vendredi, mai 22, 2009


Hans Hartung
°
sable passage de l'écume
( griffes )
où l'on fut mêlé
formes
aiguës
( énigme )

jeudi, mai 21, 2009

Jeux d'encre



Zao Wou-Ki, lui aussi, a quitté le concret. Mais ses tableaux ont avec la nature gardé un air de famille. Elle est là. Elle n'est pas là. Ce ne peut être elle, ce qu'on voit. Ce doit être elle pourtant. Toute différente. Elle ne se détaille plus. Nature saisie dans la masse. Naturelle toujours, plus chaleureuse, plus emportée. Tellurique. Restée souple.
°
Henri Michaux, trajet Zao Wou-Ki

Superexcelsitude !

L' Ascension, Giotto,
fresque de la chapelle Scrovegni, Padoue 1304-1306
°
Applaudissez, toutes les nations de l'univers, et que je me repaisse devant moi de cet océan de bouches ouvertes qui crient ! Dieu monte ! Formidablement, il s'élève au-dessus de toute terre un roi terrible quelqu'un immensément de démesuré dans la superexcelsitude ! Dieu monte ! il monte dans les accents de la trompette, dans les articulations de la victoire ! Vocalisez votre ascension jusqu'à lui ! élevez-vous jusqu'à lui, nations par tous les échelons de la gamme !
°
Avec Paul Claudel, Psaume 46, psaume de l'Ascension
Gallimard 2008

mercredi, mai 20, 2009

L' Annonciation

*

21 mars 1919
.
Les prix :
Farine - 1 400 roubles le poud
1 livre de pommes de terre - 10 roubles
1 livre de carottes - 7 roubles 50 kopecks
Oignons - 15 roubles
Hareng - 25 roubles.
salaires - les barèmes ne sont pas encore établis - 775 roubles par mois


Au téléphone :
- J'écoute.
Une voix d'homme. - Je voudrais parler à Marina Ivanovna, s'il vous plaît.
- C'est moi.
- Ah, c'est vous, Marina Ivanovna ? Je n'avais pas reconnu votre voix. Ici
K.V. Kandaourov.
- Bonjour, Konstantin Vassilievitch.
- Marina Ivanovna, j'ai reçu des nouvelles de Crimée et je dois vous dire que Serioja...
- S'est fait tuer - soufflé-je mentalement.
- Est vivant et en bonne santé et il a m' a prié de vous saluer.



Cinq minutes plus tard, je me mets à pleurer.
L'exacte sensation que mes yeux sont pleins de larmes 
à ras bord mais que celles-ci ne coulent pas encore.
Mes genoux tremblent. 
Je ressens une légère envie de vomir
.
L'Annonciation ! la bonne nouvelle ! Ce n'est pas pour rien que c'est ma fête préférée. 
Cela faisait tout juste six mois que je ne savais plus rien de Serioja !



Marina Tsvetaeva 

carnet 5 - 1918 -1919 


éditions des Syrtes



























.

Où le ciel s'enracine à la terre


La magie de l'arbre est d'abord en moi comme une question :
quelle est ma puissance de ciel
quelle est ma puissance d'enracinement,
c'est à dire de présence à ce qui est ?
°
L.A. photographie, Annecy, mai 2009

Majesté de l'arbre

il est pratiquement le seul vis-à-vis vertical
de cet animal vertical qu' est l'homme.
°
L.A. photographie, Annecy, mai 2009

Il s'endort.

Le sommeil, on ne le sait pas assez, est un puissant remède contre la mort et la servilité de la mort. M.N. est un virtuose du sommeil, un expert de son délire contrôlé, de ses bacchanales absurdes. Il sait être éveillé, il se couche parfois avec l'air amusé de celui qui est curieux de savoir ce que ses cauchemars lui réservent. Rien de nouveau, toujours la même mécanique humaine, trop humaine. Il note d'ailleurs qu'il s'approche de plus en plus d'une métamorphose ininterrompue :
" Tu dois te glisser, en un court intervalle de temps, dans la peau d'un grand nombre d'individus. Le moyen en est la lutte perpétuelle."
Ph. Sollers, une vie divine

mardi, mai 19, 2009

Outray encore

L.A. photographie encre, mai 2009
°
immobile comme
la montagne en mouvement
comme le fleuve
nous ( ) sommes conviés à avoir le talent de saisir
le profond
l'absolu
le merveilleux
le nouveau
l'éternel
l'infini
au coeur de l'ordinaire
et de nous réjouir
dans la voie de tous les jours
écoutant le voyant
Ta tête se détourne, le nouvel amour ta tête se retourne le nouvel amour

