vendredi, novembre 28, 2008

La fleur de sapience

Alchimie de Nicolas Flamel
°
Nicolas Flamel dans son livre magique le désir désiré (1414) propose une définition de l'alchimie :
°
" C'est une science qui est nommée fleur réelle ou fleur de sapience, par laquelle est rectifié l'entendement humain par force d'expérience au regard de l'oeil et de rurale connaissance, comme il soit ainsi que telle expérience ne peut souffrir nulles probations fantastiques, mais donne voie pour entrer vivement en toute autre science en montrant à l'entendement comme on peut entrer aux vertus divines qui moult sont à celer, et ainsi par nature entendons ce qui est de vérité, dont plusieurs pensent que ce ne soit rien."
°
L' alchimie selon André Breton :
°
" Cette lumière ne peut se connaître que trois voies : la poésie, la liberté et l'amour qui doivent inspirer le même zèle et converger, à en faire la coupe même de la jeunesse éternelle, sur le point moins découvert et le plus illuminable du coeur humain ."

jeudi, novembre 27, 2008

auprès de la Tour Saint-Jacques

L.A. photographie, Paris Oct.2008
°
Dans Arcane 17, Breton fait intervenir Nicolas Flamel, à la suite d'une flânerie auprès de la Tour Saint-Jacques : " Il est certain que mon esprit a souvent rôdé autour de cette tour, pour moi très puissamment chargée de sens occulte, soit qu'elle participe de la vie doublement sous roche ( une fois parce qu'elle a exercé comme nulle autre la sagacité des hermétistes) de l'église Saint-Jacques de la boucherie, soit qu'elle bénéficie de la légende des retours de Flamel à Paris après sa mort. "

Lumineuse Christine Lagarde

ministre de l'économie et de l'emploi
°
" La France est un pays qui pense (...) Nous possédons dans nos bibliothèques de quoi discuter pour les siècles à venir. C'est pourquoi j'aimerais vous dire : assez pensé maintenant, retroussons nos manches "
Extrait du discours prononcé le 10 juillet 2007 à l' Assemblé Nationale.
,
Bonsoir !
?
source Guy Tournaye ici

On va dormir beaucoup, c'est nécessaire.

Dormir et encore dormir, c'est la meilleure façon de leur échapper, et le plus possible d'un sommeil sans rêves. Car ils s'infiltrent aussi dans vos rêves, ils vous parasitent, vous tordent, vous imposent leurs voix. Bribes chuchotées, martelées, conneries, éclats, obscénités, refus, reproches, arrestations, interdictions, ordres. Impossible de les faire taire, le silence serait pour eux un poison. Ils se défendent, vous bousculent, vous attaquent, vous cognent. Vous vous croyez seul, mon oeil. Votre chambre est remplie d'échos, les caméras sont là, les murs craquent, votre lit est électrique, la vermine monte dans les rideaux. " ici ! " " là ! " " vous ! " " toi ! " Drôle de banlieue sans fin, drôle de trame.

