dimanche, août 09, 2026

ici 

déjà

partout 

le froid

avant nous

dans l’airnt nous,



le froid

est la première forme

du dehors
























cette pensée rejoint 
une très ancienne discipline de l'esprit  



préférer l'obscurité honnête à la fausse lumière elle évoque autant la suspension du jugement chez les sceptiques que la docte ignorance de Nicolas de Cues ou encore la patience de la science lorsqu'elle rencontre un phénomène qui résiste à ses modèles. 

elle affirme que l'intelligence commence moins par la réponse 
que par la capacité de demeurer 
devant une question




il vaut mieux s'aveugler sur quelque chose  qui reste 
provisoirement  incompréhensible que 
de prétendre y voir quoi que ce soit 
quand il fait noir















il existe deux espèces d'ignorance

la première sait qu'elle ignore

la seconde s'ignore elle-même

la première demeure ouverte

la seconde se ferme dans ses certitudes

le véritable danger n'est pas l'obscurité


le danger est de croire que l'on distingue des formes 

lorsque la nuit est encore entière



l'esprit humain redoute le vide il préfère souvent une explication médiocre à l'absence d'explication il invente des causes construit des systèmes projette des intentions sur le réel il éclaire la nuit avec les lampes de son imagination et prend leurs reflets pour des étoiles

pourtant la pensée véritable commence peut-être 
au moment où elle consent 
à ne plus voir

ce consentement n'est pas une défaite

il est une ascèse


il faut parfois accepter de marcher longtemps sans carte non parce que le chemin n'existe pas mais parce qu'il n'est pas encore visible celui qui dessine une route avant d'avoir exploré le paysage risque de tourner en rond dans son propre dessin

la métaphysique rencontre ici la science

les grandes découvertes ne sont presque jamais nées d'une certitude elles sont nées d'une anomalie d'un écart d'un phénomène qui résistait obstinément aux théories établies les meilleurs chercheurs savent protéger cette résistance ils ne la recouvrent pas aussitôt d'une explication commode ils la laissent travailler leur pensée

le mystique agit de même

il ne remplit pas le silence avec des images de Dieu

il habite le silence


il sait que le mystère ne demande pas d'être dissipé 
mais approché avec une disponibilité 
qui renonce à posséder

le poète connaît également cette fidélité

il ne force pas le sens

il attend que les mots deviennent transparents 
à ce qu'ils ne savent pas 
encore dire

le plus souvent ce n'est pas le poème 
qui cherche la vérité

c'est la vérité qui lentement consent 
à traverser le poème

il existe une forme de courage plus rare 
que celui de l'affirmation

le courage de suspendre son jugement

le courage de dire 

je ne sais pas encore


cette phrase protège davantage la vérité 
que mille doctrines

car l'inconnu n'est pas un vide à remplir

il est une profondeur à respecter


et peut-être que la lumière véritable ne naît jamais 
de notre volonté de voir


elle apparaît lorsque nos yeux cessent d'imposer 
leurs propres images 
à la nuit


alors l'obscurité ne devient plus l'ennemie 
de la connaissance

elle en devient la condition

la nuit n'est pas ce qui empêche de voir

elle est parfois ce qui apprend à attendre l'aube

car toute vérité authentique possède ce privilège singulier 

elle n'a jamais besoin d'être précipitée


elle vient lorsque notre regard est devenu 
assez humble pour 
la recevoir


























érigée au carrefour du sable et de l'éternité la Grande Pyramide de Khéops ne se dresse pas seulement comme une montagne sculptée par la main des hommes mais comme une équation pétrifiée un traité d'harmonie absolu où le nombre devient la chair même de la pierre

on y devine le murmure silencieux d'une géométrie sacrée où le rapport des longueurs le nombre d'or et la constante pi ne sont plus de simples abstractions théoriques mais la respiration intime du vide et du plein

























considérer ce monument comme le résumé d'une œuvre mathématique majeure c'est percevoir la tentative ultime de l'esprit humain pour raccorder le cosmos à la matière pour inscrire l'intemporel dans le grain du calcaire

dans la pente de ses faces dans la symétrie de ses chambres et l'orientation de ses arêtes vers les points cardinaux la pyramide formule une réponse à la question de l'ordre universel

elle incarne le symbole de la quadrature du cercle  

le cercle, image du divin du ciel et de l'infini sans commencement ni fin venant s'épouser dans le carré de sa base terrestre ancrage de la forme et du monde phénoménal

elle est ce pont où l'invisible se fait structure



penser la pyramide sous cette lumière métaphysique c'est saisir que les bâtisseurs ne cherchaient pas tant à dompter l'espace qu'à cristalliser une vérité cosmique

chaque bloc ajusté chaque coudée mesurée s'apparente au verset d'un poème axiomatique

l'architecture devient alors une musique pétrifiée une symphonie de proportions d'où surgit une impulsion vers le transcendant