La stratification & le clivage

Le sentier longe la barre de calcaires crétacés des
encorbellements et des voûtes. Dans le bois
affleurent les roches primaires métamorphisées
du soubassement autochtone. Les calcaires
crétacés sur lesquels est tracé le sentier
appartiennent à ce même autochtone. Sur les parois
calcaires le suintement de l'eau donne lieu à
de petites fontaines pétrifiantes. Dans ces mêmes calcaires
la stratification horizontale à faible plongement
sud et un important réseau de diaclases verticales. Au
passage les pins aux troncs courbés déformés à leur base
par le poids de la neige hivernale. Le sentier
rejoint celui du ruisseau. Au-dessus apparaît la barre
de calcaires crétacés autochtones recouvrant les roches
métamorphisées du Primaire. Le sentier passe sur ce
Crétacé autochtone. Vers l'est des lambeaux de Silurien
constitués de roches noires schisteuses riches en carbone. Les
roches noires sont surmontées par des formations dévoniennes
sur lesquelles est construit le refuge. Dans le ravin une surface
soulignée par des grés de teinte lie-de-vin d'âge triasique
marque le contact entre les terrains du Dévonien et
du Crétacé. Il s'agit d'une surface de discordance ici
fortement plissée. Ce sentier file vers le nord puis vire
ensuite vers le sud. Au niveau de ce virage la barre
de calcaires crétacés surmonte les roches sombres
primaires métamorphiques. La stratification apparaît nettement
dans les calcaires du Crétacé. Elle est parallèle à la surface
des roches primaires. Le sentier grimpe ensuite sur les
calcaires dévoniens débutant par des calcaires en
petits bancs et des calcschistes
la stratification et le clivage.


Pour la tache des yeux
.

Il faut nommer 
le nom de la personne, et dire :



Si tu as la tache Dieu te détache
si elle est blanche qu'elle se déblanche

si elle est rouge 
qu'elle se dérouge si elle est noire qu'elle se dénoire 

au nom du Père
du Fils et du Saint-Esprit amen.





La dire trois fois 
et souffler dedans l'oeil.







Gustave Roud




















.

lundi, mai 18, 2009


Là à l'endroit même totale et tacite évidence
.
Les choses sont ce qu'elles sont
si vous comprenez les choses sont ce qu'elles sont,
si vous ne comprenez pas les choses sont ce qu'elles sont.
( reccueil de la forêt du Zen )
°
L.A. photographie, mai 2009

Bonheur d'un instant à m'asseoir

Le
ventlapluie
jette à mon visage toute une prairie de mai comme bouquet de parfums
.
Ce que tu cherches, cela est proche et vient déjà à ta rencontre
.
Ce que le pays a d'amicalement ouvert, d'éclairé, de scintillant de splendide, de lumineux, vient, dans l'unité amicale de son éclat.. Elle est
charmante à franchir vers un lointain de riches promesses...
On entend, on ne cherche pas ; on prend sans demander qui donne... une pensée vous illumine comme un éclair, avec une force contraignante sans hésitation dans la forme
.
Bonheur d'un instant à m'asseoir
tout éclate et se fige en inexorable présent. Le coeur sous la pointe du doigt s'exténue et s'arrête.
Tout est devenu chant.
La rose et le village à l'unisson, la touffe de marguerites et la neige des montagnes , le miroir du soc et l'étang d'acier, la courbe du chemin sous l'arc suprême d'un nuage, les touches de terre sombre, le vert, le gris, le rose, tout l'ancien choeur perdu ressuscite et consonne autour de ce seul corps.
°
L.A. photographie, Villard s/Doron, mai 2009
Avec approche de Hölderlin de Heidegger et Gustave Roud
L.A. encre & crayon sur toile, mai 2009