- tu es fou ?
- Un peu.
°
Philippe Sollers
L'étoile des amants , Folio 4120

ici critique Alice Granger

La force de dormir

Je veux dormir ! dormir plutôt que vivre !
Dans un sommeil aussi doux que la mort,
J'étalerai mes baisers sans remord
Sur ton beau corps poli comme le cuivre.
" Le Léthé "
Baudelaire
°
Mais c'est l'ensemble des fleurs du mal que, dans un des derniers projets de préface du recueil, Baudelaire souhaite placer sous l'emblème bizarre de ce désir d'un sommeil absolu, non artificiel et non naturel. Ni les drogues humaines, ni " la pharmaceutique céleste " n' en possèdent le secret, qui repose entièrement dans le coeur de l'homme. La douleur de vivre et l'échec d'une carrière y trouveraient leur réparation, liée à la conscience d'avoir écrit quelques beaux vers, et l'on ne peut s'empêcher de penser que les poèmes doivent être lus en tenant compte de cet aveu final :
°
" Je n' ai le désir ni de démontrer, ni d'étonner, ni d'amuser, ni de persuader. J'ai mes nerfs, mes vapeurs. J'aspire à un repos absolu et à une nuit continue. Chantre des voluptés folles du vin et de l'opium, je n'ai soif que d'une liqueur inconnue sur la terre, et que la pharmaceutique céleste elle-même ne pourrait pas m'offrir, - d'une liqueur qui ne contiendrait ni la vie / vitalité ni la mort, ni l'excitation, ni le néant. Ne rien savoir, ne rien enseigner, ne rien vouloir, ne rien sentir, dormir et encore dormir, tel est aujourd'hui mon unique voeu. Voeu infâme et dégoûtant, mais sincère. "

mercredi, novembre 26, 2008

Cette heure indicible

à quatre heures du matin, l'été, Rimbaud se lève en même temps que le soleil, le sommeil d'amour dure encore. C'est entre nuit et jour, sous les bosquets l'aube évapore l'odeur du soir fêté, la première s'achève, mais le second n' a pas encore vraiment paru. Ce que le poète ressaisit là, c'est l'éveil, moment priviliégié de création et d'espoir, en attendant le bain dans la mer, à midi.

Le sommeil, objet de pensée


°
Trop naturel, le sommeil : on n'y prête guère attention. Ou bien c'est qu'il se détraque, et l'on demande à la médecine de nous le rendre aux moindres frais. Le sommeil - à la différence du rêve - fut-il jamais pris pour objet de pensée ? Devint-il matière à élaborations littéraires ? Comme une eau, on voit au travers ; son départ laisse à peine un scintillement... à la surprise du lecteur, l'essai de Pierre Pachet révèle que le sommeil est partout présent dans la littérature. Il s'insinue dans maintes oeuvres où jamais nous ne l'avions remarqué. Il est vrai qu'il y paraît moins comme un thème tout offert que par éclipses, tensions, retraits. La paradoxale " force de dormir " qui donne accès au sommeil, il faut en être privé pour en percevoir l'existence. Lui-même au travail, le sommeil fait oeuvre dans les poèmes de Baudelaire, dans les proses de Nerval, dans les extraordinaires récits de Platanov. Pour déceler cette puissance poétique du sommeil et les conditions- social, historiques - de son apparition, il fallait une attention insomniaque.
°
Pierre Pachet
la force de Dormir
essai/Gallimard

Vous connaissez la nouvelle ?

Héron blanc
Audubon
°
- Vous connaissez la nouvelle ?
- .....
- Incroyable ! inouï ! Apocalyptique ! Dément !
- .....
- Terrifiant ! Monstrueux ! énorme ! Fascinant ! Soufflant !
ça, c'est presque tous les jours. Mais toi, connais-tu le nom des oiseaux que tu vois ? écoute : Aigrette garzette, Avocette, échasse blanche, Fou de Bassan, Pétrel fulmar, Pluvier argenté, Barge à queue noire, Cormoran, Goélands ( marin, argenté, leucophée), Sterne pierregarin, Tadorne de Belon, Tournepierre, Bécasseau sanderling, Bécasseau variable, Bécasseau combattant, Courlis cendré, Héron cendré, Huîtrier pie, Canards (colvert, souchet, pilet), Gorge- bleue, Grand Gravelot, Mouette Tridactyle, Mouette rieuse, Macareux, Héron garde-boeufs, Héron Bihoreau, Chevalier gambette, Guillemot de Troïl, Pingouin torda, Traquet motteux, Sarcelles (été, hiver), Bernache Cravant, Marouette ponctuée, Guifette noire, Harle huppé, Pipit maritime, Spatule blanche, Vanneau huppé.
Voilà. Relis vite à haute voix et sans ponctuer, comme si toutes les syllabes devaient s'envoler ensemble. Un canard n'est pas un autre canard, une mouette diffère d'une autre mouette, un héron apparaît blanc ou cendré. Ferme les yeux, prononce le mot avocette. Laisse le soleil tomber dans l'eau argentée.
°
Philippe Sollers
L' étoile des amants
Folio
.

