l’immobilité intérieure accompagne la joie extérieure
non comme une cause
la joie passe le centre demeure
c’est de cette tenue
que naît sa
légèreté
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Dieu s'éveille en l'homme
non parce qu'il dormait
mais parce que l'homme dormait à lui-même
Dieu ne devient pas davantage Dieu
c'est la conscience qui devient transparente
à ce qui la précède
l'éveil n'est pas une apparition,
mais une levée des voiles
quelque chose qui était toujours là
cesse d'être recouvert
ainsi Dieu ne descend pas dans l'homme
l'homme cesse de vivre loin de sa propre profondeur
il ne s'agit pas d'une acquisition
mais d'une reconnaissance
l'infini ne s'ajoute pas au fini
il apparaît comme sa dimension cachée
la pensée découvre alors
qu'elle n'est pas la source de la lumière
mais une fenêtre ouverte sur elle
le cœur devient plus vaste que ses désirs
l'esprit cesse de vouloir posséder
la conscience ne cherche plus une preuve
elle consent à une présence
Dieu s'éveille en l'homme
chaque fois qu'un regard
cesse de réduire le monde à un objet
chaque fois que le silence
est plus vrai que le discours
chaque fois que l'amour
cesse d'être besoin
pour devenir rayonnement
alors le temps ne disparaît pas
mais il est traversé par l'éternité
la matière ne s'abolit pas
elle devient transparente à l'être
le visage humain
retrouve une lumière
qui ne vient d'aucun soleil
l'éveil de Dieu en l'homme
n'est pas un miracle ajouté à l'histoire
c'est l'histoire elle-même
qui découvre enfin son origine
l'homme ne devient pas Dieu
il devient le lieu
où Dieu peut se reconnaître
peut-être est-ce là
le sens le plus profond de toute existence
que l'Absolu ne demande pas d'être inventé
mais accueilli
que le Logos ne demande pas d'être construit
mais entendu
que l'éternité ne demande pas d'être atteinte
mais laissée paraître dans l'instant
alors il n'y a plus deux présences
l'une divine l'autre humaine
il y a une seule lumière,
réfractée selon des visages innombrables
une seule vie
se découvrant elle-même
un seul souffle
qui,depuis toujours
cherche à s'éveiller en l'homme