l'essence du mouvement
pour Montaigne rien n'est figé
le mouvement perpétuel
la constance comme illusion
cette vision
l'impermanence
l'honnêteté intellectuelle
je ne peins pas l’être
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
fluide comme la vague souple comme le rameau
l’être vivant épouse le vent du monde
il plie sans rompre avance sans savoir
trouve dans l’élan même du mouvement sa demeure
chaque instant le transforme
chaque souffle le sculpte à nouveau
il n’a ni passé ni futur seulement la pulsation du présent
ce battement d’eau et de feu où la vie se reconnaît
celui qui perd la conscience de ce mouvement se fige
déjà
il s’éloigne de la vie
il croit se tenir debout
mais il n’est plus qu’une pierre au bord du fleuve
témoin immobile de ce qui passe sans lui
la mort
ce n’est pas seulement l’arrêt du souffle
c’est l’oubli du flux
la perte de ce regard qui sait que rien ne demeure
le mouvement comme principe fondamental de la vie
pour Héraclite tout est mouvement
on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve
le jour et la nuit la vie et la mort le chaud et le froid
rien ne demeure tout devient
la conscience du mouvement vivre en éveil
Héraclite ne parle pas seulement du mouvement physique ou naturel mais aussi du mouvement intérieur de l’âme et de la pensée
perdre la conscience de ce mouvement c’est se figer mentalement émotionnellement spirituellement
or dès qu’on cesse de percevoir le changement on cesse d’être vivant au sens héraclitéen
on entre dans la répétition mécanique dans la routine dans la fermeture
la vie devient alors une inertie
une mort lente de la conscience.
le contraire de la vie l’immobilité
la mort pour Héraclite n’est donc pas seulement biologique : c’est la perte du mouvement intérieur du questionnement de la curiosité du lien avec le flux du monde
être mort en ce sens c’est ne plus être capable de se transformer de remettre en cause ses certitudes de sentir que chaque instant est nouveau
la sagesse héraclitéenne consiste au contraire à vivre en accord avec le devenir à accepter que tout change y compris soi-même
c’est cela être véritablement vivant
être conscient du mouvement et s’y accorder
la vie
=
mouvement tension transformation
la mort
=
immobilité rigidité fermeture
Vivre selon Héraclite
=
être attentif à la dynamique du monde et de soi
accueillir le changement comme la loi même de l’existence
le sage, chez Héraclite, n’essaie pas d’arrêter le courant il y plonge il s’y accorde il devient le mouvement lui-même Et dans ce consentement au changement il trouve la paix non celle de l’immobilité mais celle du devenir
la pierre et l’éternité
la pierre n’est pas simplement un morceau de matière elle est mémoire témoin silencieux du temps Chaque grain chaque veine chaque fissure raconte l’histoire des forces qui l’ont façonnée : le feu qui jaillit des entrailles de la terre la pression des siècles l’usure des vents et des eaux Une pierre est à la fois un fragment du monde et le monde lui-même concentré réduit à son essence la plus durable
regarder une pierre c’est contempler l’éternité dans l’instant Car elle transcende le temps humain : des milliers des millions d’années se sont succédé pour que ce bloc existe et pourtant il demeure là immobile indifférent aux époques qui passent La pierre nous force à penser autrement : non pas en termes de durée éphémère de la vie humaine mais en termes d’endurance et de continuité Elle nous apprend que l’éternité n’est pas un concept abstrait mais une présence tangible inscrite dans la matière
Elle enseigne également l’humilité Face à la pierre l’homme réalise la petitesse de ses projets et de ses passions Nos villes s’effacent nos noms s’éteignent et pourtant la pierre reste témoin de forces qui nous dépassen. Et dans cette permanence il y a une leçon subtile : l’éternité n’est pas seulement ce qui dure mais ce qui contient le monde dans son silence dans sa stabilité
la pierre n’est pas morte : elle est active dans sa persistance Chaque fissure chaque cristal chaque grain est l’expression de l’énergie accumulée dans les siècles Elle nous rappelle que l’éternité n’est pas statique qu’elle est le produit du temps long du mouvement imperceptible des forces naturelles à l’œuvre La pierre devient alors une métaphore de la vie elle-même : durable patiente silencieuse et capable de concentrer en elle l’infini de l’histoire et de la nature
Ainsi méditer sur la pierre c’est méditer sur l’éternité C’est accepter que le temps humain n’est qu’un souffle Apprendre à sentir à travers ce souffle l’immense continuité du monde La pierre dans sa simplicité apparente nous ouvre une fenêtre sur le cosmos sur ce qui dépasse la vie sur ce qui perdure au-delà de tout passage
trois mondes trois royaumes six routes
une vision cosmologique
trois mondes trois royaumes six routes
l’homme croit vivre dans un seul monde celui que ses sens lui donnent à percevoir
mais la sagesse ancienne rappelle qu’il existe des strates de réalité
trois mondes trois royaumes six routes d’existence
cette multiplicité n’est pas un simple mythe
elle est un miroir de notre expérience intérieure.
