jeudi, janvier 31, 2019








rêve et souvenir 

mais

doucement









parle la voix de la beauté


elle

ne se glisse

que dans les âmes les plus 

éveillées






































La 
Polygraphie du 
Cavalier 
















il s'agit 
de faire parcourir 
à 

un 
cheval 
les 64 cases 
de l'échiquier sans 
jamais s'arrêter plus 
d'

une fois 
sur la même case



la faculté de saut inhérente au 

Cavalier 

rend 
ce dernier 
très efficace 
dans les positions 
fermées

un 
Cavalier 
au bord est 

un 
Cavalier mort 

A knight on the rim is grim




l’
échec 
peut nourrir 

une vie
lui donner du sens


l’œuvre se fait rarement dans la réussite
le manque lui est 
nécessaire





































M.

Ermolenko


ici































j'aime le café

*





































elle 
passe sa jeunesse 
dans 

un 
environnement musical 

perception 
de l’espace et du rythme










elle 
découvre la calligraphie à Taïwan puis 
s’installe en 
Chine

de nouvelles 
voies de pensées se sont ouvertes

il 
ne s’agit 
plus d’imiter ou de 
s’inspirer
mais 

d’enrichir 
son esprit de l’art

de continuer à se transformer






































la
fin d’un monde
le chemin de fer s’arrête là
après c’est
la ...


*









elle 
perçoit  
la réverbération  
d’

un 
noir sauvage

de 
chute en chute
il se dégrade jusqu’à blanchir 
en 

une 
clarté fade
auprès de qui 
les ténèbres sont l’éclat


elle 
observait 
en se mordant nerveusement 
la lè̀vre

plusieurs fois de suite

elle 
ouvrit et ferma les yeux

elle 
n’osait plus bouger

elle
était devenue
immobile silencieuse alignée 





























mercredi, janvier 30, 2019



5

les mortels croient que les dieux sont nés 

comme eux

qu'ils ont des sens

une voix

un corps 
semblable aux leurs 

















6

mais

si les bœufs ou les lions

avaient des mains

s'ils savaient dessiner et travailler

comme les hommes

les bœufs feraient des dieux semblables

aux bœufs

les chevaux des dieux semblables

aux chevaux

ils leur donneraient des corps

tels qu'ils en ont

eux-mêmes




































Ezra Pound

n'a-t-il pas été précédé par le brésilien

Joaquim de Sousa Andrade

1867-1884

avec son prémonitoire 

O inferno de Wall Street ?





*



avec 
ma liberté et mon 
désordre

tout est nouveau 

pour qui sait regarder avec

un
œil neuf



Guesa
après avoir traversé les Indes occidentales, 
se croit débarrassé

des Xeques et pénètre dans la Bourse de New York

la voix  du désert

Orphée  Dante Énée au diable

descendus  l'Inca montera

 ogni sp'ranza lasciate

 che entrate…

 Swedenborg

le destin de nouveaux mondes présage-t-il?



Xeques 
souriantes apparaissent 
déguisées en gestionnaires de chemins de fer

Stockjobbers  Pimpbrokers  etc...

pleurant

Harlem! Erie! Central! Pennsylvanie!

Million! Cent million!! Des milliards !! Lucre!!!

Young est Grant! Jackson

Atkinson!

Vanderbilts Jay Goulds comme des elfes!




The Voice
mal entendu au milieu de l'agitation 

la folie de Fulton
la falsification de Codezo …

la fraude pleure le chahut de la nation

ils ne saisissent pas d'odes

chemins de fer

le parallèle de Wall Street à Chatham…




les courtiers passent 

pygmées, frères Brown! Bennett! Stewart!

 Rothschild et cet Astor aux cheveux roux !!

= Géants  esclaves

si seulement les ongles donnaient

hors des flots de lumière

s'ils finissaient le désespoir! ..




Norris  avocat  Codezo  inventeur

Young   Esq.  Gérant  Atkinson

agent  Armstrong  agent  Rhodes

agent  P. Offman & Voldo

des agents   brouhaha, 

mirage   au milieu  Guesa 



Deux! Trois! Cinq mille! Si vous jouez

Cinq millions  monsieur  recevrez-vous

il a gagné! Hah! Haah !! Haaah !!!

hourra! Ah!…

ils ont disparu… étaient-ils des voleurs? ...





