samedi, août 31, 2019





Poser l’oreille contre 

un coquillage

c’est se donner à entendre tout 

un océan









Le bruit coloré afflue et reflue en vagues interminables enserrées dans l’espace nacré et étroit. 

Pourtant, c’est un en-dehors qu’on perçoit, un espace ouvert. 

L’oreille porte l’auditeur au loin. 

L’impression de mer atteste de la tangibilité d’un son prisonnier d’une conque. 

C’est bien le son de la mer qu’on entend à travers le coquillage. 

Une telle écoute n’expose pas pour autant un son océanique. 

Elle révèle au contraire des territoires parsemant l’océan, des territoires en archipel.

Le coquillage n’est pas le bord de mer. 

Il n’est pas le lieu de l’expérience d’une mer authentique, même si l’expérience d’écoute de la mer à travers lui est authentique. 

Il n’est pas non plus le lieu du mystère, au contraire. 

Le coquillage ne peut que restituer le bruit de la mer. 

Quel intérêt pourrait-il présenter sans cela, sans offrir la certitude d’entendre la mer en y posant l’oreille?

L’expérience du bord de mer, quant à elle, peut offrir de l’inouï.

Dans le monde entier ont été entendus sur certains rivages des sons inexpliqués, probablement liés à des événements atmosphériques. 

Ces bruits, appelés «mistpoeffers» en Europe ou «uminari» au Japon, résistent à une description simple. 

Souvent comparés à des coups de tonnerre ou de canons, on les associe parfois à un roulement de chariot ou à un écroulement de rochers. 

Le fait est que ces «exhalaisons sonores», audibles à des kilomètres à la ronde, pesant sur l’oreille comme si elles allaient «défoncer le tympan», saisissant l’auditeur et engendrant chez lui «un ébranlement à la fois physique et moral», intriguent et inquiètent (1).

Le bruit de la mer, captif du coquillage, n’inquiète pas. 

Au contraire, il rassure, soulage. 

Il affirme une permanence, une tranquillité, là où le son mystérieux des bords de mer ne révèle rien. 

En fait, un tel son ne s’origine pas lui-même, c’est un son qui n’a pas de lieu ou qui n’a tout simplement pas lieu. 

Le son inexplicable occupe l’espace et s’y dissout sans laisser de trace, mis à part, peut-être, celle d’où jaillit l’inquiétude constatant précisément l’absence de trace. 

Dans les environs de Naples, il existe une croyance qui attribue l’origine des chants populaires à Virgile. 

Un recueil écrit de sa main serait tombé au fond de la mer et c’est en collant l’oreille contre un coquillage que les chants du poète auraient été découverts.

À travers le coquillage se révèle le caractère double d’une écoute où à la fonction sensible se superpose toujours une fonction de langage. 

Le bruit de la mer et les poèmes de Virgile ont tous deux le même vecteur sensible et la même destination. 

Son et audition.

L’oreille, à la mesure d’une telle écoute, s’inquiète, se rassure, tisse des rapports d’intimité avec l’inconnu ou forge un savoir à travers le langage. 

L’oreille est fragile.

Elle est sous influence.



1

Cf. E. Van Den Broeck, 

«Un phénomène mystérieux de la physique du globe»,

in Ciel & Terre
n°17

1897






François J. Bonnet

Les mots et les sons

un archipel sonore 































vendredi, août 30, 2019



ode au feu transformant

comme il est singulier
qu'en voulant la libération
on tremble devant elle

Ashtâvakra Samhitâ 





















I

JANAKA 

comment
s'obtient la connaissance

?

Comment
se produira la délivrance

?

Et l'absence de toute passion
comment s'obtient-elle

?

Maître
dis-le moi   
||1||




ASHTAVAKRA 

Tu veux
te libérer  mon fils

?