en gravissant du regard cette structure la pensée s'élève de la multiplicité de la base vers un apex unique et virtuel métaphore de l'Unité première d'où toute réalité émane et où toute harmonie retourne


ainsi la pyramide transcende l'édifice pour devenir un miroir géométrique de l'intelligence du monde

elle rappelle que l'univers n'est pas un chaos accidentel mais un canevas tissé de constantes précises et de proportions fondamentales

elle demeure une bibliothèque muette une œuvre dont le langage n'est pas fait de mots périssables mais d'angles et de lumière se révélant à chaque aube sur le plateau de Gizeh




une équation pétrifiée
un traité d'harmonie absolu 
un miroir géométrique de l'intelligence du monde
un poème axiomatique
une musique 
une symphonie de proportions 
une impulsion vers le transcendant
un apex unique et virtuel 
un canevas tissé de constantes précises 
une bibliothèque muette 



raccorder 
le cosmos à la matière

cristalliser 
une vérité cosmique


























cette phrase est l'une des plus célèbres des  Chants de Maldoror du Comte de Lautréamont Elle surprend parce qu'elle apparaît au cœur d'une œuvre réputée pour son déchaînement verbal

Au milieu de la violence surgit une invocation aux mathématiques comme si l'ordre le plus rigoureux constituait le véritable contrepoint du chaos


pour Bella

Ô mathématiques sévères 
je ne vous ai pas oubliées depuis que vos savantes leçons 
plus douces que le miel filtrèrent dans mon cœur 
comme une onde 
rafraîchissante




cette invocation est l'un des plus grands 

paradoxes de la littérature








pourquoi celui qui célèbre les gouffres, les métamorphoses 

et les violences de l'imagination s'adresse-t-il soudain 

aux mathématiques avec 

une telle ferveur 




parce que les mathématiques ne sont pas ici 

la science des nombres


elles sont la nostalgie 

de l'ordre



dans un univers où tout menace de se dissoudre

elles représentent ce qui ne cède pas


les passions changent

les empires s'écroulent

les langues meurent

mais un théorème demeure identique à lui-même 

à travers les siècles

les mathématiques appartiennent à cette région de l'esprit 

où le temps ne possède plus d'emprise

le qualificatif de  sévères  n'est pas une critique

il est un hommage


la sévérité des mathématiques est celle 

de la vérité

elles ne flattent personne

elles ignorent nos préférences nos opinions

nos croyances

elles exigent seulement la justesse

et pourtant cette sévérité devient selon Lautréamont

plus douce que le miel 


voilà le véritable renversement

la douceur n'est pas l'opposé de la rigueur

elle en est peut-être l'accomplissement


car il existe une joie particulière à découvrir 

une nécessité

lorsque l'intelligence rencontre une vérité 

qui ne dépend pas d'elle

elle éprouve un repos 

singulier


les mathématiques délivrent l'esprit 

de l'arbitraire

elles montrent qu'il existe un ordre que nous 

ne fabriquons pas


nous le découvrons

métaphysiquement cette phrase touche à une question

immense

les objets mathématiques existent-ils indépendamment 

de nous 


lorsque le géomètre démontre une propriété

invente-t-il 

cette relation ou la révèle-t-il 


depuis Platon

une intuition demeure 

les formes mathématiques appartiennent à un domaine 

qui ne naît ni ne meurt


elles sont les architectures invisibles 

du réel


le cercle parfait n'existe nulle part dans la nature

mais toute la nature semble chercher 

son approximation


les mathématiques deviennent alors 

une ascèse

elles apprennent à penser 

sans illusion

à distinguer le nécessaire du contingent


à reconnaître que le monde possède une intelligibilité 

plus profonde que les apparences


le poète comprend cela mieux que personne

la poésie véritable poursuit le même idéal

elle cherche elle aussi la forme exacte


un grand poème possède la précision 

d'une démonstration

chaque mot y est irrévocable

chaque silence y devient une proportion

chaque image répond à une nécessité intérieure


ainsi les mathématiques et la poésie ne sont pas 

deux disciplines opposées

elles sont les deux versants d'une même 

montagne


les premières cherchent l'harmonie 

des nombres

la seconde cherche l'harmonie 

des êtres

toutes deux refusent l'à-peu-près

toutes deux poursuivent une beauté qui ne dépend pas du goût

mais de la justesse

Et peut-être est-ce là le secret de cette phrase


Lautréamont ne célèbre pas seulement 

les mathématiques


il remercie une discipline capable de rappeler à l'esprit humain 

qu'au milieu du tumulte du monde subsiste 

une région où rien n'est laissé 

au hasard


une région 

où la vérité possède la simplicité 

d'une source

où la rigueur devient 

fraîcheur.