J. Miller sur les toits du wigwam 
de Tammany dévoilant le manteau garibaldien 


sanguinaires! Sioux! Oh Modocs!

à la maison blanche! Sauvez la nation,

des juifs! du dangereux

exode de Goth!

de la conflagration immorale!





reporters

Norris  les lois bleues du Connecticut!

 Clevelands  avocat-Cujás

 en zèbres contraints

 ordonné

deux par deux à cent Barabbas!




Amis des rois perdus 

Humbug de chemins de fer et le télégraphe

le feu du ciel je souhaitais large et loin

pour voler  enflammer le monde

et au-dessus  il soulève

pour toujours l' étoile étoilée!





un soleil rebelle fondant un centre planétaire 

George Washington  etc. etc.

répondez au Royal-George-Third.

déposer!

Seigneur Howe  dis-lui  fais

je suis royal aussi…

et ils ont cassé le nez de l'anglais






satellites saluant les rayons de Jove 

Salutations de l'univers à sa reine

en ce qui concerne la libération sous caution

les patriarches donnent une aubaine…

avec un roi libéral

une pire chose

ils ont fondé l'empire de la lune





journalistes

 un rôle désolé sur terre qu'ils jouent

Rois et poètes  l'aristocratie du ciel

et Strauss valser

en chantant

à l'hippodrome ou au jubilé






les courtiers trouvent la cause 
du krach boursier de Wall Street 

sortir Sir Pedro  Sir Grant

Sir Guesa  marin courageux

avec des talles d'or

ils endurent

la lande

apaisée par les vagues turbulentes





procession internationale
le peuple d’Israël  les Orangiens  les Féniens

Bouddhistes  Mormons  Communistes

Nihilistes  Pénitents

Grévistes de chemin de fer
Tous courtiers
Tous emplois
Toussaint  Tous-diables
des lanternes  de la musique  de l'excitation

Reporters à Londres

le meurtrier
de la Reine passe et à Paris
le Lot
le fugitif

de
SODOM

dans le Saint-Esprit des esclaves

un seul empereur renommé

dans celui de la libre  vers

sens inverse,

Tout comme Seigneur est couronné!


les sorcières du roi Arthur et 
Foster the Seer sur Walpurgis de jour 

quand la bataille est perdue et gagnée

ce sera avant le coucher du soleil

Paddock appelle: Anon!

la justice est imbecile l'imbécile est juste

survolez le brouillard et l'air sale!



Swedenborg répondant plus tard 

les mondes futurs existent

les républiques

Christianisme  cieux

Lohengrin.

les mondes présents sont latents

brevet

Vanderbilt-Nord Sud-Seraphim



Au rugissement de Jéricho
Hendrick Hudson s’échoue

les Indiens vendent l'île hantée de Manhattan

aux Hollandais

la demi-lune  proue vers la Chine

Careening à Tappan-Zee…

Hoogh moghende Heeren…
Prendre alors
Pour soixante florins … Ouais ! Ouais





Photographes-stylographes, 
droit sacré à la légitime défense 

a la lumière de la voix humanitaire

pas haïr  plutôt conscience  intellection

pas de pornographie

la prophétie d'Isaïe

dans la vivisection biblique!






Freeloves procédant à voter pour leurs maris 

parmi les Américains

Emerson seul

ne veut pas de présidents

Oh bien jugé

États

améliorer pour vous  pour nous

pour moi!




visions apocalyptiques… calomnieuses 

car la bête ayant des pieds d'ours

en Dieu nous croyons que c'est le dragon

et les faux prophètes

Bennetts

Ton

évolutionniste et théologien!




WASHINGTON  aveuglant à cause d'eux 
Pocahontas sans rendez-vous 

aux ours affamés   un chien enragé!

que ce soit! après le festin  apportez des festons! ..

tendre Lulu

pleurer et vous

donne du miel aux  ennemis

aux abeilles?



nez guatémaltèque
incurvé dans le flambeau de Hymenee
Dame-Ryder

cœur
sur les vitres
empoisonnées du pudding
de mariage
trop noir

Caramba! yo soy cirujano

un jésuite… Yankee… industrialisme !

