samedi, février 28, 2009

midi pôle

de la lumière l'instant immobile


l'heure prestigieuse de l'inspiration
l'intensité face à face
les aiguilles
les glaciers
je me suis fait plein été et midi d'été
arc-en-ciel par l'oeil et le soleil
de l'orient de la lune à l'occident
dans ses bras légers
le fruit l'éclair
à l'oreille un chant et dans le coeur un bond
dans un petit point le ciel
la terre et cent mondes

un déclic de gratitude


En montagne, je recommence à m'émerveiller, à être une créature antique qui, au bout de son épine dorsale, où le dernier os montre la rupture de la queue, sent vibrer des vertèbres qui frétillent (...) L'étonnement est un déclic de gratitude, en montagne je l'apprends à nouveau et j'arrive à voir le monde et les visages à la lumière rasante des apparitions.
°
Erri De Luca
sur la trace de Nive
folio
°
L.A. photographie,
les aiguilles de trêt la tête et l'Aiguille des Glaciers, Fév.2009

les abattus de vent

Ils sont privilégiés ceux que le soleil et le vent suffisent
à rendre fous, sont suffisants à saccager ! (René Char)
.

" Heureux les abattus de vent"

un cri traduit de façon plus littéral que ce
" Heureux les pauvres en esprit "
une joie plus physique et concrète que la béatitude.
Esaïe invente l'image de l' abaissé de vent, " shfal, rùah "
.
souffle à ras de terre
à hauteur de poussière
.
abattu de vent : à qui souffre de cette respiration haletante appartient le Haut-Lieu.
C'est un air des hauteurs
un air vif
les glaces sont proches
la solitude immense
mais quelle paix dans la lumière !
.

Heureux les abattus de vent
°
Avec René char et E. De Luca pourla traduction d'Esaïe
les abaissés, les abattus de vent (sur la trace de Nive, Folio P: 66)

je soulèverai mes yeux vers les montagnes

" en suivant tes pas, j'essaie de comprendre à quel animal tu ressembles. Depuis que j'escalade, que je grimpe, j'ai de l'estime pour toutes les créatures qui le font mieux que moi, de l'araignée à l'orang-outang. J'admire l'absence d'effort, l'élégance qui est toujours le résultat d'une économie d'énergie. Je pense aux animaux par désir de leur perfection. Ce sont mes patriarches, mes maîtres. "
°
Erri De Luca accompagne la célèbre alpiniste italienne Nives Meroi dans l'une de ses expéditions himalayennes. Réfugiés sous la tente, en pleine tempête, ils engagent une conversation à bâtons rompus. Le personnage de Nives, symbole de force et de courage, est l'occasion pour l'auteur d'explorer plus avant les chemins de son écriture et de dévoiler au lecteur d'autres facettes de son parcours à la fois humain et littéraire.
°
je soulèverai mes yeux vers les montagnes (psaume 121, 1)

vendredi, février 27, 2009

les aulnes la neige et la souplesse

.

















la souplesse 
vainc même ce qui lui
est supérieur et sa force 
est incommensurable. 

Ainsi la souplesse 
et la faiblesse sont le tronc de la vie, 

tandis que la rigidité
et la force sont le cortège de la mort.



avec le Dao, L.A. photographie,
les aulnes la neige et la souplesse, les Saisies Fév.2009

















.

air là


trace qu'il est agile et subtil
°
L.A. photographie, les Saisies, Fév.2009

air


air attiré ailleurs
passage la neige
comme un fleuve emporte avec lui les nuages
°
L.A. texte & photographies, les Saisies, Fév.2009

jeudi, février 26, 2009

Lièvre venant du nord

le Blanchot

saute - stoppe

attente blanc sur blanc

totalement obscur




L'attente commence 
quand il n'y a plus rien à attendre, 

ni même la fin de l'attente. 

L'attente ignore et détruit ce qu'elle attend. 

L'attente n'attend rien.