jouet du vent en terrain sablonneux et bords des routes
dactyle épillets violacés en touffes épaisses
éveil dans le vent de mai
bromes et carex donnent à savourer l'ainsité du monde
disponibilité des sens et perception du sens
avoine poiles rudes et deux dents sans soie
avoine des avoines sauvages avec une soie brève
brome mou dans le sainfoin éteint l'état sauvage
brachypodes épi penché des bois des broussailles et des haies
brome rude et sans arrête pannicule dressé
air précoce dans ses gaines argentées et nu en sol acide
lepture droit
marais salés
lepture courbé en des lieux plus sec
roseaux étangs des eaux douces ou saumâtres
millet des bois de mai de juillet calcaire humide
nard raide épi en terrain tourbeux
herbes des pampas grande graminée
dont les bords coupants peuvent entamer la peaux
la scirpe sans feuilles des lacs piquants...

L.A. photographie, graminée, Cochette mai 2009

Le temps de la salutation commence

.

J'ai fui ces murs. 
Je suis assis près d'une tache de neige, 

sous les frênes du ruisseau, 
sans une pensée.

Ma paume flatte la laine
d'une touffe de pulmonaires. 

Un bleu nouveau 
fleurit soudain sur l'eau vivante.

Un merle hésite, 
invente le premier chant du monde. 

Le temps de l'adieu n'est plus.
Le temps de la salutation commence.




( Gustave Roud )
























.

Au lac des neufs carpes

Car les eaux profitent des gorges pour donner leur mesure et atteindre à leur beauté propre ; sur leurs bords, berges effondrées et rocs écroulés, fichés de guingois, se muent en falaises ; érigés de biais, en chambres ; amassées et empilés, en pavillons ; incurvés et tortueux, en grottes ; suspendues, les eaux sont cascades ; sinueuses, méandres ; retenues, réservoirs. Partout, on peut s'asseoir ou se coucher, s'appuyer ou se baigner, suivre à l'ombre des bambous ou des arbres les jeux des nuages et des brumes ; sur plusieurs lis, fasciné par le spectacle, on ne peut de tout le jour détacher ses yeux ni s'éloigner d'un pas ! ( Xu Xiake )

dimanche, mai 17, 2009

Montagne-noire


" Au nord, la montagne-noire déroule lourdement des croupes de schistes et de gneiss, aux flancs convexes qu'entaillent quelques ravins boisés ; tandis qu'au sud s'allonge une rangée de mamelons d'argile ou de grès, dépouilles arrachées aux Pyrénées qui dressent en dernier plan leur silhouettes aériennes. C'est un sillon produit au contact d'une zone de plissement et d'un massif de résistance ! "
°
Paul Vidal de la Blache, tableau de la géographie de la France.
Encre tiré du Jardin du grain de moutarde, manuel de peinture chinoise, 1679

ça-ici-dedans

le mot instant a une étymologie d'ordre spatial,
" se tenant dans "
°
L.A. encre & photographie sur papier, 2005

samedi, mai 16, 2009

Carex

à deux nervures
à épis d'orge
à épis pendants
aigu
à pilules
appauvri
arrondi
à trois nervures
blanc
capillaire
des bois
des bourbiers
des bruyères
des rives
des rochers
des sables
digité
dioïque
distant
divisé
élevé
Carex en deuil
espacé
étiré
élevé
fausse-brize
faux-panicum
hérissé
humble
jaune
lisse
maigre
pâle
paniculé
puce
tardif
tomenteux
vésiculeux
La méthode authentique
consiste à ne rien faire de spécial. ( Tao Hsin VIIè s.)

vendredi, mai 15, 2009

Humus

.