Job … ou caverne hantée

Taverne



































ce qui 

de nos jours est exigé

du penseur

ce n’est rien de moins que d’avoir

à se tenir

constamment au sein des choses

et

à l’extérieur des

choses












le geste 

du baron de 

Münchhausen

qui prétend se tirer lui-même 

par les cheveux hors du marécage 

où 

il est embourbé



tel est 
maintenant 
le paradigme 
de toute connaissance 
qui veut échapper au dilemme 
qui ferait 
d’elle 

soit 

une 
constatation

soit 

un projet

































un miracle 
un signe une force


voilà bien l’éternel et beau rire

le rire 
éclatant de la nature sur le squelette 
des choses



chaque 
tristesse est là pour 
couvrir 

un miracle

















que suis-je 
de plus que ton chiffre

un signe 
entre autres de ta vie




nous 
savons que 
nous ne sommes pas 
seuls




la poésie est sans appartenance



Paolo
est 

une 
force 
du Passé

tout 
son amour va à la tradition

il vient

des
ruines
des églises
des retables d’autel
des villages
oubliés

des
Apennins
et des Pré-alpes
où ses frères ont vécu


je vis
maintenant



































il 
n’y a 
pas 

de
projet
ni de programme
ni même d’idée directrice

rien
à dire ni
à chercher

il n’y a 
longtemps rien

rien 

sinon 
le sentiment flou que 
cela...












des
copeaux
d’expressions

bribes
d’intentions décousues
fragments flottants

j’enregistre en vrac

embrayeurs hypothétiques
aussi translucides que des crevettes 


il 
arrive 
que ces notes
s’égarent ou s’engloutissent 

un jour
une lecture 

l’étincelle 

une autre émotion

ça 
prend 
ça coagule

tout 
s’agence et se complète 


une disponibilité sensible
une humeur appropriée
une écoute fine 
une formule notée 

un 
incipit 
crépitant 
qui allume sa fraîche évidence à l’esprit

un coup
sans crier gare

une 
seule venue 
à peine amendable




J’aime 
ces coulées 
ces processus 
d’agglutination inopinée 

un rythme

le 
donné 
et le décidé


formulations 
idiosyncrasiques 
constructions conscientes 



l’inconscient 

est 

une ruse 
qu’il faut apprivoiser


































La philosophie au sens large 

Minima moralia (1951) d’Adorno est un ouvrage singulier et inclassable, une sorte de journal philosophique écrit entre 1944 et 1947. Le matériau en est souvent biographique, des souvenirs et des observations, se faisant parfois enquête ethnographique sur des types humains voire même sociologie comparée des Etats-Unis et de l’Europe. Il est hanté par des personnages littéraires, dialogue avec des ouvrages philosophiques et des œuvres d’art, des chansons populaires et des contes. 

présentation des Minima moralia d’Adorno

par Katia Genel


































plus 

la vie elle-même devient

stéréotypée

plus 

le stéréopathe se sent dans

son droit

et

voit

son schéma de pensée

confirmé

par 

la réalité








la

communication de masse

moderne

modelée sur la production industrielle

diffuse


un 
système 
de stéréotypes 
qui lui permettent 
à tout moment d'avoir 
l'air à la page 

et 

très bien informé






























réflexions sur la vie mutilée


leur

société de masse

n'a pas seulement produit la camelote

pour les clients

elle a produit les clients

eux-mêmes



la
délicatesse
entre les êtres
n'est rien d'autre que
la conscience que sont possibles
des relations affranchies de finalités utilitaires


