la disposition des matières
est nouvelle
l’originalité n’est pas l'invention mais l'organisation
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
silence stratifié
la pierre sait
ce que le temps oublie
rien n’y presse
tout y tient
un poids sans voix
fait loi
la fissure
est une mémoire
ce qui demeure
n’explique pas
la roche
ne promet rien
ce qui dure
ce qui cède
ce qui demeure sans témoin
7 janvier 2026
7 janvier 2026
Veiller
plutôt que monter
la route
sans sommet
un pas lucide
dormir moins
que le monde
la hauteur
en alerte
la route des sommieux ne mène pas aux sommets
mais à ceux qui veillent
elle serpente à hauteur de fatigue
là où le pas devient attentif
et le regard
intérieur
on n’y avance pas pour arriver mais pour rester éveillé
à ce qui tremble encore
sous l’habitude
la route n’est tracée nulle part
elle apparaît sous le pas
de ceux qui refusent
de dormir dans le sens donné
À portée de main
sans bord
le fini
qui insiste
un pas
et plus loin que soi
rien d’immense
tout profond
l’infini
à hauteur d’être
le proche infini ne séduit pas par grandeur
mais par insistance
il revient
non pour s’imposer
mais pour rappeler
que le réel est plus profond
qu’il n’y paraît
Col de Roche Plane janvier 2026
le proche infini n’ouvre pas sur l’illimité mais sur l’inépuisable
ce n’est pas l’absence de bornes
c’est la présence sans fond
il se loge dans le détail dans ce qui paraît fini
et refuse pourtant de s’épuiser
un regard
une pierre
un mot juste
de reflet en reflet le désir infini d'un infini désert
jeudi 8 janvier 2026
Froid
le froid retire les ornements
il suspend la séduction c’est-à-dire l’appel facile des formes
quand le monde ne promet plus
il ne reste que sa tenue nue
être là sans charme sans excuse
le froid est une épreuve ontologique
il force le réel à coïncider avec lui-même
dans le froid
le monde
ne plaît plus
il tient