humus anima spiritus
terre le vent esprit
soudain dans les herbes un vent frais
soudain dans les hautes herbes un vent frais
humus anima spiritus
soudain dans les hautes herbes un vent frais



tout s'écoule





le torrent le fleuve et la mer
fenêtre ouverte thé pensée poème
humilité humus homme terre
incline la tête vers l'humus
le salut notre salut
santé notre sainteté


le son de la pluie
sur la tôle
cesse


invité déférant reconnaissant disponible et vigilant
sans a priori ni préjugé
je brûle encens cigarette
assis calme de l'encens cigarette




arbre univers entier
manifesté
centré
arbre





les aulnes les saules
brume
mu des sons inarticulés
porte entrebâillée reflet buisson



finit
jour
commence
nuit
finit
nuit
commence
jour


opposés indissociables pôle d'un même
soleil hiver oublie

je suis

soleil 
fenêtre à l'Est
illumine



longue nuit
de la pluie
le sapin
le bruit



fenêtre
bois matin printemps
























.

jeudi, mai 14, 2009

au bord du lac

L.A. photographie & aquarelle, Annecy, mai 2009

pour ça

j'ouvre la fenêtre
et laisse entrer la pluie le pré.
Pourquoi ? Pour ça, et ça je suis.
°
L.A. Villard sur Doron, mai 2009

Pivoine aujourd'hui
l'impression inouïe
pivoine est moi à l'inspire
moi est pivoine à l'expire
au nom de la lumière de la terre et du vent
l'ennui n'est plus mon amour
le voyageur
limpide et immobile dans l'instant
il porte et il est porté
.
Aujourd'hui comme aux temps de Pline et de Columelle la jacinthe se plaît dans les Gaules, la pervenche en Illygrie, la marguerite sur les ruines de Numance et pendant qu'autour d'elles les villes ont changé de maîtres et de noms, que plusieurs sont entrées dans le néant, que les civilisations se sont choquées et brisées, leurs paisibles générations ont traversé les âges et sont arrivées jusqu'à nous, fraîches et riantes comme aux jours de batailles.
le feuillage comme toujours et partout
au-dessus des murs.
°
L.A. photographie, Campiello Barbaro, Venise, mai 2009
Là où la forme règne comme suprême simplicité
de la loi la plus féconde, là, c'est l'ivresse. ( Heidegger )

joie/attraction

Le Lac ( Touei ) le trigramme Touei est formé d'un trait brisé sur deux traits pleins. C'est mon préféré. " C'est l'esprit de l'eau qui s'accumule et s'étend. Ce sont, montant des lacs, des étangs et des marais, les vapeurs qui stimulent, fertilisent, enrichissent. C'est le plus amical et le plus apaisant des esprits. Le joyeux permet de trouver les mots justes, ceux qui inspirent, donnent confiance et envie d'agir. " L'idéogramme Touei évoque en effet quelqu'un qui parle, et si vous ne l'entendez pas, c'est que vous ne savez pas l'écouter.
Avec Ph.Sollers , passion fixe, folio
°

" L'homme prêt au changement doit avoir confiance,
les forces célestes le guideront. "
Là on devine le mouvement du temps à travers l'espace,
plus rien, juste une vibration de mutant.
°
L.A. photographie, le Grand Canal, Venise, mai 2009

mercredi, mai 13, 2009

Dernière Cène

chaise empaillée et nature morte sur la table
dernière Cène, peinture à l'huile sur toile
de Jacopo Tintoret, San Trovaso, Venise 1565
°
Le vin est accompagné par une offrande cérémonielle de céréales
le point de rencontre entre le ferme et le flexible
( avec le Yi-King )
°
Du goût de la vue de l'ouïe
une invitation polysensorielle
.
les secrets du Tintoret

mardi, mai 12, 2009

San Sebastiano


c'est l'église de Véronèse
°
Couronnement de la Vierge, entouré des quatre évangélistes
l'Annonciation, avec figures d'une Sibylle et de Saints
deux grandes toiles autour de Saint-Sébastien
.
Il est enterré là
Saint-Sébastien
Saint-Véronèse !
L.A. photographie, mai 2009
veilleuses rouges

trois roses blanches
autel
anges d'or
flambeaux
lys blancs
rosaire au ciel

Tiepolo
étourdissante institution du Rosaire
Oraison mentale et vocale
méditation et prière
Mystères
joyeux
douloureux
glorieux
et lumineux