Minima Moralia 




































le 
système n'est
pas 


celui de  l'esprit absolu

mais 

celui de  l'esprit le plus

conditionné


de ceux qui en disposent

et

ne peuvent même pas savoir

à quel point c'est

le leur











le
cheval
en sait davantage
sur les héros que les héros
eux-mêmes































mardi, janvier 29, 2019








J’ai dit oui  pleinement









Ô 

à l’éclair



que 
s'envole 
ma paille que 
reste mon grain  

pur et net


la 
poésie
est 

un 
livre
une lettre

une fable 
ou tout autre terme 
dont vous voudrez la nommer

en 
supposant 
que 

nous 
y connaissions toutes les lettres 
aussi bien que 
possible

nous 
pouvons 
épeler et prononcer tous 
les mots

nous 
connaissons 
même la langue 
dans laquelle c'est écrit



tout 
ceci est-il bien suffisant pour 
comprendre 

un 
livre et porter 

un 
jugement 
sur lui

pour en faire 

une 
caractérisation 
ou 

un
résumé

il 
faut plus 
que de la physique 
pour interpréter la poésie


la physique 
n'est rien que l'alphabet

la 
poésie
est 

une
équation 
de grandeur inconnue

un 
mot hébreu 
qui est écrit avec 
de simples lettres  auxquelles
l'entendement doit rajouter les points











































le signal 

D5 

donne
la priorité aux véhicules dans
l'anneau



*







les 
luttes 
se suivent
mais tout est 
vain 

Xu Lizhi


*



Beaufort

se 
retirer 
dans


un
fromage




il 

me suffit 

d'écouter le vent pour savoir 

si 


je suis  heureux



































ce que je dis là n'est en rien

nouveau

aussi bien n'est-il nullement permis

à qui pense

de se livrer au plaisir de tenter

de dire

des choses nouvelles



trouver et découvrir du nouveau

est l'affaire

de la recherche et de la technique









la tâche de la pensée en son

essence

n'est jamais que de dire le même

l'ancien

le plus ancien

l'initial

et de le dire de façon

initiale


premier



primitif
élémentaire
originaire
primaire
naturel
inné
fondamental
originel
primordial
commençant
débutant
original
rudimentaire
sigle






























7

Liberté

elle est venue par cette ligne blanche

*

elle passa

elle passa les cimes des pins

elle passa le degré le plus élevé

le paroxysme 

l'apogée


son verbe
la toile où s'inscrivit 
mon souffle







elle 
est venue
cygne sur la blessure 
par cette ligne blanche


*



7

ligne
blanche
cygne et blessure


visage nuptial




































note-glissée / note-rapide

l'être 
se donne initialement dans 
la parole

le temps





dans 
être et temps
aussi étrange que cela puisse
paraître

est
le nom donné
au

fondement 

initiale
de la parole

être et parole


le 
commencement 
de l'histoire essentielle 
de l'occident y est éprouvé 
de façon plus
originaire





























l’
aptitude 
à l’angoisse 

et 

l’
aptitude 
au bonheur 

sont 

une 
seule 
et même chose 

une 
ouverture 













sans réserve
jusqu’au sacrifice de soi

à 
l’expérience 
où celui qui succombe 
se retrouve


que 
serait le bonheur 
qui ne se mesurerait pas à 

l’incommensurable tristesse de ce qui est ?


*





A
la confidence 

A
la vanité

A
la candeur

Aux 
prophètes 

Aux
virtuoses


rappelons 
sans nous lasser
que l'expérience continue





































entre 
le Grand-Mont 
et le lac Tournant

c’est l’histoire 
d'

un 
chamois 
qui se régalait 
de lichens et de mousse





il fut 
abattu par le chasseur 

et

s’apercevant 
qu’il était encore en vie

il s'enfuit



c’est 
plus tard seulement 
que je compris la leçon 
de cette histoire  


la 
raison 
ne peut résister 
que dans le désespoir et 
dans l’excès 


il 
faut 
de l’absurde 
pour ne pas être 
victime de la folie 
objective


je 

devrais 
donc faire comme le 
chamois

quand 
le coup part
tomber bêtement et 
faire le 
mort

reprendre
mes esprits et
si 

j'ai 
encore du souffle

filer


*



le paradis 

est 

un 
rêve animal


on
aura beau
m’entourer de
filets d’heures inutiles

on
ne m’aura pas

on
n’aura pas
le plus petit morceau
de moi


sois tranquille































119

c'est 
l'attitude de l'homme qui façonne 
son destin

*

le fond de l'homme est divin


*



Héraclite observe 













que c'est l'homme 
par sa manière d'être habituelle  

par son attitude 

qui fait tout le travail lui-même



nos 
actions sont passées

mais 

nous 
portons notre attitude partout 
où nous allons



l'acte et sa rétribution sont les manifestations de l'attitude de l'homme  même si nous ne le voyons pas toujours clairement