Maurice Blanchot
l'attente l'oubli
l'imaginaire/Gallimard



quarante années de réflexion,

solitaires et souterraines jusqu'à l'obstination :

qu'en est-il de l'écriture ?


pour sourire un peu ici
.
Blanchot l'extrême : ici



















.

L'arbre blanchit


pin de l'âme partagée
et cet hiver
qui commence à tomber
°
L.A. texte & photographie, les Saisies, Fév.2009

sylvestre pin

.





blanc

argenté

rouge et gris

pin dur à bois lourd

résineux à feuilles tordues







traverse la neige 

et les années sans remords 
et sans larmes

pin des calmes armoires 

et des maisons pauvres bois de table 
et de lit bois d'avirons de dormants 
et de poutres 

portant le pain 
des hommes dans tes paumes 
carrées






avec Paul-Marie Lapointe
et mon désordre































.

Nous croissons comme les arbres.

.

















nous embrassons le ciel avec toujours plus d'amour et d'ampleur et que de toutes nos branches, de toutes nos feuilles nous absorbons sa lumière avec une plus grande soif. Nous croissons comme les arbres - voilà qui est difficile à comprendre, comme tout ce qui vit ! - Nous croissons non pas à un seul endroit, mais partout, non pas dans une direction, mais tout autant vers le haut, vers le dehors que vers le dedans et vers le bas, - notre force agit à la fois dans le tronc, les branches et les racines, il ne nous appartient plus de faire quelque chose séparément ni d'être quelque chose de séparé... C'est donc là notre lot, comme je l'ai dit ; nous croissons vers le haut ; et cela dût-il même nous être fatal - car nous habitons de plus en plus près de la foudre ! - tant mieux, nous ne la tenons pas moins en honneur pour autant, et cette chose demeure ce que nous ne voulons ni partager, ni communiquer, la fatalité de la hauteur, notre fatalité...


Nietzsche
le gai savoir


371

L.A. photographie, 
le pin de la tourbière des Saisies, Fév.2009
























.

épicéa d'écorce rouge & bleue

L.A. gouache, encre & photographie, 2009

pousse le saule

les vents la nuit

le gris salé de la neige et du héron

le balancement des aulnes au milieu du marécage

lancer du riz pour les lagopèdes

bien noter le lever et le coucher du soleil

rouler des cigarettes

tomber amoureux vingt fois

changer sans cesse de lieu
se perdre se trouver

sortir avec une lampe de poche et une carte du ciel par nuit claire et observer la constellation d'Orion dans sa totalité

faire du thé, du café, boire un peu de vin

vous n'êtes en vie que parce que vous résistez sans arrêt au suicide de votre organisme. Familiarisez-vous avec cette vision. Elle change tout (Ph.S.)

... ciel, c'est.

... en deux, sur un éclat.

... distance,

mot qu'à mon tour je répète aujourd'hui sans ma voix.

... c'est,

d'un trait au-dessus de la blancheur de la médiane, mon papier quand je m'écarte.

... parle,comme, ici, aussitôt tu éclates la page du froid.

... entre maison

et la nuit sans maison, les pierres distraites de leurs murs ont grandi.

Les végétaux la nuit.

.



Les végétaux la nuit 











L'exhalaison de l'acide carbonique par la fonction chlorophyllienne, comme un soupir de satisfaction qui durerait des heures, comme lorsque la plus basse corde des instruments à cordes, le plus relâchée possible, vibre à la limite de la musique, du son pur, et pur silence.



Francis Ponge
le parti pris des choses

L.A. photographie, 
lichens usnée, Fév.2009



































.

mercredi, février 25, 2009

Buis l'être végétal

.


Buis 
l'être végétal


















Bien que l'être végétal veuille être défini plutôt par ses contours et par ses formes, j'honorerai d'abord en lui une vertu de sa substance : celle de pouvoir accomplir sa synthèse aux dépens seuls du milieu inorganique qui l'environne. Tout le monde autour de lui n'est qu'une mine où le précieux filon vert puise de quoi élaborer continûment son protoplasme, dans l'air par la fonction chlorophyllienne de ses feuilles, dans le sol par la faculté absorbante de ses racines qui assimilent les sels minéraux. D'où la qualité essentielle de cet être, libéré à la fois de tous soucis domiciliaires et alimentaires par la présence à son entour d'une ressource infinie d'aliments : L'immobilité.


