mercredi, juillet 24, 2019


on ne peut

pas éviter le contact des yeux



c’est 

une règle de survie

un silence

une portion de silence


c’était de souvenirs

qu’il s’agissait 

nous

parlions  alors  déjà

de souvenirs




.

de quoi

nous souvenir

dans

dix  dans vingt ans



*


les
choses bariolées

les
cieux de tons jumelés
comme
les
vaches tavelées

les
roses
grains de beauté
mouchetant la truite qui nage

les
ailes des pinsons

les
frais charbons
ardents des marrons chus


les
paysages
morcelés  marquetés
friches
labours
pacages


***
































mardi, juillet 23, 2019



l'hirondelle rouge 

inventer dans l’ordre des idées

et imaginer

des images sont des exploits psychologiques

très différents



on

n’invente pas

des idées sans rectifier

un passé









de rectifications en rectifications

on peut espérer dégager

une idée vraie



il n’y a pas 

de vérité première


il n’y a 

que des erreurs premières


l’idée 
scientifique a 
un long passé d’erreurs 


l’imagination poétique
elle
n’a pas de passé

elle 
déroge à toute préparation


l’image 
poétique est vraiment 
un instant de la parole

instant qu’on saisit mal 
si on veut le placer dans l’indéchirable 
continuité 
d’

une 
conscience 
bergsonienne
pour recevoir toutes 
les surprises du langage poétique 



il faut 
se donner à la conscience 
kaléidoscopique


































un peu de braise une heure ou deux



tends l'oreille
vers le silence du soir


le jour 
s'écarte les voix 
s'effacent 


le ciel
bleu fait un peu 
de braise


les arbres
fument une heure 
ou deux











il faut 

aller vite car les choses réelles 

ne rêvent pas bien 

longtemps



il ne faut pas 

laisser s'endormir la lumière



il faut 

se hâter de la réveiller
































en 2017

le parlement néo-zélandais

accorde le statut de personne juridique au fleuve

Whanganui

et quelques jours plus tard

en Inde

la Haute-Cour de l'état himalayen

décrète que les fleuves

Gange et Yamuna 

seront désormais des entités vivantes

ayant le statut de personne

morale
































mardi, juillet 16, 2019


toute découverte changeant la nature

la destination 

d’

un objet 

ou d’

un
phénomène 

ou d'

un texte

constitue

un fait de poésie
































ce travail 

est la matérialisation écrite

de mes stratégies

de création


il illustre

mon travail artistique

d'

un point de vue pratique


les artistes expriment leur pensée

par leur travail

et chaque œuvre constitue

une partie du discours







cette œuvre écrite

au départ

avait l'ambition d'aborder et d'éclaircir

les enjeux

d'

