une archive des possibles et des mondes latents
une spirale d’intuitions et de révélations
un théâtre d’ombres où dialoguent l’être et le néant
une bibliothèque vivante aux pages mouvantes
un cristal de pensées diffractant mille vérités
une alchimie de mots transmutant l’expérience en sens
un miroir fractal où se reflète l’infini
une odyssée intérieure aux confins de la conscience
une cosmogonie intime écrite à l’encre du doute
un chant polyphonique entre raison et vertige
une matrice de récits engendrant d’autres récits
une constellation d’idées reliées par des fils invisibles
un souffle ancien traversant les formes nouvelles
une énigme qui se déplie à mesure qu’on la contemple
ni une idée que l’on peut saisir
Dao De Jing
ce qui peut être dit
n’est déjà plus dao
il ne commence pas
il ne conduit pas
et pourtant tout passe par lui
dao est le cours des choses
sans intention
sans effort
il ne décide rien
mais rien ne lui échappe
comme l’eau
qui ne cherche pas sa voie
et pourtant la trouve toujours
dao ne s’oppose pas
il inclut
il laisse être
agir selon dao c’est ne pas forcer
ne pas interrompre
ne pas imposer
c’est épouser le mouvement
avant même de vouloir le comprendre
dans dao
le plein et le vide ne s’excluent pas
ils se répondent
le dur cède
le souple persiste
et ce qui semble faible
traverse le temps
dao n’est pas ailleurs
il est dans ce qui advient
avant que nous le divisons
dans le geste simple
dans le rythme discret
dans ce qui se fait sans bruit
le suivre
ce n’est pas le chercher
c’est cesser
de s’en éloigner
sans effort
quelque chose s’accorde
comme si vivre
redevenait
juste
vivre
le dao est posé
la voie est dite
le mouvement suit la voie
la règle n’est pas fixée
le flux se produit
le changement est constant
le geste s’accorde
le cours se maintient
la voie ne se force pas
le dao demeure
il circulera sans origine ni fin comme
dans son flux insaisissable il dira