fractal
le fractal sera une répétition sans fin
il reproduira l’infime dans le vaste sans jamais s’épuiser
et dans cette mise en abyme il dira
que le tout se cache dans chaque fragment
il reproduira l’infime dans le vaste sans jamais s’épuiser
et dans cette mise en abyme il dira
que le tout se cache dans chaque fragment
une fractale
n’est pas une forme mais
un retour
une figure
qui se redit à toutes les échelles
comme si
le détail refusait d’être secondaire
elle ne commence pas elle insiste
elle répète sans répéter tout à fait
chaque fragment porte l’empreinte du tout et pourtant
s’en écarte à peine
dans une fractale le proche ressemble au lointain
le minuscule devient paysage
le vaste se replie dans l’infime
c’est une patience de la forme
une persistance qui explore toutes ses variations
sans jamais quitter sa source
elle ne se développe pas elle se déploie
elle ne progresse pas elle approfondit
comme une pensée qui se pense encore et encore
non pour conclure mais pour se reconnaître
sous des visages multiples
la fractale dit peut être cela
que l’infini n’est pas ailleurs
mais dans la fidélité d’un motif qui accepte
de se transformer sans se perdre
elle est une mémoire active une répétition vivante
où chaque retour ajoute
une nuance sans rompre l’unité
dans ce jeu sans fin
il n’y a ni centre ni périphérie
seulement une continuité vibrante
où chaque point est passage
comme si
l’univers avait choisi de se dire
en se réécrivant indéfiniment dans ses propres marges
une écriture sans fin
où chaque ligne contient toutes les autres
sans jamais les enfermer