Francis Ponge
le parti pris des choses
poésie/Gallimard

L.A. photographie, 
le buis, Villard S/Doron, Fév.2009



































.

neige sur le pin

scène chinoise d'un arbre en hiver

pour aimer le frisson d'un vent


Nord-Est


je laisse le sombre et parle Tétra

genévrier

sous la neige
contre le tronc blanc

couronne lumineuse des Alpes tout autour

et aussi sur son éclat
à perte de vue cette incitation

la parole se trouve ici
le sens se déploie là-bas

ici & là-bas

parole et image ici le sens là-bas
°
L.A. photographie, la montagne d'Outray, Fév.2009

Un choix heureux

Le choix du français était pour Beckett un choix heureux, la possibilité d'atteindre, dans une autre langue, une beauté littéraire originale. Je ne pense pas qu'il y est contradiction entre la perte de la langue, avec le risque que cela fait courir au moi, et cette jubilation dans les mots, puisqu'il s'agit d'une sorte de résurrection du langage qui exige une mort prélable. C'est bien dans une langue étrangère, autre, qu'il s'est obligé à écrire, d'où cette apostrophe irrésistible de l'Innommable : " Chère incompréhension, c'est à toi que je devrai d'être moi, à la fin ". Tout résonne ici. La fin est celle de la quête mais aussi celle du monde, non pas l'apocalypse dans le temps mais le moment hors du temps où le vieux moi et son vieux monde seraient enfin réduit à néant. L'incompréhension fait surgir toute la tradition du savoir négatif, du " nuage de l'inconnaissance ", de la nuit obscure de l'âme, pour la saisir dans la perspective de la langue.
°
Michael Edwards
Beckett ou le don des langues
éd.espaces 34

neige, glace et pin.

L.A. photographie, les Saisies,Fév.2009

Ce fond sans fond

Martin Ziegler, une poésie peut-être abyssale et toujours plus abyssale...
.
cela qui n'a pas bougé
avec le souffle
ne saurait être
atteint

d'ailleurs

qu'en pensées

impensable
intouchable
.
sans séparer du chiffre
le recouvrement

mais du tout
un signe
l'hiver

blanc
même la

grive
(Démocrite)

son
pur
silence
°
Martin Ziegler
comme il en irait du venir en souffrance
éd.L.Mauguin
°
" abyssal et encore abyssal ", " abyssal et toujours plus abyssal " ouvert au-delà de lui en dépassement... "grand","subtil","distant",...

La dénomination détermine un objet tandis que l'indication suit ce qu'on veut dire ; la dénomination naît de l'objet et l'indication provient du sujet... La détermination naît d'une caractérisation objective, l'indication provient d'une approche subjective. La dénomination ne naît pas du vide et l'indication n'en provient pas non plus. Aussi la dénomination rate-t-elle grandement le sens visé et l'indication n'arrive-t-elle pas à dire jusqu'au bout. C'est pourquoi, indiquant l'abyssal, on dit " abyssal et encore abyssal ".
°
Avec le Laozi Zhilüe
source F.Jullien, la grande image n'a pas de forme
ou comment indiquer l'ineffable (XII)
la pensée chinoise dans le miroir de la philosophie

mardi, février 24, 2009

Ne cherchez donc pas...



à la voir avec des yeux mortels, ne croyez pas qu'on puisse la voir ainsi, comme le pensent les gens qui ne croient qu'aux choses sensibles et nient la suprême réalité.
°
Avec Plotin (Ennéades, V, 5, 11)
°
L.A. photographies,
la Pierra Menta et l'Aiguille du grand fond, Fév.2009