où la nécessité devient 

lumière


la pensée enfin découvre que la plus haute poésie 

est peut-être celle qui épouse l'ordre invisible 

dont l'univers est silencieusement 

tissé















cette formule possède une force archaïque en parlant de  deux chiennes latentes  elle animalise deux passions fondamentales

la jalousie et la peur ne sont plus des sentiments psychologiques  elles deviennent des bêtes couchées dans l'ombre silencieuses apparemment endormie mais toujours prêtes à se lever au moindre bruit

elles ne disparaissent jamais complètement 
elles attendent





La jalousie et la peur  les deux chiennes latentes























elles ne dorment jamais 
tout à fait

elles respirent sous le seuil de la conscience comme deux bêtes 
attachées à la nuit intérieure

le plus souvent elles demeurent 
immobiles

on les croit absentes 

puis un regard une parole un silence
une absence suffisent

elles relèvent la tête



la peur 

protège le territoire de l'existence

la jalousie 

protège le territoire du désir


toutes deux gardent quelque chose qui

en réalité ne nous appartient pas



la peur imagine l

a perte avant qu'elle n'arrive


la jalousie imagine 

la dépossession avant même qu'elle soit réelle



ainsi 

elles vivent moins dans le monde que dans 

les fictions de l'esprit



philosophiquement 

elles procèdent d'une même illusion  

celle de croire que l'être 

peut être garanti


nous voudrions conserver ce qui passe retenir ce qui fuit

fixer ce qui par nature demeure mobile


nous appelons cela sécurité ou amour 


l'existence y répond par le changement


la peur naît lorsque le futur envahit le présent


la jalousie naît lorsque l'autre cesse d'être une présence 

pour devenir une possession imaginaire


toutes deux refusent l'ouverture du réel




métaphysiquement 

elles témoignent de notre difficulté 

à consentir à l'impermanence


nous sommes des êtres finis cherchant un absolu 

dans un monde où tout circule


nous voudrions transformer le fleuve 

en statue


mais le fleuve continue 

de couler

la peur tente d'immobiliser 

le temps

la jalousie tente d'immobiliser 

autrui


toutes deux perdent inévitablement leur combat 

contre le mouvement de l'être



le sage ne tue pas ces deux chiennes

il cesse de les nourrir


car elles vivent de notre attention de nos récits

de nos anticipations


elles grossissent avec les images 

que nous fabriquons


elles s'affaiblissent lorsque nous revenons à la simple

présence des choses




le poète les reconnaît autrement

il les entend marcher dans les fourrés de la conscience 

lorsque le vent tombe


il sait qu'elles appartiennent encore à la vieille animalité 

dont l'homme n'est jamais entièrement sorti


mais il sait aussi qu'il existe 

une autre fidélité

non celle qui attache

celle qui ouvre

alors la peur devient vigilance

la jalousie devient amour délivré de la possession





les deux chiennes faute de nourriture s'éloignent 

dans la montagne intérieure jusqu'à disparaître 

derrière la ligne des arbres


le silence enfin n'a plus besoin 

de les surveiller



























il n'y a pas de bonne société possible il y en a de moins 
mauvaises que d'autres  ce qui est 
tout à fait différent 


Cette phrase de Philippe Sollers 

est moins un jugement politique qu'une intuition anthropologique. Elle repose sur une méfiance profonde envers toutes les promesses d'accomplissement collectif. En refusant l'idée d'une « bonne société », Sollers ne se contente pas de récuser les utopies ; il rappelle que la condition humaine demeure irréductiblement ouverte, contradictoire, traversée par le désir, le langage, la mort et la liberté. Toute société est faite d'êtres inachevés. Dès lors, comment pourrait-elle être achevée ?




















il n'y a pas de bonne société possible 
il y en a de moins mauvaises que d'autres

Cette phrase retire à l'espérance politique son illusion la plus ancienne : celle d'un ordre enfin réconcilié avec lui-même. Depuis Platon jusqu'aux idéologies modernes, l'humanité n'a cessé d'imaginer la cité parfaite, le gouvernement juste, la communauté où les conflits disparaîtraient dans une harmonie définitive. Sollers, lui, répond par une négation calme. Il ne dit pas que toute société se vaut. Il dit quelque chose de plus subtil : la perfection collective est un mirage.




















Car la société n'est jamais une œuvre achevée. Elle est le mouvement instable d'êtres eux-mêmes inachevés. Les lois changent, les techniques évoluent, les empires tombent, les constitutions se succèdent, mais le cœur humain demeure traversé par les mêmes forces : le désir et la peur, l'amour et la rivalité, la création et la destruction. On peut transformer les institutions ; on ne supprime pas l'ambiguïté de l'être.


Le mal n'est pas seulement un accident historique ; il appartient à la texture même de la condition humaine. Non comme une condamnation morale, mais comme la conséquence de notre finitude. Nous ne voyons jamais tout. Nous ne savons jamais tout. Nous agissons toujours à partir d'un point de vue limité. Toute décision laisse une part d'ombre. Toute justice produit malgré elle une nouvelle injustice. La perfection devient alors non seulement impossible, mais dangereuse, car celui qui croit la posséder finit souvent par vouloir l'imposer.