J'entends
belle silencieuse inouïe lumière
mouvement sans fin de la vie
souffle universel
TaoDaoThéo
.
Il écrit
le ciel se dégage violet
Lune et Vénus lavées
l' acacia est immobile

je lis
un esprit d'aventure au-delà de toutes les aventures habite
Je
procède par illuminations successives
silence solennel

toutes les cloches
le grand arc du Canal
parfum ( jasmin )

J'entends
petite musique diffusion nuageuse
globe jaune orange
Je

note avant tout la respiration et le sommeil
Lui
il emprunte la personnalité de l'homme le plus rare
une extraordinaire ampleur
rapidité prodigieuse
étonnantes équations poétiques
déchirures ensoleillées
Le Voyageur
puisque je dois voir la vraie lumière comme elle est,
je dois l'être moi-même
sinon rien n'arrivera
Moi
écrire et copier pour entendre mieux
la nature est très belle
mondesoleil
Le Voyageur
regardez, bien-aimés, regardez, la vierge nourrit un enfant
par qui moi, elle et vous nous sommes nourris.
Moi
journée peuplée
calme
lucidité
excitation à peine
légère euphorie
longue promenade
mes pas les sens l'espace et le temps
le souffle la pensée le vol
marcher ici me réjouis

lundi, mai 11, 2009

L.A. encre & photographie, Canal Grande mai 2009

Girare il mondo

L.A. photographie, tunnel fenêtre
Zattere Venise, mai 2009

Amoureux


voyageur
promeneur
oisif
pèlerin
rêveur
égaré
incertain
transparent
forte tête
danseur
amoureux
amant du ciel qui pense de travers
et parle avec les morts
jette
l'ancre & l'encre en cet archipel
de mirages de fièvre et d'oeuvres d'art
Alma sol Venezia
promesses
promenades
des kilomètres d'espace peint d'une ville renversante
incurable
inguérissable
fichu
perdu
incorrigible

Santa Maria Gloriosa dei Frari

.













J'entre, et je sais que le coeur glorieux de la Sérénissime est là. L'Assomption rouge du Titien, au-dessus du maître-autel, me le dit d'emblée. Le tableau part dans tous les sens. Dieu ( c'est- à- dire ce peintre ) est assez fort pour nous tirer du mauvais pas et du bourbier de l'histoire. On en fait assompter une, celle là, et le tour est joué, le reste suivra (...) Ce que je regarde maintenant, ce n'est pas la " peinture ", mais la respiration globale et physique qui a pris tout ce temps-là dans cette apparence-là, dans ce site-là. La vision transformée en vue. L'ardente prière.
 
 
Philippe Sollers
dictionnaire amoureux de Venise
Plon
°
L.A. photographie ( détail) ; mai 2009
°




La gloire de celui qui meut toutes choses
pénètre l'univers, et resplendit
davantage en un point, et moins ailleurs.
( Dante, paradiso chant I)
.
.
.
.
.
..
.
.

L.A. encre & photographie, Venise mai 2009
Les vieux pouvoirs se lèvent et me reviennent
Grâce à ta bonté, ô soleil vénitien ! ( E.Pound )

Rio




variations reflets couleurs
d'un Rio peut-être le Pont ce Cà Balà ?

Trovaso


Rio San Trovaso église du même nom (XVII é s)
Squero des gondoles et travail du bois.
°
L.A. photographie, Venise mai 2009

dimanche, mai 10, 2009

Venise est le temps retrouvé


Tous les chemins de la vie de Proust et de la Recherche du temps perdu mènent à Venise. Venise est le temps retrouvé. Le titre général pourrait être La Recherche de la vraie Venise
.

