les textes
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
la forme précise de la variété de Calabi-Yau
détermine les propriétés des particules
dans notre univers
macroscopique
la manière dont les cordes vibrent à travers les trous et les cycles
de la variété définit la masse la charge et le spin
des particules élémentaires
comme les électrons ou
les quarks
si la forme de la variété changeait les lois de la physique
changeraient également
l'étude de ces variétés a mené à la découverte de la symétrie miroir on a réalisé que deux variétés de Calabi-Yau d'aspects totalement différents pouvaient donner naissance à la même physique cela a permis de résoudre des problèmes de géométrie énumérative extrêmement complexes en les reflétant sur une forme partenaire plus simple à calculer
en théorie des cordes
on suppose que l'univers possède
10 dimensions
nous en percevons 4
trois d'espace et une de temps
les 6 dimensions restantes seraient enroulées sur elles-mêmes
de manière si minuscule qu'elles nous sont
invisibles
ce sont ces dimensions supplémentaires qui prendraient
la forme d'une variété de
Calabi-Yau
les variétés de Calabi-Yau sont des objets géométriques complexes qui jouent un rôle fondamental en mathématiques pures et en physique théorique particulièrement dans la théorie des cordes
symétrie miroir
le monde
se double sans se répéter
à gauche ce qui était à droite
mais déplacé dans une autre fidélité
le miroir ne copie pas
il inverse
il interroge
entre les deux faces une ligne invisible où le réel hésite
regarder ainsi
c’est voir
que toute forme
porte déjà
son autre
Où est le Paradis
La Couleur, sur le nuage qui passe
La Terre interdite —
Derrière la colline — la Maison derrière —
Là se trouve le Paradis !
E . D
où est le Paradis
dans la couleur qui glisse sur le nuage qui passe
dans ce qui ne tient pas
mais apparaît
la Terre interdite
non défendue
simplement toujours un peu plus loin
derrière la colline
la maison derrière
ce recul qui attire
le Paradis n’est pas lieu mais décalage promesse en retrait
là
Et si ça n’avait pas été si loin —
Et que ceux que je connaissais
Partaient — j’ai souvent pensé
Combien je pourrais mourir — sans qu’on s’en aperçoive —
E. D
la pensée de Dickinson agit comme un point final
Le Si loin
La Mort Invisible
et si cela n’avait pas été si loin
si la distance n’était
qu’une manière de nommer
l’écart entre les êtres
ceux que je connaissais partent
sans bruit
comme glissent les saisons
hors de la mémoire
J’ai souvent pensé combien on peut s’effacer
sans alarme
sans témoin
mourir
non comme chute
mais comme retrait du visible
discret
presque exact
et le monde continue plein sans savoir ce qui s’est retiré