Renonce aux objets
c'est un poison

Patience
droiture et compassion
joie
vérité
c'est le nectar qu'il faut goûter

||2||

éclat




Les paroles

du Huit-Fois-Difforme

Ashtâvakra Samhitâ































Notice

sur la translittération et la prononciation

des termes sanskrits



les substantifs athématiques translittérés
gardent la désinence -s
exemple
Buddhis
la prise de conscience
















les substantifs et adjectifs verbaux thématiques
sont translittérés dans leur forme
de radical nu 
Yoga s
l'attelage  Yukta
l'être  attelé
pour les distinguer des substantifs athématiques
tels que Manas
où le -s
appartient au suffixe -as

Sh a translittère deux sifflantes
la sifflante palatale x
celle de Shiva
et la sifflante rétroflexe ou cérébrale W
celle de Purusha







se prononce 
tch


se prononce 
dj

U
se prononce 
ou

Au 
se prononce
ao



































séance 

161

proposition d’écriture 

décrire minutieusement les objets du quotidien  la répétition de gestes machinaux  laborieux  jusqu’à donner le vertige  dans un bric-à-brac qui multiplie pêle-mêle les structures du néant

utiliser des phrases nominales courtes  cinglantes  pour y parvenir  des verbes à l’infinitif  ou à l’aide du pronom personnel on 

la langue  elle aussi  traduit la déshumanisation opérée par le travail et participe de la même puissance hallucinée de susciter l’illusion des choses

Composants  Thierry Beinstingel  Fayard  2002













présentation du texte 

le monde du travail est le thème du livre de Thierry Beinstingel 

le livre retrace la vie quotidienne d’un intérimaire pendant cinq jours

vingt chapitres se succèdent selon un ordre chronologique  du lundi matin au vendredi soir

toujours le même scénario  
les 2 heures et quart de transport à l’aller et au retour  les heures passées à travailler  les pauses cigarettes  la gamelle  les repas avec la famille  les nuits

la mission 
coller des étiquettes sur des boîtes d’engrenage et de composants puis les ranger sur des étagères 

l’environnement 
un hangar sans chauffage et sans électricité  situé dans le pôle d’activité d’une lointaine banlieue

une femme et deux enfants un licenciement après 15 ans passés chez un équipementier automobile à fabriquer des tableaux de bord  des petits boulots puis l’intérim 
on sait finalement peu de choses sur ce travailleur des temps modernes  pas même son nom 

une absence d’identité à l’image de l’univers dans lequel il évolue 
un milieu clos peuplé de figures anonymes  et complètement déshumanisé  où la répétition de gestes machinaux le rend étranger à son propre corps

pour s’évader  pour donner du sens à des gestes qui n’en ont pas  l’intérimaire trouve une échappatoire  la lecture d’un catalogue engrenages et composants mécaniques utilisé pour classer les objets à étiqueter

à l’intérieur  des poulies  des engrenages  des chaînes  des courroies  des amortisseurs de chocs rotatifs  en acier  des roues libres combinées à aiguille  en acier et plastique  les mots  même les plus insignifiants  donnent vie à ce monde d’objets inanimés  faisant de l’intérimaire un  fidèle officiant de cette religion technique 

ce surgissement inattendu de la beauté dans cet univers si désinvesti par l’humain fait de Composants un livre étonnant sur le pouvoir des mots, leur poésie et leur capacité à réinvestir le réel





Extrait 

L’alignement de boîtes blanches à l’intérieur, impeccablement rangées dans le même sens et la répétition de la mention sur une étiquette collée parfois légèrement de travers Courroies Synchroflex. 

Passant cinq minutes à feuilleter le registre d’inventaire et s’apercevant qu’elles sont triées par " pas " croissant, puis par longueur et nombre de dents, en dernier par largeur.



Lisant plus précisément l’étiquette des boîtes : 
courroies Synchroflex en Polyuréthane, 
pas 10mm, 
température d’utilisation -30°C à +80 °C, 
vitesse maxi 40m/s et rendement jusqu’à 98%. 

Longueur 780 mm,
78 dents. 

Largeur 32mm. 

Dégageant quelques éléments, 
constatant trois rangées de vingt boîtes chacune. 

Collant une étiquette sur chaque boîte et la dernière étiquette à l’endroit prévu sur le registre, 
non sans mal pour le retrouver parmi les douze sortes de courroies Synchroflex. 

Remettant toutes les boîtes dans le carton, 
le carton sur le diable.

...


































combien 
ce qui nous arrive est 
d’

un seul tenant

combien
chaque chose est liée à l’autre

et s’engendre
et grandit
et se forme d’elle-même

















il
nous arrive
de reposer dans ce
réseau

de forces
et d’influences



les
étoiles
se sentent en
sécurité

*







la grande solitude intérieure


aller en soi-même

et ne rencontrer pendant des heures 

personne


Rilke































jeudi, août 29, 2019


il s'agit 

seulement 
de s'entendre 

sur le domaine 
où l'on ne vaut rien




on ne risque guère 
d'en exagérer l'étendue






























par 

une brèche de la clôture
l'on voyait les reflets de l'étang

bien entendu
je descendis à mon tour

peut-on
passer sans s'arrêter devant

une demeure
où la lune se mire dans l'eau

?




