C'est ici que la pensée rejoint la métaphysique.

Le monde n'est pas une machine destinée à atteindre un équilibre final. Il est un devenir. Héraclite le savait déjà : tout s'écoule. Vouloir figer définitivement l'ordre humain revient à nier la nature même du réel. L'être ne cesse de se manifester sous des formes nouvelles. La vie déborde toujours les systèmes qui prétendent l'enfermer.

Il n'existe donc pas de société parfaite parce que l'existence elle-même refuse la clôture. Toute totalité est une fiction. L'infini travaille le fini de l'intérieur. Le possible excède toujours l'organisation présente. Ce qui vit ne cesse de déborder ce qui est organisé.

Dire qu'il existe des sociétés « moins mauvaises » est pourtant une immense affirmation. C'est reconnaître que tout n'est pas équivalent. Une civilisation se mesure peut-être moins à son bonheur proclamé qu'à la manière dont elle limite la souffrance inutile, protège les faibles, laisse respirer les singularités, accueille la parole libre et préserve le silence intérieur des individus.

La véritable grandeur politique n'est peut-être pas de fabriquer le paradis, mais d'empêcher l'enfer.
Cette nuance est immense.

Les idéologies promettent le bien absolu. La sagesse cherche seulement à diminuer le mal. Les premières parlent de perfection ; la seconde travaille dans l'imperfection avec patience. Elle sait que chaque génération devra recommencer le même ouvrage fragile.


Le poète comprend cela instinctivement.

Il ne cherche pas un monde sans nuit. Il sait que la lumière n'apparaît qu'en traversant l'ombre. Une société entièrement transparente serait inhabitable, comme un paysage sans relief. La beauté naît des irrégularités, des résistances, des fissures où le vivant trouve passage.

Peut-être la cité la plus humaine est-elle celle qui accepte son inachèvement.

Elle ne prétend pas fabriquer un homme nouveau. Elle laisse chacun poursuivre sa propre métamorphose.
Elle ne confond pas l'ordre avec la vérité.
Elle ne réduit pas l'existence à l'administration.

Elle ménage des lieux où la pensée peut demeurer inutile, où la poésie n'a pas à justifier son existence, où le silence possède encore un droit de cité.

Alors la politique cesse de vouloir remplacer le salut. Elle retrouve sa véritable fonction : rendre possible une coexistence suffisamment juste pour que chacun puisse entreprendre son propre voyage vers l'invisible.

Car aucune société ne peut donner à un être humain ce qu'il cherche au plus profond de lui-même.
Elle peut offrir la paix ou la guerre, la liberté ou la servitude, la justice ou l'arbitraire.
Mais le sens, lui, demeure une aventure intérieure.

Là commence le domaine que ni l'État, ni l'économie, ni la technique ne pourront jamais gouverner.
Et c'est peut-être dans cet irréductible excès de l'âme sur toutes les organisations humaines que réside, silencieusement, notre véritable liberté.

Cette formule de Sollers rejoint ainsi une longue tradition de lucidité, qui va de Montaigne à Pascal, de Nietzsche à Cioran : non pas désespérer du monde, mais renoncer aux absolus politiques afin de préserver ce qui demeure irréductiblement vivant en l'homme.


























le temps n'a peut-être pas une seule mesure 


les horloges en donnent une 

les corps une autre 

la mémoire une troisième 

la conscience une infinité d'autres encore 


il existe des lieux où le temps cesse d'être une quantité 

pour redevenir une qualité


Les hauts plateaux du Vercors sont de ceux-là




le temps est élastique




























il ne s'étire ni ne se contracte dans les choses 
mais dans la profondeur 
avec laquelle nous 
les habitons

une journée passée devant des écrans peut disparaître 
sans laisser d'empreinte tandis qu'une marche 
de quelques heures sur les hauts plateaux 
du Vercors peut occuper une année 
entière de mémoire 

le temps ne compte pas les instants 
il mesure leur densité



le voyage à pied est une expérience métaphysique 
parce qu'il restitue au monde son 
épaisseur perdue.