L'espace bleu entre les nuages


L.A. photographie, les Saisies, Fév.2009

Il n'y a plus de phrase, plus de ligne

seulement quelques mots isolés sur la page vide : ils sont là pour eux mêmes où la poésie se situe à la limite du silence. L'écriture ici ne répond plus à la nécessité d'une condensation extrême du discours poétique, mais à celle de sa volatisation dans l'espace. Balbutiements d'une parole en train de naître ; volonté d'effacer le plus de mots possibles, de mettre la langue entre parenthèses, faire apparaître le plus de blanc possible. L'écriture devient en quelque sorte la douloureuse expérience de l'aphasie, du silence, du vide.
insoluble
(petit môme)
tubulure
(top)
(lampes)
(givres)
(cornes),
(étoiles)
(tuiles)
°
Jean-Paul Séguin (publié en 1980)
source Alain Frontier, Belin

L'oiseau sur la branche

Chu Ta, Musée national du Palais, Taipei.
°
Après avoir traversé les orages du monde - y avoir souffert, y avoir aimé -, le solitaire se retire à l'extrémité de tout, au bord du vide qu'il contemple d'un oeil impavide, équilibriste parvenu au saut ultime, déjà délivré du poids terrestre. La composition, outrancièrement décentrée, accentue encore cette attitude extrême, qui est bien celle du défi. Je suis au bout des choses et je m'y tiens.
°
François Cheng

Solitaire et casanier

toujours proche de l'eau courante
gris ardoise et plastron blanc
agité de secousses nerveuses

plonge ou marche dans l'eau
marche au fond
vol bas rapide et direct
cri bref zit zet tzett métallique
chant explosif et grinçant
mêlé de gazouillis liquides
le Cingle plongeur cinclus cinclus
°
ICI

sur la beauté de mûrir

on se rêve

noce éperdue
fleur bois mort

et vaine
nos espoirs naissent par l'infini


mourir même


où adorer
jusqu'à la fin

en verdure qui se fend d'être

°
Alice Nez
l' aube insiste
éd. L.Mauguin
°
mourir même où adorer jusqu'à la fin en verdure qui se fend d'être
.
Si j'étais oiseau
il me faudrait aussi chanter avec ma gorge rauque
cette terre battue par la tempête,
ce torrent où déferle sans cesse notre révolte,
ce vent qui n'en finit pas de souffler,
et l'aube, d'une telle douceur, qui vient des forêts...
Après quoi je mourrais,
et mes plumes elles-mêmes se fondraient dans le sol...

Après avoir trop aimé cette terre,
j'ai souvent les yeux emplis de larmes.
°
Avec Ai Ts'ing ( né en 191O)

lundi, février 23, 2009

avec relief

Lionel André,
in Dehors devant soi
éd. L. Mauguin, 2008
pétales de rose tango séchés

Vers les mers nouvelles

Là-bas - aller là-bas, je le veux, désormais
C'est à moi-même que je me fie, à ma propre main.
Ouverte s'offre la mer, dans le bleu
Se veut élancer ma barque génoise.

Tout scintille pour moi d'un nouvel éclat,
Midi sommeille sur l'espace et le temps - :
Seul ton oeil - monstrueusement
Me fixe, ô infini !
°
Nietzsche
le gai savoir

ECCE HOMO

Comment on devient ce qu'on est.
C'est la loi du destin, que chacun se découvre soi même ; au retour du silence, qu'une langue renaisse.
Noblesse dont la caractéristique sera toujours de ne point avoir crainte de soi-même, de ne rien attendre de honteux de soi et de voler sans scrupule vers où nous entraîne notre élan - nous autres oiseaux nés libres ! où que nous porte notre vol, ce sera toujours au sein d'un espace libre et ensoleillé !
Deviens ce que tu es, fait ce que toi seul peut faire.
Depuis trop longtemps la terre est un asile de fou.
Mon âme éternelle observe ton voeu malgré la nuit seule et le jour en feu.
Donc tu te dégages des humains suffrages, des communs élans !
Tu voles selon...
°
Avec Nietzsche, Hölderlin et Rimbaud

hêtre fagus sylvatica

neige et foyard, fouet et
fouine recherchant les faînes.
°
L.A. photographie, Fév.2009

Branche de mélèze & usnée

L.A. photographie, la forêt de Pellaz, Fév.2009

quelque part

là dehors montagnes
et rivières là dehors
dehors à l'aventure dans le froid et la laine
en caractères bleus un
sorbier en février
déroulez le rouleau vers la gauche
section après section tout
en laissant le côté droit s'enrouler de nouveau
entendez !
je suis un son qui résonne doucement
existant depuis le commencement
dans le silence

Dictée

Il faut peut-être s'astreindre à
cette dictée. Mais rien ne
m'astreint. Dehors indifférent.
Le vent le permet.