Bombe II













Empédocle

Ne vois-tu pas ? Ce jour,
Les belles heures de ma vie reviennent
Une fois encore et plus grande est celle
Qui m'attend; montons, ô fils, et gagnons
Le sommet de ce vieil Etna sacré.
Car la présence des Dieux croît sur les hauteurs.




Hölderlin

Empédocle (première version)
deuxième acte (au flanc de l'Etna)
scène première (Empédocle, Pausanias)
Bibliothèque de la Pléiade.


espritsnomades
.




L.A Photographie
bombe fusée de l'Etna, Sicile 2004


















.

mardi, novembre 25, 2008

Bombe I

L.A. photographie :
bombe fuselée de l'Etna, Sicile 2004.
°
" A un moment donné, l'Un se forma du Multiple ;
en un autre moment, il se divisa et de l' Un sortit le multiple ".
°
Empédocle
( 490 - 435 avant J-C)
°

Neige & sorbiers



L.A. photographies, 2004

Cette langue sera de l'âme pour l'âme,

résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la pensée accrochant la pensée et tirant. Le poète définirait la quantité d'inconnu s'éveillant en son temps dans l'âme universelle : il donnerait plus - que la formule de sa pensée, que la notation de sa marche au progrès ! énormité devenant norme, absorbée par tous, il serait vraiment un multiplicateur de progrès !
Rimbaud à P. Demeny
°
écho et signe amical à Raymond Alcovère ici

Avant d'approcher Rimbaud,

nous désirons indiquer que de toutes les dénominations qui ont eu cours jusqu'à ce jour à son sujet, nous n'en retiendrons, ni n'en rejetterons aucune (R. le voyant, R. le voyou, etc.) Simplement, elles ne nous intéressent pas, exactes ou non, conformes ou non, puisqu' un être tel que Rimbaud - et quelques autres de son espèce - les contient nécessairement toutes. Rimbaud le poète, cela suffit, cela est infini.
René Char

BEING BEAUTEOUS

Devant une neige un Être de Beauté de haute taille. Des sifflements de mort et des cercles de musique sourde font monter, s'élargir et trembler comme un spectre ce corps adoré ; des blessures écarlates et noires éclatent dans les chairs superbes. Les couleurs propres de la vie se foncent, dansent, et se dégagent autour de la vision sur le chantier. Et les frissons s'élèvent et grondent, et la saveur forcenée de ces effets se chargeant avec les sifflements mortels et les rauques musiques que le monde, loin derrière nous, lance sur notre mère de beauté, - elle recule, elle se dresse. Oh ! nos os sont revêtus d'un nouveau corps amoureux.
°°°
Rimbaud

lundi, novembre 24, 2008

VII

Le ciel se prolonge et la terre dure
°
L.A. encre sur papier & photographie Nov.2008.

de l'envol légère trace

L.A. Photographie

La montagne de ce point


Photographies, Lionel André, Frédéric Lefeuvre
en ski de randonnée vers le Mont Bisane
en cette fin d'après-midi.
°
Froid blanc sec et neige profonde
°
La montagne de ce point
gravis-la sans travail.
Lucidité !
Le chemin te porte
au désert merveilleux
qui au large au loin
sans mesure s'étend.
Le désert n'a
ni temps ni lieu,
sa manière c'est elle l'étonnant.
( Maître Eckart, le poème)

dimanche, novembre 23, 2008

VI

le génie de la vallée ne meurt pas.
°
L.A. encre & photographie. Nov 2008

un autre feuillage

dont l'hiver ne se sépare pas
°
(L.A. photographie)

samedi, novembre 22, 2008

Feu




L.A. Photographies
annickranvier

Que disent les vieux textes ?