31 679

si peu que ce soit
le vent vous l'apportera
même s'il ne peut
se mesurer au parfum
des rameaux couverts de fleurs


































analogie
voisinage
similitude
ressemblance
liaison
contact
association
proximité
rapport
adhérence
mitoyenneté



des contiguïtés 












ou des ressemblances de faits les associent  

phénoménologie de la perception

relation de contiguïté

proximité immédiate de deux unités 

dans la chaîne du discours
































parce que ce qui est souvent sans rapports immédiats dans le temps des horloges ou l'espace mesurable peut se trouver rassemblé et ordonné au sein du langage 
dans 

une étroite contiguïté 

une épingle
un cortège
une ligne d'autobus
un complot
un clown
un état 
un chapitre 

n'ont que 
c'est-à-dire ont ceci de commun

une tête












l'un après l'autre les mots éclatent comme autant de chandelles romaines  déployant leurs gerbes dans toutes les directions

ils sont autant de carrefours où plusieurs routes s'entrecroisent. 

et si  plutôt de vouloir contenir  domestiquer chacune de ces explosions  ou traverser rapidement des carrefours en ayant déjà décidé du chemin à suivre  on s'arrête et on examine ce qui apparaît à leur lueur ou dans les perspectives ouvertes  des ensembles insoupçonnés de résonances et d'échos se révèlent


































je prélève 

un segment de texte 

dans 

une page de Joyce

Also I think I. Yes I. 


je sépare ce segment du reste 

et j'en fais 

une proposition 

le oui-je Yes I équivaut à I will










dans tout cogito

la volonté de position de soi

auto-affirmation

s'adresse à l'autre

elle en appelle au oui de l'autre

il faut pour cela deux oui 

I think I Yes I

*



la question ici est
a-t-on le droit de prélever ce segment

?

on ne peut pas
le séparer du texte qui l'entoure
de la première à la dernière page d'Ulysse
ni d'ailleurs du contexte
et pourtant on le fait
sans quoi
il n'y aurait pas de pensée possible

on n'a pas le droit de le faire
mais il faut le faire.



c'est toujours légitime et illégitime
à légitimer comme 
un bâtard 

je ne transgresse pas

je juxtapose

j'ai le droit

et aussi

pas le droit

c'est illégitime et aussi légitime


pourquoi



parce que c'est toujours ainsi 

qu'on écrit

































l'écriture est discontinue

le langage 
rompt la totalité et procède par 
fragments

celui-ci étant la forme de l'écrit

la lettre est séparation 



entre les signes 

une distance 

généreuse entretient l'absence












il y a 

un lapsus 

essentiel entre les significations

une césure 

qui fait surgir le sens



l'écriture ne sera jamais la nature 
elle ne procède que par 
sauts






aucune logique

aucune conjonction

aucun récit

aucun discours philosophique

aucun ordre des raisons et des déductions 

ne peut venir à bout de ces 

discontinuités





































Chasse l’illusion ! 

Rends-toi libre ! 

Sors de ton rêve ! 

Élève-toi à l’état d’ illumination ! 







il est le même

dans les honneurs et dans les opprobres

le même envers les amis

et les ennemis


le Connaisseur affecte

selon les circonstances, 

le comportement 

d’

un homme privé de raison


celui 

d’

un enfant 

ou celui 

d’

un génie des ténèbres


on le prend tantôt pour 

un insensé 

et tantôt pour 

un sage 


parfois

il est investi 

d’

une splendeur royale 

parfois 

ce n’est plus 

qu’

un moine itinérant 


parfois

comme 

un python

il gît 

immobile 



parfois 

son visage s’éclaire 

d’

un bienveillant sourire 



*




tantôt 

les hommes lui rendent les honneurs 

tantôt 

ils l’insultent 

tantôt 

ils ne le remarquent même pas 



































Brancusi

Portrait of James Joyce

1928


*

par quel instrument pourrait-on connaître 

le connaisseur 






une vache 

se préoccupe-t-elle de la guirlande 

que l’on a suspendue 

à son cou 




après avoir rejeté le corps au loin

comme s’il n’était qu’

un cadavre

le Sage ne s’y rattache 

jamais plus


alors même que 

conséquences d’actions antérieures

il le perçoit encore 



au même titre que l’ombre qui l’accompagne

ce corps n’est plus pour lui qu’

une simple apparence






























mercredi, août 28, 2019


il faut libérer le fleuve

.
un excès 

de questions peut éliminer 

les réponses

au 
commencement 
est 
la connaissance  

dès que le pied humain se pose dans la vie  
l’homme y cherche sa place  
appelle à l’aide  
désigne le personnage 
du guide

c’est 
Homère 










qui apparaît sous la forme d’un rêve 
dans le sommeil et Les Annales 
de Quintus Ennius  père 
de la poésie latine 