Une bouche fraîche piétine l'air. La nuit roule encore une fois. Ma route reprend dans la neige. Tu apparais, quand je tourne la tête, comme une chose sauvage.



Feu
ou fenêtre au flanc de la neige.

Je la dis grande


elle est née silencieuse vide et solitaire
peut servir de mère au monde
je ne connais pas son nom
forcé je la dis grande.
°
L.A. texte & photographie, les Saisies, Fév.2009

" Robe de Neige "

L'empereur Hsuëh-na " Robe de Neige " contrôle ce territoire de douze mille lis où il commande de lever la masse des interdits, d'ouvrir ce qui est fermé et bouclé, de se déplacer en errant joyeusement, d'abandonner haines et ressentiments, de libérer corvéables et condamnés, d'éviter la mélancolie et l'inquiétude, de pratiquer la souplesse et la bienveillance, de mettre un terme à la rigidité et à la force.
°
L.A. photographie, avec des règles saisonnières du Huainan Zi
les Saisies, Fév.2009
.

Plus tard Li Hui ajouta

la plupart des gens s'accommodent
du bruit que font les chiens et les poules
tous se réjouissent en ces temps de paix
mais moi
pourquoi mes goûts sont-ils si bizarres ?
j'aime la compagnie des rivières et des rocs
.
.
.
.
..
.
.
.
.
.
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.
.
..
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.
.
.
.

dimanche, février 22, 2009

L' Esprit jette l'âme sur la route

où la marche est devancement. L' Esprit transplante en nature étrangère. " L'âme est en vérité chose étrange sur terre. " C'est l'Esprit qui fait don de l'âme. Il est l'animateur. Mais l'âme à son tour est gardienne de l'Esprit, et cela de façon si essentielle que sans l'âme, l'Esprit peut-être ne sera jamais l'Esprit.
°
Avec Heidegger, la parole dans le poème
L.A. encre sur papier, 2008

Un gris tout à fait autre


je commence par une surface claire et les sommets des lumières d'une forme à modeler et à mesure que la brosse se vide, je vais en dégradant à la rencontre de l'ombre qui pour l'instant est le ton de l'imprimatur. Il peut être gris plus ou moins chaud ocré, rouge, terre de sienne brûlée, brun ou verdâtre. Ce blanc intense, au sommet de la forme en se dégradant, semblable à une fumée (sfumato) sera gris optique, même sur une imprimatur d'un ton assez vif, un gris de qualité tout à fait autre qu'un gris mélangé sur la neige et porté sur le papier.
°
L.A. texte & encre sur papier, 2008

encre pâle

collines au-delà des ruisseaux
saules au milieu de la neige
au profond du silence
une douce vallée s'enfonce
le marcheur quitte le marécage
qui eut l'idée de
cette tourbière et pin miraculeux
montagnes et rivières
sont l'esprit condensés encre pâle
sur fine soie blanche

le sentier s'enfonce

à l'intérieur des terres
quelque part près d'une baie
on le perd sur les pentes
de collines lointaines
au-dessus d'un torrent écumeux
flots torsadés
le marcheur traverse un pont
des crêtes bordées de buissons
du brouillard
le sentier monte le long
d'un lit de rivières en cascade
le sentier prend fin
au bord d'un cirque

montagnes et ruisseaux à l'infini

un sentier en escalier se sépare en deux en amont
affleurements découpés
basses langues de terre élévations rocheuses
strates successives de cimes obliques
foisonnement de falaises broussailleuses
qui s'effacent peu à peu des pics
aux contours vagues
clarifier l'esprit et se
laisser glisser dans cet espace créé