les trois mondes
figurent les trois dimensions de notre rapport au réel
le désir nous attache à ce qui change nous fait courir sans fin vers la satisfaction éphémère
la forme nous installe dans la structure dans les lois dans l’ordre qui soutient la matière
le sans-forme ouvre la voie d’une réalité subtile pure conscience qui n’est plus limitée par les contours du visible
ces trois mondes ne sont pas ailleurs ils sont en nous comme trois profondeurs de l’esprit
les trois royaumes
traduisent la lutte incessante entre ciel terre et enfer
ils ne sont pas seulement des lieux mais des états d’existence
le ciel c’est la clarté la bonté la générosité de l’esprit
la terre c’est le lieu neutre de l’épreuve du travail quotidien où l’âme s’exerce
l’enfer ce sont les passions destructrices les flammes de la haine et de l’ignorance qui brûlent en chacun de nous
nous voyageons dans ces royaumes à chaque instant car nos choix nos pensées nos gestes nous y transportent
les six routes
enfin désignent les cycles innombrables par lesquels l’être chemine dieux demi-dieux humains animaux esprits faméliques êtres des enfers
ces voies sont autant de miroirs des états de conscience.
être humain c’est déjà porter en soi ces six potentialités la noblesse du dieu la jalousie du demi-dieu la clarté et la fragilité de l’homme l’instinct animal la faim insatiable de l’esprit famélique la souffrance des enfers
ainsi, les trois mondes trois royaumes et six routes ne décrivent pas seulement un cosmos extérieur mais une cartographie intérieure de l’âme
l’homme les traverse à chaque instant : il peut tomber en enfer par une pensée destructrice ou goûter au ciel par un seul acte de compassion
la métaphysique devient alors une éthique
comprendre que nous voyageons sans cesse à travers ces sphères nous invite à choisir consciemment notre route.
la véritable libération ne consiste pas à échapper à ce cycle en fuyant mais à le reconnaître à voir en lui un jeu de causes et d’effets
alors s’ouvre la possibilité de le transcender
franchir les routes dépasser les royaumes unifier les mondes
au bout de ce chemin se trouve peut-être l’espace sans lieu ni temps où l’on découvre que ces divisions n’étaient que reflets d’une seule réalité
trois mondes trois royaumes six routes
tout est tissé dans le même voile d’illusion.
ce que nous appelons monde n’est qu’un reflet mouvant sur la surface d’une eau sans fond
pourtant sous ce voile la tradition murmure qu’il y a trois mondes trois royaumes six routes autant de portes que l’esprit franchit dans son voyage sans fin
les trois mondes ne sont pas des lieux que l’on atteint, mais des couches d’existence qui se superposent en nous.
le monde du désir est une mer agitée toujours en quête toujours insatisfaite semblable à une flamme qui consume sans jamais se rassasier
le monde de la forme est une montagne stable qui donne structure et limite mais dont la fixité peut devenir prison.
le monde sans forme est un ciel invisible une vastitude pure où il n’y a plus ni contours ni attaches seulement la respiration infinie de l’être
les trois royaumes se déploient comme trois résonances du même chant
le royaume céleste est l’éclat de la lumière la clarté de l’esprit quand il se souvient de sa source
le royaume terrestre est le champ de l’épreuve où nous semons et récoltons où l’âme apprend lentement à se connaître
le royaume infernal n’est pas un gouffre lointain c’est l’ombre qui s’ouvre dès que la haine ou l’ignorance s’allument dans nos veines.