dès que l'on a saisi cela  on cesse de calculer et on questionne son attitude  principalement à savoir si elle reflète l'Unique ou si elle se réfère à l'idée  avec plus ou moins de véhémence  à l'idée d'être quelqu'un 



c'est 

la vision que l'on entretient 
qui façonne les pensées 
qui elles façonnent 
les actes
































et comme une flèche 

qui frappe la cible

avant que la corde soit immobile

ainsi nous courûmes

au second royaume




là je vis 

ma dame si joyeuse

quand elle se mit dans l'éclat de ce ciel

que la planète en devint

plus brillante








*

second royaume  le ciel de Mercure
































lundi, janvier 28, 2019



DORMIRA JAMAIS 

A.B

































mon âme 

s’évanouissait peu à peu 

comme 


j'

entendais 

la neige s’épandre

faiblement sur tous l’univers 



comme 

à la venue de la dernière heure 

sur tous les vivants et 

les morts




***






tout est près

les pires conditions matérielles sont excellentes

les bois sont blancs ou noirs

On ne dormira jamais


































James Joyce

Le Mort

Des 
larmes 
de générosité
lui montèrent aux 
yeux. 














Il n’avait jamais rien ressenti d’analogue à l’égard d’aucune femme, mais il savait qu’un sentiment pareil ne pouvait être autre chose que de l’amour.

Des larmes coulèrent de ses yeux, et dans la pénombre il crut voir la forme d’un jeune homme debout sous un arbre, lourd de pluie. 

D’autres formes l’environnaient. 

L’âme de Gabriel était proche des régions où séjourne l’immense multitude des morts. 

Il avait conscience, sans arriver à les comprendre, de leur existence falote, tremblotante. 

Sa propre identité allait s’effaçant en un monde gris, impalpable : le monde solide que ces morts eux-mêmes avaient jadis érigé, où ils avaient vécu, se dissolvait, se réduisait à néant. 

Quelques légers coups frappés contre la vitre le firent se tourner vers la fenêtre. 

Il s’était mis à neiger. 

Il regarda dans un demi-sommeil les flocons argentés ou sombres tomber obliquement contre les réverbères. 

L’heure était venue de se mettre en voyage pour l’Occident. 

Oui, les journaux avaient raison, la neige était générale dans toute l’Irlande. 

Elle tombait sur la plaine centrale et sombre, sur les collines sans arbres, tombait mollement sur la tourbière d’Allen et plus loin, à l’occident, mollement tombait sur les vagues rebelles et sombres du Shannon. 

Elle tombait aussi dans tous les coins du cimetière isolé, sur la colline où Michel Furey gisait enseveli. 

Elle s’était amassée sur les croix tordues et les pierres tombales, sur les fers de lance de la petite grille, sur les broussailles dépouillées. 

Son âme s’évanouissait peu à peu comme il entendait la neige s’épandre faiblement sur tous l’univers comme à la venue de la dernière heure sur tous les vivants et les morts.



Extrait de 

Le Mort 
in Gens de Dublin, Paris, Plon-Nourrit, 1926. 
Traduit de l’anglais par Yva Fernandez, 
Hélène Du Pasquier, 
Jacques Paul Reynaud.

Préface de de Valéry Larbaud.

édition en langue originale 1914 

































S’adressant
à l’électeur d’Emmanuel Macron,
François Bégaudeau fait la somme des
aveuglements qui le font se prendre pour un
progressiste de pointe là où il n’est
qu’un conservateur
de base.

Tu es un bourgeois.


Mais 

le propre
du bourgeois,
c’est de ne jamais
se reconnaître comme tel.