Sans intention

L.A. encre & aquarelle sur papier
°
Dessinez sans intention particulière, griffonnez machinalement, il apparaît presque toujours sur le papier des visages.
Henri Michaux

samedi, février 21, 2009

Grand bleu



Hölderlin, dans une phrase bleue pour toujours, appelle les dieux grecs " les vivants, les bienheureux taciturnes ". On plaindra donc les morts vivants d'ici-bas, les malheureux bavards.
°
Le temps qu'on nous inflige
n'est pas celui que je dis.
°
Sourions, donc. Le jour est toujours nouveau.
Ph.S.
°
L.A. photographie, le clocher de l'église St. Pierre
(Villard S/Doron) un peu avant midi !

Vains et futiles

Quand l'expérience m'eut appris que tous les événements ordinaires de la vie sont vains et futiles, voyant que tout ce qui était pour moi cause ou objet de crainte ne contenait rien de bon ni de mauvais en soi, mais dans la seule mesure où l'âme en était émue, je me décidais en fin de compte à rechercher s'il n'existait pas un bien véritable et qui pût se communiquer, quelque chose enfin dont la découverte et l'acquisition me procureraient pour l'éternité la jouissance d'une joie suprême et incessante.
Mort et vie, conservation et destruction, succès et échec, pauvreté et richesse, compétence et incompétence, calomnie et apologie, faim et soif. Ce sont toutes les alternances du Destin. Elles opèrent jour et nuit et on ne peut connaître leur sources. A quoi bon donc, les laisser troubler notre paix.
°
Avec Spinoza et Zhuangzi

vendredi, février 20, 2009

14. Vous vous effacez.

.

22
Je vous écoute. Soyez bref.

23
Nous sommes en prière. Nous sommes armés.

24
Je suis seul. Personne ne me croit.

27
Nous avons faim. Nous irons dans la mer


°
Claude Royet-Journoud
Le renversement
Gallimard

jeudi, février 19, 2009

L'éclaircie libre-donnante


Pour la pensée qui médite, le chemin a sa place en ce que nous nommons la contrée. La contrée (en tant qu'elle fait rencontrer) est l'éclaircie libre-donnante dans laquelle ce qui est éclairci parvient au libre espace en même temps que ce qui se dissimule en retrait dans l'abri. Le libre-donnant qui du même coup abrite dans le retrait - ce mouvement de la contrée est cette mise en chemin en laquelle se donnent les chemins qui appartiennent à la contrée.
°
Avec Heidegger
le déploiement de la parole
L.A. photographies, les Saisies, Fév.2009


La notion de révélation

- Mais je m' aperçois que mon esprit dort.
S'il était bien éveillé toujours à partir de ce moment, nous serions bientôt à la vérité, qui peut-être nous entoure avec ses anges pleurant !... _ S' il avait été éveillé jusqu'à ce moment-ci, c'est que je n'aurais pas cédé aux instincts délétères, à une époque immémoriale !... _ S'il avait toujours été bien éveillé, je voguerais en pleine sagesse !...
Ô pureté ! pureté !
C'est cette minute d'éveil qui m'a donné la vision de la pureté ! _ Par l'esprit on va à Dieu !
Déchirante infortune !
La notion de révélation, au sens où soudain, avec une sûreté et une finesse indicibles, quelque chose devient visible, audible, qui ébranle et bouleverse au plus profond, cette notion décrit simplement l'état de fait. On entend, on ne cherche pas ; on prend, on ne se demande pas qui donne ; tel un éclair une pensée vous illumine, avec nécessité, sans hésitation dans la forme, _ jamais le choix ne m'a été laissé.
°
" élève n'importe où la substance de nos fortunes et de nos voeux" on t'en prie. Arrivée de toujours qui t'en iras partout.
Ici s'ouvre brusquement pour toi toutes les paroles de l'être et les écrins de la parole ; tout être ici veut advenir à la parole, tout devenir veut apprendre de toi à parler.
°
Je suis un inventeur bien autrement méritant que tous ceux qui m'ont précédé ; un musicien même, qui ai trouvé quelque chose comme la clef de l'amour.
Pour comprendre ce type, il faut d'abord une idée claire de sa condition physiologique d'existence : à savoir ce que j'appelle la grande santé.
Laissez de côté les amis de la mort, maladies et autres décadences...Laissez-les tous dans la rage et les ennuis.
Avec Rimbaud & Nietzsche