chacun porte en soi ces trois royaumes et chaque instant peut nous faire basculer de l’un à l’autre
et les six routes… elles sont comme les veines d’un grand corps cosmique
elles nous entraînent dans des états sans cesse changeants extase des dieux jalousie des demi-dieux fragilité humaine instinct des bêtes faim sans fin des esprits errants tourments des enfers
mais ces routes ne sont pas seulement ailleurs dans une vie future : elles sont des paysages intérieurs que nous traversons en un seul jour
ainsi l’univers est un labyrinthe de reflets un fleuve qui se divise et se rassemble une roue qui tourne sans fin
le voyageur qui comprend cela cesse de chercher un point fixe : il apprend à reconnaître les mondes comme des songes les royaumes comme des miroirs les routes comme des pas dans un rêve
alors s’ouvre la voie mystique : voir que tout cela en vérité n’est qu’un seul océan un seul souffle une seule conscience qui se déploie à travers d’innombrables visages.
et dans ce silence là où les mondes se rejoignent où les routes se dissolvent se révèle peut-être l’ultime mystère : il n’y a jamais eu de royaume jamais eu de chemin.
il n’y avait que l’Être sans commencement ni fin se contemplant lui-même dans l’éclat des formes et la fluidité des rivières
Ainsi ai-je entendu
Il est trois mondes et les trois mondes sont un
Il est trois royaumes et les trois royaumes sont en toi
Il est six routes et les six routes se lèvent à chaque souffle
Le monde du désir est sans repos comme une mer agitée
Le monde de la forme est sans fin comme une montagne de pierre
Le monde sans forme est sans limite comme un ciel sans contour
Trois mondes un seul esprit.
Le royaume céleste resplendit dans la lumière de la compassion
Le royaume terrestre demeure dans le cycle des semailles et des moissons
Le royaume infernal s’ouvre dans la haine et dans l’ignorance
Trois royaumes un seul cœur
La route des dieux est éclatante comme l’éclair mais se dissipe
La route des demi-dieux est jalouse comme l’ombre qui suit la lumière
La route des hommes est précieuse car c’est ici que s’ouvre le choix
La route des bêtes est oubli sommeil profond dans l’instinct
La route des esprits faméliques est soif sans apaisement
La route des enfers est feu qui dévore l’esprit de l’intérieur
Six routes un seul souffle
Celui qui contemple voit que ces mondes
ces royaumes ces routes ne sont pas ailleurs
Ils surgissent et s’éteignent dans le même instant
comme reflets sur l’eau
comme songes dans le sommeil
Alors le sage comprend
les mondes ne sont pas ultimes
les royaumes ne sont pas fixes
les routes ne sont pas éternelles
Derrière les trois mondes se tient le sans-monde
Derrière les trois royaumes s’ouvre le sans-royaume
Derrière les six routes s’étend le sans-route
Ce sans-monde ce sans-royaume ce sans-route
est la Source unique
la Conscience sans début ni fin
le Souffle immobile où tout retourne
Ainsi
le voyageur qui voit ne voyage plus
Ainsi
celui qui cherche découvre qu’il n’y a rien à trouver
Ainsi
l’Être contemple l’Être
et les montagnes les rivières les flammes et les étoiles
ne sont que des miroirs du Silence
Nés du vide retournant au vide
surgissant comme l’éclair s’éteignant comme l’écho
les trois mondes les trois royaumes les six routes
sont l’unique danse de l’Infini
montagnes et rivières sans fin
une image poétique et philosophique très riche
sur le plan naturel et poétique
paysage sans limite
l’idée de chaînes de montagnes et de rivières qui se succèdent à l’infini traduit la puissance de la nature sa capacité à dépasser l’homme à lui rappeler qu’il n’est qu’un passant au milieu de cycles immenses
voyage interminable
elle suggère une route sans fin où chaque sommet franchi révèle un autre horizon et chaque rivière traversée conduit vers une autre vallée
beauté en mouvement
les montagnes sont la stabilité l’ancrage tandis que les rivières représentent le flux le passage l’érosion ensemble elles créent un équilibre entre permanence et changement
sur le plan symbolique
la vie humaine
les montagnes symbolisent les épreuves les obstacles à gravir alors que les rivières représentent le temps qui s’écoule nos émotions ou encore le fil de notre destinée
la formule pourrait alors traduire la vie comme une alternance sans fin de luttes et de flux
le chemin spirituel
dans certaines traditions orientales taoïsme bouddhisme montagnes et rivières représentent la voie de l’éveil
les montagnes pour la contemplation et l’élévation
les rivières pour la fluidité et l’adaptation.