un travail à la fois performatif

installatif

sonore et visuel

le résultat est

une pièce qui reprend 

sous

une forme littéraire 

la même stratégie que j'utilise

dans l'ensemble de mon travail



ce texte

est

un ready-made assisté 

et

un travail d'assemblage



le choix en constitue

la modalité principale


mon travail est de choisir

de pointer des phénomènes discrets

qui passent souvent inaperçus

afin de les faire découvrir

à de possibles récepteurs




les propositions

demandent ainsi à être complétées

par eux



mon travail est

une réponse conditionnée 

par l'espace et le temps où il se produit




je conçois

difficilement

une production d'objets 

qui peuvent être installés

dans

un espace 

et

un temps indéterminé


ce travail textuel

n'en fait pas exception


il utilise

l'espace-temps de l'écriture

ses feuilles blanches

son contexte

comme espace de création



voici

un travail composé 

de mots qui rêvent de poésie


l'architecte hollandais

Rem Koolhaas

souligne l'importance des mots

en disant que


c'est seulement 

par les livres que l'on peut générer 

une cohérence aujourd'hui 


en ce qui concerne cette œuvre

je n'ai pas d'hésitation

à affirmer que sa cohérence et sa richesse

se trouvent dans l'espace entre les mots

dans les marges qui les entourent

au verso des pages

dans le son qu'elles produisent

quand on les tourne

et surtout,

dans ce moment précis



l'on dépose le texte

lève la tête

et prend conscience

de l'espace qui nous entoure




quand soudain

on l'écoute


quand

on quitte la table

et

se met à marcher






















































trois ou quatre gouttes 

de hauteur 

n’ont rien à voir avec 

la sauvagerie 






















que 

toute amertume

toute animosité

toute colère

toute clameur

toute calomnie et

toute espèce de méchanceté 

disparaissent du milieu 

de moi










contempler 

un simple objet 

et contempler 

un objet

que l’interprétation a transformé en œuvre 

n’est pas du tout la même chose

même

lorsque l’interprétation rend en quelque sorte 

l’objet à lui-même

en disant que l’œuvre 

est l’objet

*


tous 

les objets les mots du monde 

sont reliés 

entre eux 

d’

une manière 

ou d’

une autre 

ils se touchent les uns les autres 



































il est neuf heures

le gaz est baissé tout bleu…

je prie dans la nuit

tandis qu’éternelle et adorable profondeur améthyste

tourne à jamais

la flamboyante gloire du Christ


















cette machine

à cinq cœurs devra enfanter

le phare

ce phare devra enfanter

l’enfant-Dieu

rappelant

le Jésus des Primitifs



il sera

l’épanouissement divin

de cette machine-mère



comme forme graphique

je le vois machine pure par rapport à

la machine-mère

plus humaine

il devra rayonner de gloire


*





j’ai accès à tout

c’est comme si j’avais à ma disposition

des hangars gigantesques bourrés de

documents

étagères en métal

petite manivelle

je rapproche et j'éloigne les murs d’archives à volonté

mais en version moderne


autrefois

j' allais chercher tout ça à patins à roulettes

fff-fff

1922 1870 1830 1390

en remontant

comme ça

maintenant

c’est à portée de main


































la langue à ses idées

j’examine

retiens ou rejette



m’engageant souvent 
dans des directions auxquelles 

je 
n’avais pas pensé

de 
sorte que 
ce qui se fait au cours 
de ce travail est infiniment 
plus riche que mon 
vague 

très vague   projet initial 








Paul Valéry 
maintenait que la parole 
plane et courante 
vole à sa signification
et que la parole littéraire a pour fin 
la volupté 



*


le dragon

mon contemporain

m'a dit que les phrases agissent comme 

des formules magiques


on

les compose

vaille que vaille et on les range

en pensant qu'elles pourront servir

un jour






commençons par ne parler 

de rien

nous finirons par tout 

dire

*



Pourquoi suis-je né 



est 

une question

traitée après le repas 

c’est-à-dire entre deux repas




dans cet intervalle incertain

comme on s’occupe d’allumer du tabac

et d’en disperser la fumée

par les tuyaux

des narines





























































trois nuages 
trois vies trois pies trois 
docteurs

une journée 
un lac
une fascination

*

par 

une 
journée d’été

le fou 
pêche dans 

un lac 

et subit 
une fascination

il subit 
la fascination de l’eau






la grande
 étendue à la surface miroitante

et les nombres l’envahissent
issus des flots








les deux 
poches de la vessie natatoire

les quatorze 
vessies natatoires extirpées 
intactes des entrailles des poissons 
capturés

les cinq 
corneilles dans le ciel 

les vingt-sept 
kayaks qui défilent

les trois millions 
de vaguelettes 

un 
martin-pêcheur 

qu’en augurer 

?

que nagent 
dans l’air les bulles 
irrégulières libérées de l’obscurité 
verte des rochers de schiste 
propose-t-il

devant lui

le plan 
d’eau en miroir

le fil 
ténu comme 

un cheveu

le flotteur sensitif 

les habitants 
de la coulisse des eaux 

et 

les songeries 
se mêlent aux soucis

songeur
il 
énumère
  

les vingt-cinq mille 

picaillons

les trois nuages


trois
beau nombre
qui marche en toute occasion

les trente-sept vessies

une brème

trois vies 
une vie  n’est-ce pas trop peu ?