chaque pas est une négociation silencieuse 
avec la terre

rien ne presse 

l'espace n'est plus vaincu par la vitesse 
il est lentement accordé au corps

la distance cesse d'être une abstraction cartographique 
pour redevenir une qualité sensible

un kilomètre de plateau balayé par le vent ne vaut pas
un kilomètre d'autoroute

les lieux possèdent une gravité propre qui infléchit 
secrètement la durée



sur les hauts plateaux le temps retrouve 
une ancienne respiration 

les falaises calcaires les pins rabougris les dolines 
les lapiaz les vastes pelouses où passe 
l'ombre des nuages semblent 
appartenir à 

un âge qui précède 
les hommes



là l'histoire se retire 
la géologie reprend la parole

les pierres ne racontent pas des événements 
elles racontent des millions d'années devenues silence

celui qui marche entre elles entre sans s'en apercevoir 
dans une autre échelle du réel



dormir dans une cabane sommaire approfondit 
encore cette métamorphose

la pauvreté matérielle enrichit 
l'expérience

quelques planches une table grossière 
un poêle parfois

le vent qui cherche les interstices
la lumière de l'aube entrant sans demander la permission  

soudain tout suffit



la simplicité ne retranche rien 
elle révèle

nous découvrons que notre confort habituel occupait 
une partie de notre conscience

lorsqu'il disparaît une disponibilité nouvelle 
apparaît

le monde recommence 
à nous atteindre



la nuit possède alors une densité 
oubliée

elle n'est plus l'absence de lumière 
artificiellement combattue
 
elle redevient une présence 
cosmique

les étoiles cessent d'être des objets astronomiques 
pour redevenir ce qu'elles furent durant 
des millénaires  

les ouvertures du ciel


le silence n'est pas vide

il est plein de distances


on entend presque tourner la Terre sous les constellations




le philosophe pourrait dire que la marche suspend 
le règne de l'utilité

chaque pas n'a d'autre justification 
que le pas suivant

le but demeure nécessaire mais il cesse 
d'absorber le chemin

nous découvrons que la destination n'était qu'un prétexte 
pour apprendre une certaine manière 
d'être présent

le mouvement cesse de servir 
quelque chose 

il devient une manière 
d'habiter l'être



le métaphysicien dirait peut-être 
davantage

il verrait dans cette élasticité du temps le signe que la durée 
n'est pas une propriété du monde mais
une modulation de la conscience

plus notre présence devient entière
plus le temps semble vaste

ce n'est pas le monde qui ralentit 
c'est notre dispersion 
qui cesse

nous cessons de courir devant 
nous-mêmes 

le présent s'élargit jusqu'à contenir 
ce que nous appelions autrefois le passé et l'avenir




le poète lui ne chercherait pas 
à expliquer 

il écrirait seulement que les plateaux respirent 
plus lentement que les villes 

que les cabanes enseignent mieux 
que les bibliothèques certaines 
vérités 

qu'un feu allumé dans un refuge éclaire moins les murs 
qu'il n'éclaire l'intérieur de celui qui le regarde 

qu'au matin lorsque la porte s'ouvre  sur l'immense 
pelouse blanche de rosée  le monde semble avoir 
été créé pendant notre 
sommeil




alors on comprend pourquoi deux ou trois jours de marche 
peuvent devenir une aventure entière 

non parce qu'il s'y serait produit des événements extraordinaires
mais parce que chaque heure y retrouve 
sa véritable dimension

nous avons oublié que le temps 
ne demande pas à être 
rempli

il demande à être vécu



peut-être est-ce cela finalement le secret 
des hauts plateaux

ils ne nous offrent pas davantage 
de temps

ils retirent simplement tout ce qui empêchait 
le temps d'apparaître




lorsque nous redescendons vers les vallées les horloges 
indiquent que quelques jours seulement 
se sont écoulés

pourtant quelque chose en nous sait que 
cette mesure est inexacte

une autre durée s'est ouverte sans chiffres et sans calendrier
une durée intérieure qui n'appartient plus au temps 
mais à l'être lui-même
























l'homme n'est pas un être 
destiné à demeurer  dans ses origines 

il est un être de croissance et 
de dépassement




qu'il nous plaise ou non d'en convenir nous sommes des plantes 
qui s'appuyant sur leurs racines doivent sortir de terre 
pour pouvoir fleurir dans l'éther
et y porter des fruits


l'image est végétale mais elle décrit 
une aventure spirituelle




















la plante ne choisit pas ses racines
elles sont
 
son passé
sa naissance
sa langue
sa culture
sa famille
sa mémoire

sans elles elle meurt
















mais si elle demeurait entièrement enfouie dans la terre
elle mourrait tout autant

les racines ne sont pas la destination
elles sont la condition du départ

toute la force de cette phrase réside dans cette tension
il faut demeurer fidèle à la terre tout en s'élevant 
vers la lumière

l'éther n'est pas ici 
un autre monde

il désigne la région de l'air de la lumière de l'esprit 
où la plante accomplit sa vocation

les racines boivent l'obscurité
les fleurs habitent la lumière
L'une ne nie pas l'autre
la fleur est la vérité visible de la racine
la racine est la fidélité invisible de la fleur

l'existence humaine doit suivre 
ce mouvement

celui qui renie ses racines se dessèche
celui qui ne quitte jamais ses racines ne fleurit pas