l’infini
L’idée d’absence de fin peut aussi ouvrir vers une réflexion sur l’éternité la continuité du monde après nous ou encore sur l’impossibilité de saisir la totalité du réel
sur le plan artistique et littéraire
métaphore du récit
comme un roman ou un poème qui ne se clôt jamais vraiment l’expression peut incarner une narration ininterrompue où chaque épisode mène à un autre
peinture et calligraphie chinoises
dans l’art classique les paysages de montagnes et d’eaux sont peints pour exprimer l’union entre l’homme et la nature une profondeur à la fois esthétique et spirituelle
musique
l’idée de sans fin peut se traduire par une mélodie cyclique qui se renouvelle toujours sans jamais conclure
montagnes et rivières sans fin
l’homme lorsqu’il lève les yeux vers les montagnes croit voir un sommet une limite qui marque l’aboutissement de son effort
pourtant arrivé au sommet il découvre une autre crête plus haute encore et derrière elle une chaîne entière se déployant à l’horizon
ainsi en va-t-il de l’existence : chaque victoire n’est qu’un palier vers une nouvelle épreuve chaque certitude n’est qu’un moment fragile avant que ne s’ouvre un autre questionnement
les rivières elles ne cessent jamais de couler
leur mouvement nous rappelle que rien ne demeure immobile
même les rochers les plus anciens face à leur passage finissent par s’éroder
la rivière est le symbole du temps de la vie qui ne peut être retenue de l’esprit qui apprend à se laisser porter
elle est l’art de la souplesse de l’adaptation de la confiance dans un cours plus vaste que nous
montagnes et rivières sans fin
c’est l’alliance de la permanence et du changement de la solidité et du flux
c’est une manière de dire que la vie n’a pas de but ultime mais une infinité de passages d’étapes d’ouvertures
l’existence n’est pas une ligne droite vers une fin mais une traversée sans cesse recommencée
philosophiquement cette image nous invite à une humilité profonde Nous ne pouvons posséder le monde ni le figer dans une compréhension définitive Comme les voyageurs d’un chemin infini nous ne faisons que traverser des paysages les uns abrupts et immobiles comme des montagnes les autres mouvants et insaisissables comme des rivières La sagesse consiste peut-être à marcher sans impatience à contempler ce qui s’offre à accueillir l’infini des formes sans vouloir les réduire à une fin
je possède une barque détachée de tous les climats
la barque comme métaphore de l’existence
la barque est un symbole ancien du passage du voyage de la traversée
elle évoque à la fois la fragilité un petit navire exposé aux éléments et la liberté l’absence d’ancrage la possibilité de partir
posséder une barque c’est posséder un moyen de se déplacer de s’arracher à la fixité
elle figure la condition humaine :
un être jeté sur les eaux du monde sans certitude de port mais doté d’un véhicule fragile son propre corps sa conscience pour naviguer
détachée de tous les climats l’indépendance intérieure
que la barque soit détachée de tous les climats signifie qu’elle n’est pas soumise aux variations extérieures : ni au beau temps ni aux tempêtes ni aux saisons ni aux humeurs du monde
Philosophiquement cela renvoie à une forme d’autonomie intérieure, proche de l’idéal stoïcien : être en soi-même un espace de liberté que rien d’extérieur ne peut ébranler
c’est l’image d’un sujet qui traverse l’existence sans être ballotté par les contingences
la barque intemporelle un espace hors du monde
cette phrase pourrait aussi s’entendre comme la présence d’un lieu intime qui échappe au temps et à la condition terrestre
une barque hors des climats c’est une embarcation qui ne connaît ni pluie ni chaleur ni orages ni saisons
elle flotte dans une dimension différente peut-être celle de l’esprit de l’imaginaire ou de l’écriture
elle représente alors un espace intérieur invulnérable une échappée hors des déterminations
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sens existentiel
posséder une telle barque c’est posséder en soi une force de détachement
on peut la lire comme la capacité de l’esprit à se retirer des flux du monde pour habiter un espace de pure liberté
elle incarne la possibilité de ne pas se laisser réduire par les conditions extérieures mais de vivre selon une vérité plus intime
liberté intérieure absolue
la barque représente le soi et le fait qu’elle soit détachée de tous les climats signifie que ce soi ne dépend pas des circonstances mais qu’il flotte dans une dimension propre où il trouve sa sérénité
une expérience intérieure
la montagne par sa grandeur et son immobilité agit comme un miroir
elle reflète nos états intérieurs et nous ramène à l’essentiel
la marche méditative en automne peut alors devenir
un exercice de lâcher-prise face au passage du temps
comme les feuilles qui tombent
une invitation à l’humilité
le corps qui fatigue le souffle qui rappelle ses limites
une ouverture à la gratitude
pour la beauté éphémère offerte
la marche méditative consiste à avancer lentement, en pleine conscience de chaque pas de la respiration et du contact avec la terre En montagne ce geste prend une force particulière chaque montée demande un effort conscient chaque descente invite au relâchement Le corps devient un instrument qui se règle sur le rythme de la nature On ne cherche pas à atteindre un sommet rapidement mais à savourer le chemin
l’automne en montagne se distingue par ses couleurs flamboyantes les forêts se parent d’or de cuivre et de rouge profond La lumière, plus douce qu’en été filtre à travers les arbres et révèle des contrastes subtils entre les cimes enneigées et les vallées encore tièdes Le silence est ponctué par le vent le bruissement des feuilles ou parfois le cri d’un rapace C’est une saison qui invite au ralentissement et à l’introspection
le néologisme biocosmopoétique désigne
une philosophie de l’unité vivante et cosmique exprimée par la poésie
c’est une invitation à concevoir la parole la pensée et la création non pas comme une activité humaine isolée mais comme une résonance entre la vie l’univers et le langage
une telle approche s’inscrit dans une perspective à la fois existentielle écologique et spirituelle
être c’est participer au poème cosmique
la biocosmopoétique pourrait enfin être conçue comme une ontologie poétique
une manière d’être qui reconnaît que l’existence n’est pas seulement une donnée brute mais une mise en forme constante une co-création entre l’homme le vivant et le cosmos.