" Chaque fois que je refaisais rien que matériellement ce même pas, il me restait inutile ; mais si je réussissais. Oubliant la matinée Germantes, à retrouver ce que j'avais senti en posant ainsi mes pieds, de nouveau la vision éblouissante et indistincte me frôlait comme si elle m'avait dit : " Saisis-moi au passage si tu en as la force, et tâche à résoudre l'énigme de bonheur que je te propose. " Et presque tout de suite je la reconnus, c'était Venise, dont mes efforts pour la décrire et les prétendus instantanés pris par ma mémoire ne m'avaient jamais rien dit et que la sensation que j'avais ressentie jadis sur deux dalles inégales du baptistère de Saint-Marc m'avait rendue avec toutes les autres sensations jointes ce jour-là à cette sensations-là, et qui était restées dans l'attente, à leur rang, d'où un brusque hasard les avait impérieusement fait sortir, dans la série des jours oubliés. De même le goût de la petite madeleine m'avait rappelé Combray. Mais pourquoi les images de Combray et de Venise m'avaient-elles à l'un et à l'autre moment donné une joie pareille à une certitude et suffisante sans autres preuves à me rendre la mort indifférente ? " ( Marcel Proust )

L.A. encre & photographie, Venise mai 2009
un temps sur le temps
je roule et ramasse Rio Ponte Calcina et S.Vio
pin parasol lumière cloches et beauté
rien ne dure sans jouissance...
Saint-Esprit-Saint
corps glorieux
vérité dans une âme et encore
allègements d'ascension d'envol et d'assomption
chérubins
" les chérubins aux jeunes yeux "

Fortune

.

 









deux Atlantes de bronze soutiennent la boule dorée où trône la Fortune de Bernardo Falcone. La Fortune varie, c'est une girouette, elle tourne avec les années et le vent !
°
La roue de fortune ( arcane X ) est l'arcane vénitien par excellence. Le hasard et la chance qui font et défont à leur guise, sans raison apparente, la réussite ou l'échec des peuples aussi bien que des individus. La roue évoque à la fois une loterie foraine ou quelque pièce d'horlogerie ; il s'agit d'un rouage de grande taille fixé sur un socle de bois et muni en son centre d'une manivelle que nul n'actionne, sans doute afin de suggérer le caractère invisible des forces qui gouvernent le destin.
°
L.A. photographie, Venise mai 2009
.
.
.
.
.
.

samedi, mai 09, 2009

Une invitation à l'ivresse


L'invitation au silence est ludique,
le temps se promène dans ses courbes
.
Depuis midi jusque dans la mi-nuit et au-delà,
jusqu'au lueurs brillantes de l'aube,
demeurer le convive lucide du banquet.
( Hölderlin)
°
L.A. photographie, la Dogana, le Grand Canal et la Salute, mai 2009

Pin parasol ouvert sur les " Zattere "
alliance Ciel Terre Mer
°
L.A. photographie, Venise mai 2009

Zattere


Nous sommes en plein sud. Le soleil se lève jaune à gauche et se couche rouge à droite. Souvent, par très beau temps, la lune et le soleil sont visibles ensemble dans une symétrie parfaite. Vénus brille, l'étoile des amants. En face la Giudecca et le Redentore. Un peu plus à gauche, San Giorgio. C'est samedi, les grands paquebots entrent.
Le quai, très large, a été construit à la suite d'un décret du 8 février 1516. En 1640, l'ordre a été donné de décharger là tout le bois. Comme les troncs descendaient par flottage ( zattera), charriés par le courant du Piave depuis les forêts du Cadore jusqu'à Venise, le long quai a été nommé " Zattere ". Il va de la pointe de la Douane jusqu'à la gare maritime. Un voyageur un peu expérimenté sait que c'est le plus bel endroit de l'univers.
J'ai vécu là, des semaines et des semaines, pour respirer et écrire, pendant quarante ans, dans le plus parfait incognito. D'un bateau à l'autre, d'une terrasse sur pilotis à l'autre, le matin très tôt, à midi, la nuit. J'ai traversé mille fois le pont de l' Umiltà, le quai des Incurabili, celui du Spirito Santo. Je ne compte plus les cafés bus au soleil contre le miroitement de l'eau et son battement régulier sous les planches. Le Linea d'Ombra a disparu, Aldo aussi, Gianni, La Calcina et la Riviera sont là. Chaque jour, matin et soir, la messe est dite et redite aux Gesuati, Santa Maria del Rosario. Passant, ou passante, allume ici un cierge pour moi. Je suis Incurable, mais peut-être que le Saint-Esprit me protège. L'Humilité devrait me faire pardonner mes erreurs. Et comme l'a dit bien meilleur que moi, en s'avançant sur le devant de la scène, pour signifier la fin du récit : " Let your indulgence set me free. "
°
Philippe Sollers
Dictionnaire amoureux de Venise
Plon
.
L.A. photographie, promenade sur les Zattere,
terrasse de la Calcina et Pont S.Vio, Venise, mai 2009