la croissance suppose une double fidélité 
à l'origine et à l'avenir



cette image possède également 
une portée métaphysique

l'être vivant ne s'accomplit pas en se refermant 
sur lui-même

il s'accomplit en s'ouvrant

toute fleur est une ouverture
tout fruit est un don

la plante ne produit pas ses fruits pour elle-même
elle les offre au monde



il en va peut-être de même pour la pensée

une pensée qui demeure enfouie dans ses seules origines 
ne devient jamais œuvre

elle doit s'exposer à la lumière au risque
au vent des hauteurs



autres fragments 
dans un esprit proche de cette méditation 


les racines n'emprisonnent pas ;
elles donnent l'élan

toute élévation véritable
remercie la profondeur

l'arbre n'oublie jamais la terre 
il refuse seulement d'y rester enfoui

fleurir
c'est rendre visible
ce que les racines savaient déjà

le fruit est la mémoire
devenue lumière

la profondeur de la terre
appelle toujours
la hauteur du ciel





l'homme n'est pas fait pour choisir 
entre la terre 
et le ciel

il est cette plante singulière qui puise sa force 
dans l'obscurité des racines afin d'offrir 
à la lumière la floraison 
de son esprit



























le lecteur est tout d'abord devant un texte
voilà le fait premier

avant l'auteur avant la biographie avant la légende
avant les circonstances de la composition, 
avant même la question 
de l'origine

il y a 
cette rencontre silencieuse 
entre une conscience et une suite de mots


le texte est là
il demande à être lu


tout le reste appartient à un second moment
















nous avons pris l'habitude de lire les œuvres à travers leurs généalogies nous voulons savoir qui parle d'où il parle à quelle époque avec quelles influences quelles intentions quelles blessures cette curiosité est légitime elle éclaire souvent le texte mais elle ne le fonde pas


le texte possède une étrange autonomie


il se détache de celui qui l'a écrit comme la lumière se détache de l'étoile qui l'a produite une fois offert au langage il entre dans une temporalité qui n'est plus celle de son auteur il voyage de lecteur en lecteur il change de siècle de continent de langue il survit parfois à tous ceux qui l'ont porté

sur le plan philosophique cela signifie que la vérité d'un texte ne se réduit jamais à son origine un théorème demeure vrai indépendamment de son inventeur un poème demeure bouleversant même lorsque son auteur est oublié une phrase juste possède une manière d'exister qui excède la biographie de celui qui l'a formulée


ainsi

qu'un texte soit copié déplacé cité traduit réécrit ou produit 
par une intelligence artificielle ne répond pas encore 
à la question essentielle 


que fait-il advenir dans la conscience 
de celui qui le lit


l'origine relève de l'histoire

la lecture relève de l'expérience


ces deux dimensions ne doivent 
ni être confondues 
ni opposées

l'histoire nous renseigne 
sur la naissance 
du texte

la lecture nous renseigne 
sur sa vie



un texte n'est véritablement vivant que lorsqu'il rencontre 
une conscience capable de l'accueillir

sur un plan métaphysique 
le texte ressemble 
à une graine

la graine ne contient pas l'arbre comme 
un objet minuscule

elle 
contient 
une possibilité

de même le texte ne contient pas 
un sens définitif  
il porte 

une puissance d'apparition

chaque lecture en actualise une part 
sans jamais l'épuiser



le sens n'est donc 
ni entièrement dans l'auteur ni entièrement 
dans le lecteur

il surgit entre les deux

mieux encore 
il surgit dans cet espace invisible où le langage cesse 
d'appartenir à quelqu'un




le langage est plus ancien que ceux 
qui le parlent

chaque écrivain reçoit des mots 
qu'il n'a pas inventés

chaque phrase est faite d'une mémoire 
collective

aucun auteur n'est le propriétaire 
absolu de la langue

il en est un passeur



l'intelligence artificielle à cet égard ne bouleverse pas 
cette vérité fondamentale 

elle la rend plus visible


elle nous oblige à distinguer deux questions 
que nous avions tendance à confondre

la première est éthique  

qui est l'auteur 
qui mérite reconnaissance 
qui doit être cité 
qui a créé ce texte 

ces questions sont essentielles dans la vie intellectuelle
artistique et juridique


la seconde est philosophique 

qu'est-ce qu'un texte 
qu'est-ce qu'une parole juste 

pourquoi une suite de mots 
peut-elle transformer une existence 

ces questions demeurent
quel que soit le mode de production du texte



la poésie nous enseigne depuis longtemps que la parole véritable 
semble parfois venir de plus loin 
que celui qui la prononce 


les anciens invoquaient les Muses 

d'autres parlaient de l'inspiration
du souffle 
du Logos

ce n'était pas une manière de nier le travail de l'écrivain
mais de reconnaître qu'une œuvre accomplie 
donne souvent l'impression 
de dépasser son auteur