trois pies 

et 

un geai

un écureuil roux

une vipère

les neuf 
branches principales 
du chêne au-dessus de sa tête

onze canetons

les vingt-cinq mille 
picaillons m’échappent 
du fait de la 
sentence
de 

trois 
docteurs 
en philologies diverses

les trois 
nuages passent
les neuf branches bougent
la brème replonge

que 
d’agitation 
dans les nombres
que de métamorphoses 
dans les 
flots

qu’en augurer 








































Shuji Mukai 

untitled 

1993 

































des millénaires 

disparurent dans les lointains comme 

des orages

*

la poésie 

est 

le réel authentique et absolu



tel est le noyau 

de sa

phil [osophie ]








plus 
c'est poétique

plus 
c'est vrai





le beau est-il

un 
neutre

?

































je suis  d'avis que 

je ne puis conserver ma santé 

et mes esprits 

si 

je ne passe au minimum 

quatre heures par jour 

et le plus souvent davantage 

à flâner par les bois

les collines et les champs


entièrement 

dégagé de toute préoccupation 

matérielle





*


Marcher

c’est donc marcher vers son destin

ce qui suppose

le dépouillement total afin de se retrouver

seul face à soi-même

pour se construire

avec

ce matériau purifié par

la marche


avec 

H.D.T

































philosophie première


la poésie est comme la musique

qui existe si peu

dont on se passe si facilement


sans elle il manquerait quelque chose

bien qu'on ne puisse dire quoi















on peut

après tout  vivre sans le

je-ne-sais-quoi

comme

on peut vivre sans poésie

sans philosophie

sans musique

sans joie et sans amour

































La fin de l’État 

n’est pas de faire passer les hommes de la condition d’êtres raisonnables à celle de bêtes brutes ou d’automates, mais au contraire il est institué pour que leur âme et leur corps s’acquittent en sûreté de toutes leurs fonctions, pour qu’eux-mêmes usent d’une raison libre, pour qu’ils ne luttent point de haine, de colère ou de ruse, pour qu’ils supportent sans malveillance les uns les autres. 

La fin de l’État 

est donc en réalité la liberté. […] C’est donc seulement au droit d’agir par son propre décret qu(e l’homme) a renoncé, non au droit de raisonner et de juger ; par suite nul à la vérité ne peut, sans danger pour le droit du souverain, agir contre son décret, mais il peut avec une entière liberté opiner et juger et en conséquence aussi parler, pour qu’il n’aille pas au-delà de la simple parole ou de l’enseignement, et qu’il défende son opinion par la raison seule, non par la ruse, la colère ou la haine. 


Aussi s’agira-t-il de poser les limites de l’État et d’en dégager la finalité afin de déterminer ensuite un espace de liberté pour les opinions des sujets. 

Spinoza démontre à la fois que la liberté de philosopher est non seulement utile, mais nécessaire à la piété, et que la liberté de philosopher est également utile, mais aussi nécessaire, à la sécurité de l’État.
































lundi, juillet 15, 2019




c’est raisonner en enfant


de penser 

qu’il n’y a rien dans le monde 

qui soit différent 

de ce que nous voyons 

parmi nous


que c’est doublement enfant












de croire que ce que nous n’entendons pas

ce que nous ne concevons pas

ce qu’il n’est pas possible d’imaginer

ne peut être entendu

conçu et imaginé de personne 


qu’en conséquence

de ce qu’

une infinité d’ignorants

et de gens avides ont échoué dans l’étude 

de la philosophie hermétique

en conclure que ce qu’elle promet 

est purement chimérique et imaginaire



c’est 

le comble

de la présomption et de 

l’extravagance





























YVES LECLAIR

L'autre vie

Collection Blanche  Gallimard
Parution  

18-04-2019

ce recueil de poèmes en prose 
est fait de petits riens 
de la vie 


fragments de lettres
souvenirs
moments de grâce
bribes de conversation
impressions de voyages
cartes postales
prières
pensées 











