Benoît Labre Benveniste Bergounioux Bergson Bernstein bête Bhattacharya bibliographie Bibliothèques bientôt Bimot Binet bio biographie BioMobiles Biopsies Bishop BISSES1 Bivouac Blackburn Blaine Blanc Blanchot Blanqui Blaser Blau Duplessis Bleu Bloy Bobin Bochner Bohm boisflotté Bök Bonheur bord de terre Borges Bouddha Bouthonnier Bouvier Bozier Brautigan Bretagne Bribes Briciole bricoleur Brisset Bronk Brontë Broodthaers Bruckner Bryen BSRM Butor Byron C C.C C.D.A C.E.T C.F. C.Olson çacest café calcul Camino Campo Cantor Cantos Capital Capricorne Captures Carl Andre carnet Carson Carte postale Cartes et globes Carver Casas Cavale cavernes Cazier CCB CCEM CDLP CDLRP CDMDCDD CDN CDRSLS CDS ce ce qui est ceci cela Céline Celui Cendras cequej'aime Cerbelaud cercles Cerf Ceux Cézanne CGJ CH5 Chalamov chaleur chaman Champs chant chant1 Chants et Poésies Chappuis chaque Char chartres Chartreuse Chaton Chemins Chen Fou ChenZhen Chladni Choeur Choisir Chômei Chose Christian Dotremont christo Chu-Ta Ciel Ciel profond Cioran Circé citations civilisations CL Claude Favre Claude Simon Clausewitz CLBC CLC Climat Closky Clouscard CMDOT Code Cole collages coller Collines collobert Combines Côme comme comment Compact compostelle conatus conscience constitution contepersan contingence contre conversation Copier Corbeau Cornell corpus Cortazar couleur covid CP Cravan Creeley cri crystallography CS.PAP CSB CSMM Cummings cut Cut 1 CV Cyber cycle Cyrano CyT D.SNLS Da Empoli Dada DALA Dans Danse Dao Dasein Dates DCPC DD DDLR de De Vries Decout DEE definition définitions DEGAULLE Deguy Deleuze Delillo délires Démocrite Denis Roche Déplacement Dérive Derrida Des Déserts Désir Détails Détournement DETQC Dette Dextre DFRC DH DI Diable Dialogues Dickinson Dillard Diogène Divers DJLC DLADLS DLNI DMI DMOAM Domerg Donne Dryas DSDLDS Duchamp DUM Dumond Duncan DUNE Duras Durer Duvauroux DVDC Dworkin E E.Baer E.C E.E. E.O E.P. EA EAIO EB écart énigme Echenoz échos Echos L.A. Eckhart Tolle éclipse Eco Ecosse écoute écritures ED Eddas EDG EDJ EDLCDS EDLF Edmond Jabès EDO EET EIJS elle ELLEDIT ELLELL Elles Ellul EM Emerson Empédocle EN ENCORE encres et musique Encres et peintures Ennéade ennui EnSof Entre entrelacs environnement Eons EPE épiphanies épistémologie EPLA époché Eranos ère ERRER Escher ESE Eshleman Esnault ESPA Espace Espitallier essais EST ét été Etel Adnan ETLPDMP Etna étoile Etymologie Eucharistie Euler évangile éveil Eventail Exergue F F.A. F.EAA F.O F.Pirates FAA Fable Fadeur faits FAJ Fantasy Faune Fayçal fenêtre Fengliu feu Fiction Films FiniSol Finkielkraut FIVE FL Flore fmr FNAR Foligno Forest Formalisme Foucault Fourcade Fourier FP FQPCC Fractales fragm Fragme Fragments France François Cheng Frappat Frémon Fréquences Froid Fugue Fuji Futur G.C.L. 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IA ici idéogrammatique IDLR idole IFE Igitur il Illuminations illuminer illuminisme ILVLA ilya immédiat immédiatement Impensable impératif imperceptible Impresses incertitude Index individu Infini Infinitif initiales inquiétude Insectes installation instant Internet Interrompre invisible Irwin Ishihara Isidore Isis isolato Issa italiques Ivsic J-P Michel J.J.F.W. J.J.U. J.L.P Jaccottet jaime Jakobson Jankélévitch JANUS Jardin Jaspers JAZ JBE JCERDM JDLF JDS JE JE & Jean jean Daive Jean Michel Lou JELRLT Jesuis Jésus jeu JHN Jirgl Joan Mitchell John Cage Jouffroy jour jour17 Journal Jours jours17 Jousse JR Juarroz Jullien JYL K.G K.K Kabîr Kafka Kairos Kaplan Kapoor Kastrup Kathleen Raine Katué Kawara Kay Ryan KDCN KDICK Keats Kenneth White Kerouac Khazar Khlebnikov khôra Kiarostami Kingsley Kircher KK KLTDD koan Koons Koshkonong Kosuth KOUA Kral Kuhn Kundera Kunitz Kybalion Kyoto L.A.S L.D. 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