le lecteur fait l'expérience de cette étrangeté

il ne demande pas d'abord 
qui parle 

il demande parfois sans le savoir 
que m'arrive-t-il en lisant 

un texte peut être techniquement parfait 
et demeurer mort

un autre maladroit ou anonyme peut ouvrir 
une région entière de la conscience

la littérature n'est donc pas seulement 
une affaire d'origine

elle est une affaire 
de présence

un grand texte est celui qui continue de produire du sens 
bien après que son origine est devenue 
silencieuse


il existe alors une étrange inversion

l'auteur quitte le texte

le lecteur y entre

et c'est peut-être là le véritable miracle de l'écriture

les mots cessent d'appartenir à celui qui les a écrits


ils deviennent un lieu d'hospitalité où des consciences 
qui ne se rencontreront jamais peuvent néanmoins 
partager une même lumière


en ce sens la grandeur d'un texte ne réside pas uniquement 
dans la singularité de son origine mais dans sa capacité 
à survivre à cette origine 
sans la renier


l'œuvre accomplie n'est plus seulement l'expression 
d'un individu

elle devient une possibilité de l'esprit
elle cesse d'être un événement biographique
elle devient une forme d'être




le lecteur chaque fois qu'il ouvre un livre 
ne rencontre peut-être pas 
d'abord un auteur

il rencontre une possibilité nouvelle 
de sa propre conscience



























l'expression 
l'âme égale en présence des choses 
évoque immédiatement un idéal de justesse intérieure. 

elle réunit plusieurs traditions  la sérénité des Stoïciens l'équanimité bouddhique le wu wei taoïste mais aussi une certaine tonalité de René Char ou d'André du Bouchet où la présence au monde précède le jugement


l' âme égale 
n'est pas une âme indifférente

elle ne devient pas insensible
elle demeure disponible

elle ne se laisse ni emporter par l'excès de joie ni abattre 
par l'excès de douleur

elle accueille les choses selon 
leur mesure propre




















être en présence des choses
c'est aussi renoncer à les réduire à leur utilité. 

une pierre n'est pas seulement un matériau 
un arbre n'est pas seulement une ressource
une montagne n'est pas seulement un sommet à gravir

les choses retrouvent leur dignité d'exister

l'âme égale ne domine pas le monde
elle s'accorde à lui

elle ne cherche pas à imposer son humeur aux saisons
elle apprend des saisons leur propre rythme

cette égalité n'est donc pas une neutralité
c'est une forme de fidélité au réel

le vent souffle
la pluie tombe
la neige blanchit les hauteurs
le rocher demeure

l'âme cesse de demander au monde d'être 
autre que ce qu'il est


alors apparaît une paix qui n'est pas le contraire du mouvement 
mais son juste accompagnement



autres fragments 

l'âme égale
ne nivelle pas le monde 
elle lui rend sa profondeur

devant la pierre,
elle devient pierre 
devant le vent elle devient souffle

l'égalité de l'âme est une montagne
qui n'entre pas en lutte
avec le ciel

les choses n'attendent pas
notre jugement 
elles attendent
notre présence

l'âme égale est une eau claire 
elle ne retient rien
elle reflète tout

la sérénité n'est pas l'absence d'orage 
c'est un ciel assez vaste
pour le laisser passer





l'âme égale en présence des choses est celle 
qui n'ajoute plus son tumulte 
au tumulte du monde


elle laisse 

chaque être apparaître dans la souveraineté 
silencieuse de son existence



























Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.

Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

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A1 A10 A2 A3 A4 A5 A6 A7 A8 A9 AB ABDL Abécédaire Abîme Aboulafia Abréviations Abrüpt Abruzzo absolu ACC Acker acronyme Actis Actualités ADBP Adorno ADR Adrénaline ADUMC Advaita AELT Agamben Agenda AgnèsMartin Agrafe et boite Ainsité Aïon AIR Air du temps akasha Akhmatova AL Alain de Lille Alan Davies Albiach Alchimie Alechinsky Aleph ALF Alferi alien Alina Reyes ALTH AM Amande Ammons Amor fati Anagrammes Analogie Anaphore Anaximandre Anders André Breton André du Bouchet André Velter Andy Goldsworthy animal animation Annick Ranvier Annonciations Anthologie ANTI Antin David AP Apatheia Aphaïa aphorismes Apollonios aporie Appelfeld Approche APUMM APZ APZT Arago Aram Saroyan Arbres Archéopoésie ArgentOr Aristote Arp Arseguel Art sacré ARTHAUD AS ASDMI ASF Ashbery ASLEND Assez Astrologie Asymptote Atlantide attente Aurélien Barrau Aurore Automne Auxméry AVB Avec Avent AW axiologie Axiomes Azam B B.Celerier Babel BABIL Bach Bachmann Baies Baigaitu BAM Banal Bandeaux Barque Barré Barry Lopez Barthes Bashô Basque Basquin Bataille Battala BAZAR BDLE BDLF Beaufortain Beckett Beckford Benedetto Bénézet Benoît Labre Benveniste Bergounioux Bergson Bernstein bête Bhattacharya bibliographie Bibliothèques bientôt Bimot Binet bio biographie BioMobiles Biopsies Bishop BISSES1 Bivouac Blackburn Blaine Blanc Blanchot Blanqui Blaser Blau Duplessis Bleu Bloy Bobin Bochner Bohm boisflotté Bök Bonheur bord de terre Borges Bouddha Bouthonnier Bouvier Bozier Brautigan Bretagne Bribes Briciole bricoleur Brisset Bronk Broodthaers Bruckner Bryen BSRM Butor Byron C C.C C.D.A C.E.T C.F. C.Olson çacest café calcul Camino Campo Cantor Cantos Capital Capricorne Captures Carl Andre carnet Carson Carte postale Cartes et globes Carver Casas Cavale cavernes Cazier CCB CCEM CDLP CDLRP CDMDCDD CDN CDRSLS CDS ce ce qui est ceci cela Céline Celui Cendras cequej'aime Cerbelaud cercles Cerf Ceux Cézanne CGJ CH5 Chalamov chaleur chaman Champs chant chant1 Chants et Poésies Chappuis chaque Char chartres Chartreuse Chaton Chemins ChenZhen Chladni Choeur Choisir Chômei Chose Christian Dotremont christo Chu-Ta Ciel Ciel profond Cioran Circé citations civilisations CL Claude Favre Claude Simon Clausewitz CLBC CLC Climat Closky Clouscard CMDOT Code Cole collages coller Collines collobert Combines Côme comme comment Compact compostelle conatus conscience constitution contepersan contingence contre conversation Copier Corbeau corpus Cortazar couleur covid CP Cravan Creeley cri crystallography CS.PAP CSB CSMM Cummings cut Cut 1 CV Cyber cycle Cyrano CyT D.SNLS Dada DALA Dans Danse Dao Dasein Dates DCPC DD DDLR de De Vries Decout DEE definition définitions DEGAULLE Deguy Deleuze Delillo délires Démocrite Denis Roche Déplacement Dérive Derrida Des Déserts Désir Détails Détournement DETQC Dextre DFRC DH DI Diable Dialogues Dickinson Dillard Diogène Divers DJLC DLADLS DLNI DMI DMOAM Domerg Donne Dryas DSDLDS Duchamp DUM Dumond Duncan DUNE Duras Durer Duvauroux DVDC Dworkin E E.Baer E.C E.E. E.O E.P. EA EAIO EB écart énigme Echenoz échos Echos L.A. Eckhart Tolle éclipse Eco Ecosse écoute écritures Eddas EDG EDJ EDLCDS EDLF Edmond Jabès EDO EIJS elle ELLEDIT ELLELL Elles Ellul EM Emerson Empédocle EN ENCORE encres et musique Encres et peintures Ennéade ennui EnSof Entre entrelacs environnement Eons EPE épiphanies épistémologie EPLA époché Eranos ère ERRER Escher ESE Eshleman Esnault ESPA Espace Espitallier essais EST ét été Etel Adnan ETLPDMP Etna étoile Etymologie Eucharistie Euler évangile Eventail Exergue F F.A. F.EAA F.O F.Pirates FAA Fable Fadeur faits FAJ Fantasy Faune Fayçal fenêtre Fengliu feu Fiction Films FiniSol Finkielkraut FIVE FL Flore fmr FNAR Foligno Forest Formalisme Foucault Fourcade Fourier FP FQPCC Fractales fragm Fragme Fragments France François Cheng Frappat Frémon Fréquences Froid Fugue Fuji Futur G.C.L. 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IA ici idéogrammatique IDLR idole IFE Igitur il Illuminations illuminer illuminisme ILVLA ilya immédiat immédiatement Impensable impératif imperceptible Impresses incertitude Index individu Infini Infinitif initiales inquiétude Insectes installation instant Internet Interrompre invisible Irwin Ishihara Isidore Isis isolato Issa italiques Ivsic J-P Michel J.J.F.W. J.J.U. J.L.P Jaccottet jaime Jakobson Jankélévitch JANUS Jardin Jaspers JAZ JBE JCERDM JDLF JDS JE JE & Jean jean Daive Jean Michel Lou JELRLT Jesuis Jésus jeu JHN Jirgl Joan Mitchell John Cage Jouffroy jour jour17 Journal Jours jours17 Jousse JR Juarroz Jullien JYL K.G K.K Kabîr Kafka Kairos Kaplan Kapoor Kastrup Kathleen Raine Katué Kawara Kay Ryan KDCN KDICK Keats Kenneth White Kerouac Khazar Khlebnikov khôra Kiarostami Kingsley Kircher KK KLTDD koan Koons Koshkonong Kosuth KOUA Kral Kuhn Kundera Kunitz Kybalion Kyoto L.A.S L.D. 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