Petit test  :












Tu
votes
toujours
au second
tour des élections
quand l’extrême droite
y est qualifiée, pour lui faire
barrage.


Par
conséquent,
l’abstention te paraît
à la fois indigne et incompréhensible.


Tu
redoutes
les populismes,
dont tu parles le plus
souvent au
pluriel.


Tu
es bien
convaincu
qu’au fond les extrêmes
se touchent.


L’élection
de Donald Trump
et le Brexit t’ont inspiré
une sainte horreur, mais depuis
lors tu ne suis que d’assez loin ce qui
se passe aux Etats-Unis et en
Grande-Bretagne.


Naturellement
tu dénonces les conflits d’intérêts,
mais tu penses qu’en voir partout relève
du complotisme.

Tu
utilises
parfois (souvent  ?)
dans une même phrase
les mots racisme, nationalisme,
xénophobie et repli
sur soi.

Tu
leur préfères
définitivement le mot
ouverture.


Si
tu as
répondu
oui au moins une fois,
ce livre parle
de toi.

Prends
le risque de l’ouvrir.



François Bégaudeau
Histoire de ta bêtise
Pauvert

janvier 2019

































j'aime écrire





































elle 
décida 

un jour 
que sa vie tout 
entière serait organisée
autour 
d'









un 
projet 
unique dont la nécessité arbitraire 
n'aurait d'autre fin 
qu'elle-même



cette idée 
lui vint alors qu'elle avait 
vingt ans

ce fut d'abord 


une 
idée vague
une question qui se posait 

que faire ? 

une 
réponse 
qui s'esquissait 

rien





































hallucination   n'est pas    illusion














j'eus l'illusion de voir 

un fantôme

c'était le rideau agité par le vent

=

mes sens
percevaient 
quelque chose de réel

mais

je l'interprétai mal



elle 
voit partout des fantômes

elle a des 
hallucinations

=

ses sens ne perçoivent

rien de réel

ses sensations sont maladives


*



8

° huit     dites le/huit'

prononcez

cent/hui/francs   mais di z'uit' ans


° 
signale un h consonne
qui fait obstacle à l'élision et à la liaison avec
le mot précédent






























dans l'eau 
d'

une parole

la 
seizième lame de ce 
cube 











tu 
descends la branche verbale 
du temps 

tu en
es la torche



une 
rue de banlieue
la nuit
entre des terrains vagues

A
droite

un 
pylône 
métallique 
dont les traverses 
portent sur chacun de 
leurs points d’intersection 

une 
grosse 
lampe électrique allumée



gauche

une
constellation 
reproduit  renversée
base au ciel et pointe vers la terre

la forme exacte du pylône


le ciel
est couvert de floraisons
bleu foncé sur fond plus clair

identiques
à celles du givre sur

une vitre































dimanche, janvier 27, 2019



imaginons 

un 
homme 

dont 
la fortune 
n'aurait d'égale que
l'indifférence à ce que 
la fortune permet généralement

et 
dont 
le désir 
serait beaucoup 
plus orgueilleusement 

de 
saisir
de décrire
de découvrir
de comprendre
de repérer

d'épuiser






non 
la totalité du monde 

projet 
que son seul énoncé suffit 
à ruiner

mais 

un 
fragment 
constitué de celui-ci 



face 
à l'inextricable incohérence 
du monde

il 
s'agira alors d'accomplir 
jusqu'au bout 

un 
programme
restreint sans doute 
mais entier intact irréductible


































j'aime le jazz

*


































encadrée 
de 

fleurons modern-style 
et d'ornements en guirlande

est donnée

une
recette 

de

mousseline aux fraises

ou

mousse aux fraises















laver

et

équeuter

les fraises


les
passer au mixeur
avec

le
sucre

et

réserver au frais


battre les blancs en neige





dans 

un 
saladier 

mélanger 

le coulis 
et la crème préalablement 
fouettée



ajouter doucement

les blancs de neige à la préparation

dresser dans des verrines

réserver 1 heure



au 
moment de 
servir

placer

une 
grosse fraise 
sur chaque mousseline
































Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.
Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

