sol du rêve
qu’une hésitation
tomber
revient à s’élever
c’est
une vision
où
la vulnérabilité devient
une force ascensionnelle
celui
qui accepte de tomber
ne peut plus être abattu il ne fait que voyager
à travers ses propres
abîmes
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
sol du rêve
tomber
revient à s’élever
c’est
une vision
où
la vulnérabilité devient
une force ascensionnelle
celui
qui accepte de tomber
ne peut plus être abattu il ne fait que voyager
à travers ses propres
abîmes
terre jusqu’à l’éclair
boisée
où
la lumière
ne frappe qu’un instant
avant de se rendre
à l’ombre
la nuit en attente
chargée de racines et de feu
prépare le vertige du fruit
les forces contraires
le vertige du fruit
c’est
une vision de la patience
comme
une accumulation de forces élémentaires
avant de briller
il faut savoir brûler dans le noir
et s'enfoncer dans
le sol
seuil d’érosion
là où
un bord s'efface en continuant d'ouvrir
la forme cède
sans disparaître
elle devient le souffle qui hante le contour
la métamorphose du solide
le souffle et le contour
c’est
une vision
de la résilience poétique
ce qui se brise ne meurt pas
cela change simplement de règne pour devenir
atmosphère
nuages comme table de chaux
effervescents
le ciel en travail
blanchissant l’air
d’une pensée sans bord
où
le regard
boit lentement
ce qui se défait en lumière
l’œil devient le calice d’un adieu
c'est
une vision de la contemplation
comme
un acte de préservation
on accepte
la perte du monde physique en le transmutant en
une vision
intérieure lumineuse et éternelle
annotations sur l’espace non datées
le lieu n’est qu’une rature dans l’immobile
l'abolition du temps
la rature
J'aime l'idée que nos déplacements et les lieux que nous occupons
sont des tentatives maladroites
de marquer
le vide
c'est une vision de la géographie
comme
un brouillon permanent où s'efface la distinction
entre
ici et ailleurs
dans l’excès le peu est là
non comme reste mais comme noyau
ce qui tient
quand tout déborde
ce point de densité où le monde cesse d’ajouter
et commence à être
ce peu de ciel contre le trop de ciel
une retenue d’azur
assez pour voir
pas assez pour se perdre
ce peu de terre contre le trop de terre
une poignée qui pèse
assez pour tenir
debout
pas assez pour nous enfermer
surcharge de sens et soudain tout sens retiré
reste une clarté nue
sans appui
où l’on tient encore par le simple fait
d’être là
ciel couvre la phrase comme j’aurais poursuivi
non pour dire davantage mais pour laisser le mot
s’effacer sous l’ouverture
jusqu’à ce que parler
ne soit plus qu’un passage
dans l’air
par instant la langue elle-même l’inconnue
à quoi aucune parole
n’a préparé
un surgissement nu où dire revient
à écouter ce qui
commence
81