ils composent une manière de journal poétique de haute tenue  où l'on surprend de-ci de-là entre apparitions et disparitions des appels des images et des échos non seulement du septième ciel mais de cette autre vie que le paradis promis ou l'au-delà spirituel figurent 

c'est 

simplement beau 
délicat coloré 
comme 

un vitrail

































un bleu / un rayonnement / une combinaison

la coupole du ciel

est
d'

un bleu admirable

le soleil

a

un 
rayonnement 
de soufre 
pâle
















c'est

doux et charmant comme

une combinaison

des bleus célestes et des jaunes
dans les 
Van der Meer de Delft




cela m'absorbe

tant que 
je me laisse aller
sans penser à aucune règle

VVG



































ce que nous appelons

NATURE

est

un poème











qui se trouve enfermé

dans

une 
merveilleuse 
écriture chiffrée






système 
de l'idéalisme transcendantal

1800

































les relations 

biophysiques entre les capteurs et les actionneurs

1 , 2 , 3 , 4 , 5

ont été fondamentales pour le développement

de formes de vie complexes



les organismes nageurs

génèrent des flux abondants qui persistent

dans les milieux aquatiques

6 , 7 , 8 , 9 , 10 , 11 , 12 , 13 









il est essentiel

pour la survie

de réagir rapidement aux

stimulis  externes


*



entre 

humain et animal

la rupture est abyssale 

mais 


la 

frontière 

ni une ni 

indivisible 



c'est 

une limitrophie 
complexe plurielle
que l'homme raconte 

autobiographique-ment





































pour qui veut bien regarder

tout

fait art

la nature la ville l'homme  le paysage







l'air du temps

ce qu'on appelle humeur

et sur toute chose enfin la lumière


elle considère

comme art involontaire 

le résultat heureux

d'

une combinaison 
imprévue de situations
ou d'objets organisés entre eux
selon des règles d'harmonie dictées
par le hasard 



cet art peu estimé flotte à la surface 

des choses

il est sans poids puisque la société

ne lui en donne pas



un art sans statut

une figure du hasard

un art démuni

un état d'être éphémère

une lumière parfois

un regard










































dimanche, juillet 14, 2019



Apidima 



remonte à plus de 170 000 ans 

et présente 

un schéma 

morphologique semblable à celui de 

Néandertal




Apidima 



date de plus de 210 000 ans 

et présente 

un mélange 







de caractéristiques humaines 

et primitives 

modernes


ces 
résultats 
suggèrent 
que deux groupes 
humains de la fin du Pléistocène 
moyen étaient présents 


un 
groupe

d’ 

homoglycémie précoce


population suivie 
par 

une 
population 
de Neandertal

































le sens des choses 

la direction des vents

le nom de ce que je ne connais pas

la couleur de l’espérance

la plénitude de l’amour

la présence 

assiduité
régularité
omniprésence
fraîcheur
existence
essence
compagnie
classe
assistance

vue

































au proche 
que l’on ne voit pas

au lointain 
que l’on croit voir



il vous 
faut naître de nouveau

jean 

3-7















ce que les hommes 

nomment 

amour

est

bien petit 

bien restreint et bien faible

comparé à cette ineffable 

orgie

à cette

sainte prostitution de l’âme 

qui se donne tout entière

poésie et charité

à l’imprévu

qui se montre

à l’inconnu qui passe



*




étant enfant 
il arrivait que tard le soir

une fois par an
vers la fin du printemps

une très vieille femme

avec 

une petite remorque à deux roues
vienne frapper au carreau embué de la cuisine 
où l’on voyait fumer la soupe


elle 
demandait 
alors si elle pouvait
coucher la nuit sous le préau 
de l’école

Mère de la route 

elle 
me fascinait
elle allait

je crois

à

Saint-Jacques-de-Compostelle



































poésie


acier riveté

bois tourné brunissures grain

douceur

rigidité rondeur longueur et lustre

fumée par la sueur


aiguisée  















exciter
enflammer
attiser
augmenter
stimuler
affiler
ranimer
surexciter
exaspérer
aviver
amincir
aiguillonner
affûter
accroître
travailler
repasser
polir