dans ce sens écrire ou créer c’est participer au poème cosmique en cours
on peut aussi voir dans ce terme une critique implicite de la modernité, qui a séparé le vivant de l’univers la science de la poésie l’homme du monde naturel
la biocosmopoétique réunit ce qui a été dissocié
elle est bio parce qu’elle reconnaît la valeur et la vulnérabilité du vivant
elle est cosmo parce qu’elle inscrit ce vivant dans l’immensité cosmique dans une appartenance plus large que la Terre seule
elle est poétique parce que ce lien ne peut être seulement pensé en termes de rationalité ou de chiffres il demande une parole sensible imaginale créatrice
c’est une écophilosophie qui se refuse à parler du monde comme d’un objet, mais qui le célèbre comme un poème
d’un point de vue philosophique ce néologisme affirme que l’homme n’est pas séparé du cosmos
il est un vivant parmi les vivants un fragment de l’univers qui parle
or la parole, loin d’être un simple outil technique est une manière de résonner avec l’ordre du monde
la biocosmopoétique serait donc une tentative d’habiter poétiquement la Terre et le Ciel de redonner à la parole une fonction cosmique
non pas dominer, mais chanter l’unité du vivant et du tout
M
je vois en lui
l’ancêtre
le protecteur et l’ami
de chaque homme libre sur terre
le meilleur maître de cette science nouvelle et pourtant éternelle qui consiste à se préserver soi-même de tous et de tout
peu d’hommes sur terre se sont battus avec plus de loyauté et d’acharnement pour préserver leur moi le plus intime leur essence de tout mélange de toute atteinte venue de l’écume trouble et malsaine des agitations du temps et peu ont réussi à sauver du temps qu’ils ont vécu pour toute la durée des temps ce moi le plus profond
M
c’est
une absolue perfection
et comme
divine
de savoir jouir loyalement
de son être
voilà
vous me copierez ces mots
mille fois
et puis et puis et puis et puis et puis et puis et puis
en jugeant l’un par l’autre
aucune prépondérance
21.10.2020
8
VIII
là se dresse la porte
qui ouvre sur les chemins de la Nuit et du Jour
encastrée entre
un linteau en haut et en bas
un seuil de pierre
celle-ci
bien que d'éther
est comblée par d'énormes battants
dont la très rigoureuse
JUSTICE
détient
les clés actionnées en échange
équilibre perfection harmonie
la très rigoureuse
Justice
actionne les clés
en retour de la juste prédisposition
de celui qui se présente
à elle
*
est
autrement réglée
et plus noblement
que n'est cette autre justice
spéciale nationale contrainte
soumise
au besoin de nos polices
de nos sociétés
pensées
la fortune y a bonne part
elle marche
vers la pleine lumière du jour
*
je force le passage
par la puissance de mes jambes
que mon ombre
ne soit pas capturée par vous
que mon âme
ne soit pas emprisonnée par vous
que la voie soit ouverte
pour mon âme et pour mon ombre
*
la pensée-poésie
veut-être échauffée et réveillée
par
les occasions
étrangères présentes et fortuites
si
elle va toute seule
elle ne fait que traîner et languir
l'agitation
est
sa vie et sa grâce
?