Le temps invendable

Reste la question du temps invendable, d'une richesse telle qu'il n'est pas évaluable en argent, comme un solde de diamants sans contrôle. Sans doute, désormais, votre image est à vendre, vos organes sont à vendre, votre âme est à vendre, vos paroles sont déjà vendues (elles ne valent pas cher). Tout en demeurant hors d'atteinte, J.C. s'est très bien vendu et se vend massivement encore (le pourboire de trente deniers au départ était vraiment minimum). Rimbaud lui-même est parti de 1 franc, voyez le triomphe. Et pourtant il continue à être pleinement gratuit, ce qui, justement, fait monter les prix. Les contemporains sont aveugles et sourds, mais l'argent, de tout temps, voit et entend plus loin qu'eux, c'est un dieu.
°
Philippe Sollers
les voyageurs du temps
Gallimard
Entretien Nathalie Crom - Philippe Sollers ICI

mercredi, février 18, 2009

Dans la flamme

Dans la flamme d'une chandelle toutes les forces de la nature sont actives, disait Novalis. La cire, la mèche, le feu, l'air qui s'unissent dans la flamme brûlante, mobile et colorée sont eux-mêmes une synthèse de tous les éléments de la nature. Mais ces éléments sont individualisés dans cette flamme unique. La bougie allumée est comme le symbole de l'individuation, au terme de la vie cosmique élémentaire qui vient se concentrer en elle. C'est dans le souvenir de la bonne bougie que nous devons retrouver nos songes en solitaire, écrit Bachelard. La flamme est seule définitivement seule, elle veut rester seule. A cette idée d'unicité, de lumière personnelle, Bachelard ajoute celle de la verticalité. La flamme de la chandelle sur la table du solitaire, écrit-il, prépare toutes les rêveries de la verticalité. La flamme est une verticale vaillante et fragile. Un souffle dérange la flamme, mais la flamme se redresse. Une force ascensionnelle rétablit ses prestiges.
°
L.A. texte & photographie, les Saisies,
Notre Dame de Haute-Lumière
Janv.2009

AGAIN

La bête et la trace de la bête.
Une seule revient encore, l'autre
sauvage est déjà loin.
°
L.A.texte & photographie, les Saisies, Janv.2009

Prima del tempo

ça avance
going forward
ça respire
breathing
ça se déploie
spacing it out
.
Calligraphie géographique
geographical calligraphy
.
Ce vide
qui se moque de tout
sauf de cela
This emptiness
that laughs at everything
all except that
.
Contre toutes les -logies
du logos asséché
ces deux mots :
sunt lumina
over against the -logies
of the logos gone dry
those two words :
sunt lumina
°
avec Kenneth White
les rives du silence

mardi, février 17, 2009

A noir.

Branches et noeuds noirs
écorce blanche et a noir.
°
L.A. texte et photographie, les Saisies, Fév.2009

Les branches de saule


jaillissent de la neige.
Pousse équilibre du plein et du vide.
°
L.A. texte & photographie, les Saisies,Fév.2009

Un rocher dans la neige.


Un rocher, certes, est une entité stable. Les anciens donnaient au rocher le nom de "racines des nuages" ; ils disaient aussi que les rochers, à l'aspect tourmenté ou joyeux, fantastique ou paisible, semblent changer de physionomie à chaque instant. On voit par là que l'esprit du rocher est tout de mobilité et de fluidité.
°
Wang Chih-Yuan
source François Cheng
souffle-esprit
°
L.A. photographie, les Saisies,Fév.2009

Glissez dans le vide interne !