équilibrée  éprouvée

ajustée

bondissant e griffant e  agressive


*

dans l'atelier du maître ancien
on fabrique patiemment du bleu
au-dessus de quelque scène
champêtre ou religieuse

en fin d'après-midi
sur la surface saturée d'apôtres
de garces et d'antique
stupeur

un ciel 

incendié 
s'applique à dévorer 
le bleu derrière la nuque 
des personnages
































les mots 

comme des photons reconstituent

la figure d'interférence

visible seulement dans sa frange

brillante



pour certains

la révolution est à peine suffisante














ils partent

hantent les asiles dont ils font

une bibliothèque

habitent les prisons



flotte le feu de leurs rêves

créent

un pseudo-langage 

qui n'est plus entendu mais reconnu

de leurs seuls

semblables
































comportement
état d'esprit d'une personne 
animée par la joie de vivre la bonne humeur


Je

n’appelle pas

gaieté ce qui excite le rire

mais 

un certain charme

un air agréable

qu’on peut donner à toutes sortes de sujets

même les plus sérieux
































elle 
était là

elle 
est toujours là

on la sent  peu à peu  remonter en surface 

elle
vient de loin

elle
n’a rien compris ni rien
appris

son obstination résiste 













elle
est assise

elle
a son corps  

ses mots de passe
ses habitudes
ses réflexes

elle 
parle bas 

dans 
les salons
les ministères les commissariats les usines
à la campagne comme dans 
les bureaux


elle
a son catalogue de
clichés

des petites phrases arrivent
bien rancies
bien médiocres 


des formules 
de rentier peureux se tenant au chaud 
d’

un 
ressentiment 
borné 
































En Marche vers le buffet


un écologiste !

aime 

le jus de la vigne

les fruits de la mer

les homards irradiés et les fleurs désossées...


***














Que des élus fassent bombance avec l'argent des contribuables n'est pas une chose nouvelle. Ça n'est pas une surprise. C'est vieux comme le monde. Rien de neuf sous le soleil, tout se trouve déjà dans La Vie des douze Césars de Suétone - une bible païenne et libertaire... Caligula qui nomme son cheval sénateur, Néron qui fout le feu à Rome, Tibère qui sodomise des petits garçons, changez les noms, les forfaits demeurent. Ce même Suétone qui, pistonné par Pline le Jeune, obtient le statut de père de famille nombreuses alors qu'il n'a pas d'enfants! la semaine vue par M.O
































samedi, juillet 13, 2019



on nous a instruits

cultivés

polis

qu'y avons-nous gagné ?

un air affecté

et c'est tout

*















lorsque le jour

éclate

dans sa simplicité

alors affleure

cette richesse glacée

comme

un seau 



je 
note 

un bref poème 

souvenir 
d'
une rêverie

trace 
qui fixe pour longtemps


une fugitive pensée



























Je vous aimais... 
et mon amour peut-être
Au fond du cœur n'est pas encore éteint. 

Mais je saurai n'en rien laisser paraître. 
Je ne veux plus vous faire de chagrin. 
Je vous aimais d'un feu timide et tendre, 
Souvent jaloux, mais si sincèrement, 
Je vous aimais sans jamais rien attendre...
Ah ! puisse un autre vous aimer autant.



elle
découvre 

un roman
extraordinaire dans 

une bibliothèque 
qui recueille les manuscrits refusés 
par les éditeurs








le 
texte 
signé H. Pk devient 

un 
best-seller


pourtant
ce pizzaïolo breton 
décédé deux ans plus tôt
n’aurait jamais lu de livre 
ni écrit autre chose que sa liste de courses

un célèbre 
critique littéraire va mener l’enquête 
avec l’aide de la fille de l’énigmatique 