dimanche, mai 03, 2009

Petite planète !


" Qui a un corps apte au plus grand nombre d'actions, a un esprit dont la plus grande partie est éternelle. "
Spinoza
.
Manet : " Le Grand Canal à Venise".

samedi, mai 02, 2009

La phrase du pavillon doré


Faites jouer dans votre tête la phrase du pavillon doré, répétez la formule " à mon seul désir ", laissez -la s'infuser dans vos moindres envies, méditez bien son énigme et sa simplicité. Pas besoin d'aller loin pour qu'elle se mette à résonner. Un peu de temps, quelques gestes. Les échos de votre pensée font partie de votre pensée. Elle a lieu n'importe où. Et pourvu qu'elle soit gracieuse, pourvu que les rires ne lui tordent pas la bouche, c'est une mer de richesses que vous entendez venir avec elle, et se déployer, vague par vague, à vos pieds.
°
Yannick Haenel
à mon seul désir
Argol

vendredi, mai 01, 2009


Je lis une petite pancarte en forme de flèche
" vers la dame à la licorne "
mes pas l'escalier
entre dans la pénombre
et goûte là un ne sais quoi qui se trouve d'aventure
.
Vers midi je descends la rue Soufflot
et j'entre dans le jardin aux grilles dorées.
J'ouvre " à mon seul désir " et j'entends :
Réveillez vous - l'aventure.
Délicatesse secret poésie
oui maintenant
allonger les heures par l'infini des sensations.

Mais l'infinie fidélité des oiseaux...

.













Dés l'enfance, le royaume de leur chant et de leur vol ouvert comme un miséricordieux refuge ! Les déserts d'une âme sans voix soudain peuplés de leur voix, le poète racheté de son silence, quand la jubilation des alouettes émeut le ciel jusqu'à sa cime. Un seul merle dans la haie encore nue effaçait l'hiver. Et qu'une fauvette chante à l'aube, ivre, sous l'averse de juin, le noir greffier du petit jour, notre bourreau, cesse aussitôt de requérir, de torturer, se dissout et s'écoule au fil de l'ombre .

Leur fidélité, leur familiarité, leur pitié délicate ! Et leur détresse, parfois, soeur profonde de la vôtre. C'est elle qui fait d'eux vos messagers, nos guides, toujours prompts à prendre le relais de vos longs signaux exténués. Je n'ai pas su tout de suite vous entendre : nul ne le peut sans avoir vu se décanter lentement sa tristesse. Mais sitôt retrouvée une transparence, quel saisissement quand le bouvreuil dans le bosquet d'octobre, une flamme rose parmi les frênes aux feuilles noircies, m'a jeté son appel, cette plainte - la tienne, indubitable - qui console et déchire un coeur mal résigné à l'adieu ! Comme tu les aimais ! rappelle-toi le rouge-gorge cerné par la neige, au fond du temps jadis, dans le jardin perdu, son angoisse derrière la vitre aux pâles fougères de givre , l'arbre étrange où il nichait, ce dôme d'aiguilles impénétrables au gel, et son nom oublié, plus étrange encore. Remonteront-elles un jour de l'abîme temporel, ces syllabes ensevelies ? L' à jamais de ta voix tue se verra-t-il dénoué ?

Sans trêve, 
quotidiennement, j'interroge.



Gustave Roud
Air de la solitude et autres écrits
poésie/Gallimard
ill. Arbre aux oiseaux, miniature persane (détail), XIX e s. Ecole d'Ispahan

un grand merci à M.Z.

















.
Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.
Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

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