Que la racine du mot "homme" signifie jouer, s'amuser.
°
L.A. photographie, les Villes-dessus, Nov.2008

Ce qui est déjà là,


L.A. photographie, les Villes-dessus,Nov.2008
°
vide ouvert et paisible,
clarté merveilleuse.

je vois, mais je ne vois pas


L.A. photographie, les Villes-dessus, Nov.2008

La véritable présence



Voici des arbres, de la neige,
des rochers, le ciel,
de l'encre et du papier.
°
L.A. encre, texte & photographie ; Beaufort ce matin
°
La véritable présence vient en présence, elle entre en présence, et de telle manière qu'elle ne cesse en retour de nous obliger à entrer en présence à notre tour, en déployant notre façon propre d'être ...
( François Fédier, entendre Heidegger).

vendredi, novembre 21, 2008

Heidegger lit Hölderlin

Martin Heidegger
°
La poésie est écrite, mais, pour en percevoir l'illumination, il faut la rendre à son souffle, à son rythme, à sa vision et à ce que Heidegger a raison d'appeler, par-delà sa propre mort, son " ton fondamental ".
Philippe Sollers
Heidegger lit Hölderlin

Travaux d'approche

°
C'est grâce à jean Beauffret que j'ai pu entendre. Sans lui, je n'aurais sans doute pas été capable de porter attention au propos de Heidegger : il est au premier abord presque inaudible, tant ce qui y est dit demande qu'on ouvre grand les oreilles. Le renom du philosophe ne vient pas faciliter les choses. La gloire elle aussi est faite de malentendus. Dissiper les malentendus est une entreprise fastidieuse : rien n'est plus obtus qu'un homme qui ne veut rien entendre. Le présent livre ne se propose pas ce but. Il lui suffit amplement de mettre autant que possible les lecteurs au contact de ce que montre Heidegger, cette contrée si proche, mais que nous avons les plus grandes peines du monde à percevoir, et où tant de richesses dorment à notre insu.
°
Mon souhait le plus cher est que ce livre puisse donner envie d'écouter : un peu comme lors de ces instants d'attente joyeuse - quand, une fois le la donné à l'orchestre, chaque instrument se met pour lui-même à s'accorder dans sa tessiture, au milieu d'un brouhaha croissant, jusqu'à ce que s'installe soudain le silence où le concert peut commencer.
°
Les textes ici rassemblés, dont la moitié sont inédits, ont été écrits de 1983 à 2007.
François Fédier, décembre 2007.

Entendre ?

D'abord comment prendre ce terme : entendre ? Bien sûr comme notre manière, à nous qui parlons des langues latines, de rendre le Verstehen allemand. Encore faut-il être fidèle à l'acceptation élémentaire de ce mot, et mesurer en quoi entendre répond bien à Verstehen. Entendre, en français, est attesté depuis le XIè siècle, où il permet déjà de dire : comment être attentif à quelque chose qui nous concerne. Entendre en effet n'a pas d'abord l'acceptation d'écouter, de prêter l'oreille, mais bien encore celle du latin : intelligere - avec une nuance supplémentaire : celle d'être tendu face à ce que nous entendons saisir, et même, si je puis dire : d'être mis en tension à partir de cela que nous entendons saisir.
°
François Fédier
Entendre Heidegger et autres exercices d'écoute
Le grand souffle

Lire

Jean-Baptiste Corot
fille lisant 1845-1850
°
Pour bien écouter, il ne
faut surtout pas se laisser
distraire par les bruits
parasites !
°
Hofmannsthal

Comment l'on voit le ciel

L.A. photographie, 2004
°
Nul besoin de lunettes pour voir le ciel,
Tu n'as qu'à te détourner du monde, et puis
regarde : c'est fait.
°
(Angelus Silesius)

équation !