H. Pk

































DÉSIR 

vite plus vite ta langue à plat 
s’y attarde fais face et fixe statue de marbre 
mordillé jusqu’au 
sang 

l’air fait se déplacer 
un pointeur

une pelle 
soulève la surface vide

oracle au fond 
d’
une boîte d’allumettes












un centimètre 
de terre toutes sortes d’articles

alphabet 
d’

un porteur d’eau

DÉSIR 
vertige 
d’

un coup brusque 
bouche et caresse en cadence 



































une étendue mesurable

oui
mais qui

eût pu tout aussi bien 
être

incommensurable 

et aussi
loin que l'esprit
pouvait l'embrasser


elle
était 
en réalité
sans limite


































un rien
un désir

un songe
une caresse 
un livre

une ombre
une éclaircie
un gouffre

un nom
une stèle
une croix

une louve
une reine
une déesse










un soupir
un regret
une rose

une prière
une espérance

un philtre
une hébétude
un printemps

un grand silence

un écho perdu

un nuage
un éclair
un sablier

un oracle
une blessure
un vertige

une fille de la nuit
une moire ravaudeuse

un cri par effraction

un chemin
une lisière
une légende

une poudrière
une clairière
une absence

une aile
un chant

un rien
un désir
un silex

une fugueuse
une poupée

une flèche
une corde

un-arbre-seul

néant

































DÉSIR 

des jours élus

Fête

elle 
vit toute rencontre de l'être aimé
comme


une fête

UNE FÊTE

c'est ce qui s'attend















ce que j'attends de la présence
promise

une 
sommation
inouïe de plaisirs

un festin

je vais avoir devant moi
la source
de tous les biens


je vis
des jours heureux
que Dieu réserve à ses élus
et qu'il advienne de moi ce qui voudra

je ne pourrai
pas dire que les joies
les plus pures de la vie
je ne les ai point
goûtées 


la Fête

pour l'Amoureux le Lunaire
c'est

une 
jubilation

ce n'est
pas

un 
éclatement


je jouis 

du dîner
de l'entretien
de la tendresse
de la promesse sûre du plaisir


un art 
de vivre au-dessus de l'abîme 




n'est-ce donc rien 

pour vous

d'être la fête de quelqu'un

?


































DÉSIR 

toujours

une mutation
laisse des pierres d'attente
pour

une autre mutation

DÉSIR 

















un son
juste 
un son

dans le flot du mystère
dans le tempo de l'instant

DÉSIR 

une voie possible
sous l'effroi du silence



DÉSIR 

une soif de réel

un éclat de l'être

une force sans ombre

un appel 
à vivre en terrain découvert

un grand rêve éveillé

































un livre 

doit être la hache qui brise la mer gelée 

en nous

ici






























dimanche, juillet 07, 2019


Le soleil dans les mots


Fondre comme neige au soleil

Rien de nouveau sous le soleil


Une place au soleil

Avoir des biens au soleil

Cela n’a vu ni lune ni soleil

Un rayon de soleil dans la vie
















Faire sa cour au soleil levant

Piquer un soleil

Une couleur qui passe au soleil

Prendre un bain de soleil

Un coup de soleil

Exécuter un soleil

Ce poisson à reçu six soleils
il est resté six jours sur la grève

Le soleil de minuit

L’empire du Soleil Levant






La lune dans les mots

Depuis des lunes

Lune de miel

Pêcheur de lune.

Poisson-Lune.

Sel de lune

Aboyer à la lune

Confrère de lune

Visage de lune

Coucher à l’enseigne de la lune

La lune est le soleil des loups

Faire révérence à la lune

Exécuter un coup de pied à la lune

Tomber de la lune

Avoir des lunes

Être bien luné

Être dans la lune

Demander promettre la lune

Vouloir prendre la lune avec ses dents

Montrer la lune en plein midi

Il est bête comme la lune

Faire un trou à la lune


































Dans le monde numérique contemporain

le langage est devenu 

un espace provisoire

passager et déprécié

simple matériau pour être déblayé

reformaté

stocké

et repris dans n’importe quelle forme 

adaptée

avant qu’on s’en débarrasse 

aussi vite











Parce que les mots d’aujourd’hui 

ne coûtent rien et sont produits à l’infini

ils ne sont que déchets

représentant peu

signifiant encore moins



La perte de boussole 

par la réplication ou le spam 

est la norme



Les notions d’authentique ou d’original 

sont de plus en plus 

intraçables 



Ce que nous ne pouvons télécharger 

n’existe pas


La régurgitation est le nouveau mode non créatif 

au lieu de créer

nous honorons et chérissons



embrassons la manipulation 

et la réutilisation 






























Comment représenter le réel ? 