L.A. photographie, sous le Signal des Saisies,Fév.2009

Lichen. Leur résistance...

aux températures extrêmes est ahurissante. Hydratés, ils supportent aisément 50°C, desséchées les Usnées résistent à 70°C, les Umbilicaires à 100°C. Ce n'est rien au regard du froid ; hydratées, nombres d'espèces séjournent plusieurs jours sans broncher par des - 75°C et desséchées, elles supportent -183°C durant dix-huit heures pour reprendre vie dés qu'on les réchauffe et réhydrate. Quelques heures d'éclairement leur suffisent pour reprendre leur assimilation.
°
L.A. photographie, Usnée barbue

La marche,


quelqu'un qui se penche sur le mystère de la terre et un chemin sur lequel il peut marcher pour s'élever. Pied en mouvement enrichi par des expériences sur un chemin. Suivre une voie, avancer ses pas sans les pas de, s'éloigner rapidement, marcher avec attention, rencontre avec autrui et soi même, un cheminement qui conduit à un changement, avantage d'une transformation...
°
L.A. photographie, avec le yi king, les Saisies, Fév.2009
en raquettes à neige.

Devant une neige...

Devant une neige un Être de beauté de haute taille. (A.R.)
°
L.A. feutre sur papier & photographie , 2008

lundi, février 16, 2009

Aujourd'hui c'est

arbre en hiver immobile gratuit et donné
juste un étonnement un silence
c'est dans la montagne
révérencieuse.
°
L.A. texte & photographie, Fév.2009

Un pas

Un pas de toi, c'est la levée des nouveaux hommes et leur en-marche. Il y a un art de rester debout qui n'est pas celui de se fiche la gueule par terre.

Oreille

Un coup de ton doigt sur le tambour décharge tous les sons et commence la nouvelle harmonie. La création de l'univers s'est accompagné d'une manifestation sonore. Tout mouvement sorti de l'incréé immobile et silencieux s'est fait par la voie du son, et s'est déroulé sur plusieurs plans. Le séjour qui est tien au-delà de tout changement est enveloppé de sons subtils. Des oreilles ! c'est cela que tu me demande pour T' écouter !

Noblesse

dont la caractéristique sera toujours de ne point avoir crainte de soi-même, de ne rien attendre de honteux de soi et de voler sans scrupule vers où nous entraîne notre élan - nous autres oiseaux nés libres ! Où que nous porte notre vol, ce sera toujours au sein d'un espace libre et ensoleillé ! Donc tu te dégages des humains suffrages, des communs élans ! Tu voles selon.
.
Ah tais-toi, ferme les yeux, goûte ! c'est bon, tout ce soleil d'un seul coup que l'on m'a mis sur la langue pour que je l'avale !
°
avec Nietzsche, Rimbaud et les Psaumes

dimanche, février 15, 2009

Orion géant aveugle

Nicolas Poussin, Orion aveugle à la recherche du soleil levant
huile sur toile 97 x 131, 5 cm, New York, Métropolitan museum
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La foulée du géant Orion, géant aveugle, enjambe quant à elle, comme un nuage, forêts, golfes, montagnes...La toile de Poussin fait place au caillou que le pas, un moment pressé, et à la montagne inapparente pour tout autre que cet aveugle. Le regard du piéton ne porte pas aussi loin qu'ici la main immense tendue. Voilà le caillou inaperçu et la montagne imperceptible. Un arbre sans mesure répond au passant.
°
André Du Bouchet
Orion aveugle à la recherche du soleil levant
L'emportement du muet
Mercure de France
°
Orion, privé de la vue pour avoir usé de violence contre Mérope, est miraculeusement guéri par les rayons du soleil. Hépahaïstos, dieu du feu conseille au géant d'aller dans la direction de l'aube où point la lumière. Le nuage exprime la synthèse des éléments naturels : l'eau ( placée sous l'influence de Neptune), l'air ( dominé par Jupiter) et le feu. Il est ici la transfiguration ésotérique d'orion. La Lune est figurée sous les traits de Diane chasseresse. Elle représente l'astre qui gouverne la circulation des eaux dans la nature.
Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.
Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

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