°
Dimanche 8 février 2003
Gris blanc, puis très bleu.
Deux avions ont laissé dans le ciel des sillages qui se croisent comme un immense X en expansion. Le ciel en équation.
°
Philippe Sollers
L'année du tigre, journal
Points / Seuil
°
L.A. photographie, Beaufortain, Avril 2003
Quelle est la valeur de X ?
,
c'est inconnu
libre de commencement, de fin pareillement
cela se tient tranquillement
nu sans vêtement.
( Maître Eckart, le Poème)
,
ou encore
,
Le monde ne te tient pas, c'est toi-même le monde
Qui par des liens si forts te retient prisonnier
en toi.
(Angelus Silesius)

V


L.A. encre, graphite & photographie
Nov. 2008
°
mieux vaut s'insérer en son intérieur

La pudeur d' Ostinato


°
Ce ne sont ici que figures de hasard, manières de traces, fuyantes lignes de vies, faux reflets et signes douteux que la langue en quête d'un foyer a inscrits comme par fraude et du dehors sans en faire la preuve ni en creuser le fond, taillant dans le corps obscurci de la mémoire la part la plus élémentaire - couleurs, odeurs, rumeurs -, tout ce qui respire à ciel ouvert dans la vérité d'une fable et redoute les profondeurs.
°
Voyez ici, dans le coin tout en bas de la toile vierge, les vestiges d'un naufrage
°
Louis-René des Forêts
OSTINATO
Mercure de France
°
Un hommage à Louis-René des Forêts par Hervé Chesnais dans la revue des ressources ici
la biographie au Mercure de France ici
Culture France ici
Un siècle d'écrivains ici

mercredi, novembre 19, 2008

IV

L.A.
encre, graphite & photographie, Nov.2008
°
il unifie leurs poussières

III


L.A.encre & photographie Nov. 2008
°
consiste à faire table rase

Le détour & l'accès

°
Comment entrer dans la pensée chinoise
?
Les essais de François Jullien regroupés ici proposent une suite organisée d'itinéraires pour y introduire. En conduisant à circuler à travers les champs divers de l'esthétique, de la réflexion sur la parole, de la philosophie première, comme aussi de la théorie du pouvoir, de la morale et de la stratégie, ils présentent les principales notions chinoises au fil des questions suivies : non pas stériles, sous leurs étiquettes exotiques, mais ouvrant de nouvelles perspectives à la pensée en même temps que réfléchies par la philosophie. On y voit la pensée chinoise au travail et développant ses cohérences : parlant à notre intelligence.

II

L.A. texte, encre, aquarelle et photographie
Nov.2008
°
attendre il ne s'y attache pas

Martyre


I

L.A. encre & photographie Nov.08
°
cette obscurité porte une subtilité
.

Je passe la parole à l'autre






















Ce livre propose une structure inspirée de la forme poétique de la muwashshah pratiquée dans l'Andalousie arabe du Moyen âge, et notamment de sa karja, " sortie " du poème résolue par l'insertion de la voix d'un autre, d'une voix autre, pour aborder dans le même geste la question de la " fin du poème ". Comment sortir d'un poème ? Comment un poème peut-il parvenir à sa fin ? Le thème du jardin déploie une réflexion sur les noms scientifiques des plantes. Les noms savants des plantes, leurs noms latins, ne sont qu' exceptionnellement prononcés, comme s'ils prenaient leurs distances avec les langues parlées pour demeurer dans une altérité irréductible. En convoquant les noms propres qui n'ont jamais été appelés, il s'agit de rendre leur place aux rangs de la nature, de les décrire sans réduire la part d'incompréhensible qu'ils recèlent afin d'en préserver la distance. "Je passe la parole à l'autre" ; cette formule caractéristique de muwashshah serait un bon modèle pour réunir les questionnements proposés ici.