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" " (3x4) * & 12 14 24 3X3 4 5 64 64 fleurs de montagne 8 80fleurs A.a.H A.L. A.R7 A.S. 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Eco Ecosse écritures Edmond Jabès elle Elles Ellul encres et musique Encres et peintures EnSof EPE épiphanies EPLA ESE ESPA Espitallier essais Etel Adnan Etna étoile Eucharistie Euler évangile Eventail Exergue F.A. F.O faits FAJ Faune Fayçal feu Films FiniSol Finkielkraut FIVE Flore FNAR Foligno Foucault Fourcade Fractales Fragme Fragments France François Cheng Fugue Fuji G.C.L. G.Luca Gary Snyder GB GEGO genese Genji Gervais Gif Giffard Giovannoni Girard Giroux Gizzi Gleize GMH Gobenceaux Godard Goethe Gombrowicz Gongora Grâces Gramm gris Guesdon Guyau Guyotat GWFH H H.D. Hadot Haenel haïku Hamish Fulton Hamon Harms Hart Crane Hausmann Hegel Heidegger Henri Michaux Henri Thomas Herbes Herta Müller Heures hexagrammes Hikmet Hillesum Hiroshi Yoshida Histoire HO Hocquard Hölderlin Houellebecq HR. Hubin Huguenin Hymnes orphiques I remember I.P-B. ici il Illuminations ILVLA ilya immédiatement imperceptible Impresses Index Infini Infinitif Insectes installation Internet Interrompre Irwin Ishihara Issa italiques Ivsic J-P Michel J.J.F.W. J.J.U. Jaccottet jaime Jakobson Jardin JBE JCERDM JE Jean jean Daive Jesuis jeu JHN Jirgl John Cage Jouffroy jour jour17 Journal Jours jours17 Juarroz Jullien K.G K.K Kafka Kaplan Kapoor Kawara Kay Ryan KDCN Kenneth White Kerouac Khlebnikov Kiarostami Koons Koshkonong Kosuth KOUA L.D. L.R.des Forêts L'EI La Croix La parole de l'autre La vie de la montagne labyrinthe lac Lacs Laforgue Lagopède LALELES LAME Lapiaz Laporte Roger Larry Eigner Laugier Laurent Margantin LBA LDB LDMC Le Clézio Le Livre Le poème LECLA Lectures Lee Ufan Leibniz Leibovici Leili Anvar Les eaux Les empereurs Les fils Les oiseaux Lespiau Lessing Lettres Lex1 lex2 lex3 lex5 lex8 Lexie LFDH lieux Lieux-source Ligne7 lignes Lionel André éclats Lionel André éditions Lionel André encres Lionel André photographies Lionel André randonnées listes livrelit LJDP LLDO LLDP LLDQ LO LOAN LOGOS London Lorand Gaspar Lorenzo Menoud Louise Bourgeois LSDS LSDV LSMT LTO Lune Lus & Mus LVMDE Lyn Hejinian Lynn Schwartz M M.Caron M.Craig-Martin M.S.M M.Trinité Ma Macedonio Fernandez Machado Maestri Maggiore Maïakovski Mains Mais Mallarmé Malrieux Mandalas Mandelstam Manganelli Manifeste Manon Manzoni Map Marcheurs Marelle Martin Ziegler Marx Masao Yamamoto Matinaux Matsui Matta-Clarck Mauguin MBO MCH MDLF MDOU mémoire Memories Merci Merton Thomas messages Métaphysique Metro MFRC Michon micro Millet Mina Loy Miura ori MJNYCR Monosyllabes Montagnes et Glaciers Montagnes poèmes Montaigne Montale Moore Morris mots Moving mp3 MPUSPM Murs et Fenêtres Muscle Musil Musique MWLG Nagori Nancy Napoli Narnia Nathaniel Tarn Nature Nauman Neiges Neil Mills Nerval neuf Nice Niedecker Nietzsche Noguez Noir nOmbres Notes-Book Notes-Rapides Nouveautés Novae Novalis Novarina NP Nuages Nuits O.Pé objets Objets d'Amérique Octaèdre ODSI Olivier Cadiot OM ON Opalka Oph. 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