C’est la question que s’est posée la peinture face à la photographie et au cinéma au XXème siècle. En ce début de XXIème siècle et avec le numérique, la question concerne désormais la littérature : comment écrire sans écriture ? 

Comment écrire à l’âge numérique où la création avec tous ces textes, en « open source », ces messages, ces copier-coller qui pullulent en ligne et en réseau, n’a plus lieu d’être ? Comment écrire à cet âge où la figure d’un auteur seul, à son bureau, dont le geste consistant à tracer des lettres sur une feuille, n’a plus lieu d’être non plus ? 

Réponse avec le professeur et poète américain, Kenneth Goldsmith, dans cet essai tout juste traduit en français (par François Bon), L’écriture sans écriture, du langage à l’âge numérique. Et en 4 exemples 















C’est le poète japonais Shigeru Matsui à qui l’on doit ces « purs poèmes », soit des « codes alphanumériques binaires » qu’on trouve en informatique. Et c’est un 1er exemple pour répondre à la question : comment écrire sans écriture ? 

D’abord, en n’étant pas créatif. Certes, ça fait longtemps que l’auteur tout-puissant est battu en brèche, avec les ready-made, les collages et les samples. Mais dans l’écriture, qu’on la critique ou pas (qu’il s’agisse de Platon qui la voyait comme le tombeau de la mémoire ou de Derrida qui en faisait la trace de sa Grammatologie), une idée persiste : celle du créateur qui écrit une œuvre originale, unique et transmissible. 

Or, ce qui compte ici, ce n’est plus qui parle et ce qu’il dit, 1er ou pas, original ou pas, mais la manière dont cela est dit, construit, conçu, faisant du génie une sorte de programmeur web.  

Parfois, à écouter Guy Debord, on peut se demander ce qui distingue son ton monotone d’un code informatique… En cela, il préfigure d’ailleurs cette nouvelle écriture sans écriture : celle où l’auteur importe moins que le texte, celle aussi où le sens originel importe moins que le réagencement, la reprise, la relecture et que le détournement dont il fait l’objet. 

C’est la 2ème réponse à « comment écrire sans écriture ? » : en abandonnant certes le geste 1er de la formation des phrases, mais pas la manipulation de ces mêmes phrases. Debord proposait de dévier de nos chemins connus, et c’est bien ce qui passe aujourd’hui, avec par exemple : la dérive du chef d’œuvre de Kerouac, Sur la route, redactylographié intégralement sur un blog ; avec, aussi, le détournement des pires résultats de requête Google ; ou avec ce mot « rouge » que l’on fait dérailler… 

Ce n’est pas du Frédéric Chopin, mais du Henri Chopin. Et c’est le 3ème exemple que l’écriture sans écriture, c’est non seulement de la reprise (sans auteur), du détournement (sans un sens définitif), et c’est aussi un dépouillement : loin de là le contenu, original, propre et 1er, et le contenu tout court. 

Peu importe qu’il s’agisse du mot « rouge », peu importe son sens, l’idée est d’en entendre la texture et les tensions, le contexte où il émerge et qui révèle cette matière tendue. Ecrire sans écrire, c’est ainsi accorder toute son importance non plus à ce qui est dit, mais au dire lui-même, non plus au contenu mais au contexte : 

Enfin, dernier exemple : Georges Perec et sa « Tentative d’épuisement d’un lieu parisien » pour répondre à cet impossible projet : comment écrire sans écriture. Kenneth Goldsmith le cite, enfin, pour révéler la fécondité de l’ordinaire. Traitement de texte, base de données, identités cryptées : vous pensiez recopier, répéter, plagier, vous vous pensiez englué dans le quotidien d’une écriture non-créative, vous en sortez pourtant renouvelé. 


































Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.
Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
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de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

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