Ryoko Sekiguchi
Héliotropes
P.O.L
ICI

mardi, novembre 18, 2008

une frottole

Aeric Meredith Goujon
°
Quelque chose s'éteint, mais quelque chose brûle. Une âme, peut-être - grand mot, petite chose. Ogni Cosa. Il faut que la nuit se fasse, en toi, pour l'entendre, ce n'est presque rien : une frottole, une chanson. C'est si beau.
°
Igor Ballereau, Frottola ( 2003 )
pour voix, chimes, violon, alto et violoncelle.
Les idées heureuses de Didier Da Silva

La grande santé

.





On comprend mieux ainsi pourquoi, 







à la fin de son existence ancienne, M.N. insiste de plus en plus sur les " petites choses ". Les petites choses sont les affaires fondamentales de la vie. Pas de grands mots, donc, pas de système, pas de prêchi-prêcha sur l'avenir ou sur l'au-delà, rien que des petites choses bien éclairées, bien concrètes, mais qui, placées en abîme, deviennent grandes et sublimes. Petites choses de la vie : dormir, se laver, s'habiller, manger, marcher. C'est le moment ou M.N., en plus de ce qu'il écrit ( qui est ahurissant en quantité et en qualité), entre dans ce qu'il appelle 


la grande santé 


L' agilité des muscles a toujours été la plus grande chez moi lorsque la puissance créatrice était la plus forte. Le corps est enthousiasmé. Laissons "l'âme" hors de ça... On m' a souvent vu danser. Je pouvais alors, sans avoir la notion de la fatigue, être en route dans les montagnes pendant sept ou huit heures de suite. Je dormais bien, je riais beaucoup, j'étais dans un parfait état de vigueur et de patience. 



Philippe Sollers

une vie divine,

Folio


































.

L' éternité

Qu'est-ce que l'éternité ? Elle n'est pas ceci, pas cela,
Ni un maintenant, ni une chose, ni un néant, elle
est, je ne sais quoi.
°
Angelus Silesius
°
peut-être la mer mêlée au soleil !

On Kawara

les neuf montagnes


Shenchou
°
Qu'appelle-t-on les neuf montagnes ?
Ce sont Guiji, le mont Tai, le " Grand ", Wangwu, la " Chambre du roi ", le mont Shou, le " Sommet ", Taihua, la " Haute Splendeur ", le mont Qi, la " Bifurcation ", Taihang, les " Hautes Crêtes ", Yangchang, le " Ventre du mouton ", Mengmen, la " première porte ".

Regards vers le haut des arbres





L.A. photographies, Briey 2006

lundi, novembre 17, 2008

Le monochrome


Le monochrome - carré blanc sur fond blanc - est un objet ambigu. Représentation d'une absence de représentation, il est l'invisible rendu visible et semble donner accès à la quintessence de la vérité picturale : une icône. Mélancolique, il fait apparaître la dérision d'une peinture malade et à bout de souffle : les humoristes rient de ces tableaux qui représentent des jeunes filles chlorotiques sur fond de neige ... Entre l'absolu et le nihilisme, le genre déploie ses immenses et paradoxales possibilités : couleurs, tailles, matières font la richesse du monochrome. Le livre de Daniel Riout entreprend la cartographie de ce territoire en procédant non pas chronologiquement mais logiquement, en remontant d'Yves Klein jusqu'aux précurseurs ironiques du XIX è siècle. La leçon de la recherche est que les tableaux sont des objets conceptuels et sensibles datés. L'image n'est pas l'autre du discours mais un mode d'existence du savoir. La visibilité pure relève du mythe. L'oeuvre est toujours un objet discursif intégré au monde de l'art et à ses catégories. Dernier-né des catégories picturales, le monochrome fait entrer la peinture, l'art et l'esthétique dans cette problématique de la discursivité.

John Zurier


ici

Pensive

L.A. re-pho-graphie
Annunziata Antonello da Messine

de la Vierge en spirale

L.A. re-pho-graphie
détail de l' annonciation de Botticelli (Florence, Offices)

Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.
Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

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