Virgile dans L’Énéide 
reprend l’idée et se met à voyager 
avec Énée

Dante 
conçoit le projet de La Divine Comédie 
et s’approprie l’idée du guide en s’exposant 
au souffle de celui qui montre le chemin  
Virgile

Jacques Lacan  
parce qu’il ne peut découvrir Rome seul  
cherche un guide qui l’aide 
à se frayer 

un chemin à travers 
un trouble 

Lequel ? 

Jacqueline Risset 
apparaît   jeune inconnue
belle agrégée

elle s’est exilée à Rome  
ville qui a troublé profondément 
Sigmund Freud


au fil des années  
de rencontres en promenades et découvertes  
de parcours en révélations  
guide et docteur arpentent  
regardent  écoutent  
déchiffrent

histoire 
séparée pour elle et pour lui 
dans l’Histoire

histoire parallèle 
avec 

enjeu poétique et 
enjeu 
psychanalytique 

histoire unique  
surabondante de vie où ils se découvrent 
tout entiers


un dimanche matin  
printanier de 2018  l’auteur compose normalement 
le numéro de téléphone de Jacqueline Risset 
alors décédée depuis 
4 ans

sonnerie normale

sonnerie 
sonne et soudain lui saute à la figure 
la preuve


la Troisième 

s’écrit comme 

un jeu de construction

































35

aller et retour des paillettes


il fait trop froid pour voyager

trop froid

l'attention
l'inspiration

plus tard beaucoup plus tard


l’œil tombe en panne





36

par le sel








odeur digitale de la nuit

des myriades de moustiques

des jeux de lumière

je me souviens de tout





37

il y avait une fois

une femme

un homme


je frémissais d'énervement

l'affiche était mauvaise


































la poésie 
est un pur rien d'autre à 
partager



la magie des figures

fait oublier

l’infini des matières


l’éclair de temps 
où quelque chose se tient entre les mains 

vous est aussi lointain et indistinct 
que les étoiles elles-mêmes

ce vieil espace de rêve 
nocturne








un jardin

le ruissellement secret
de la lumière
dans chaque 
feuille



s’il en était autrement 
je voudrais richement vous le faire payer

mais tel que c’est
nous n’avons rien qu’un pur rien d’autre 
à partager



les règles de l’harmonie

font oublier

l’infini des vibrations



il 
était
il est et il 
sera 

une fois un

multiplication 
créant souffle en puisant l’air




quels mots
quelles formes
pour retenir

ce qui n’est qu’écoulement


































un corps 
une lumière bleue
une lampe-torche
un désir
une déception
une métaphore 

tiens-toi 
où 
tu es


tu commences 
par te déplacer 
avant que

tu 












sois rejetée à l’intérieur 
de ton propre
corps

tu soulèves tes paupières

tu t’épuises 
à regarder vers la lumière bleue

tu pourrais construire 
un monde 
à partir du besoin 
ou
tu pourrais tenir 
toute chose en noir et voir

tu renvoies le vernis

tu gardes tout le noir

tu te restitues 
jusqu’à ce que 
rien 
ne reste que 
le blues bleu s’estompant 
d’une métaphore


































Plongeurs
Garçons d'ascenseur
Femmes de chambre
Joueurs de dés
Cuisiniers
Serveurs
Jazzmen
Nourrices
Dockers
Noceurs
Auteurs de revues
Comédiens de cabaret
Et musiciens de cirque















Dish-washers
Elevator-boys
Ladies' maids
Crap-shooters
Cooks
Waiters
Jazzers
Nurses of babies
Loaders of ships
Rounders
Number writers
Comedians in vaudeville
And band-men in circuses





Langston Hughes

Dream-singers
            My people

Langston Hughes

Story-tellers all
My people

Mes beaux habits au clou


















un lac 

une insondable eau bleue  

un lac dans l’espace ! 



semblable 

à l’entrée de quelque voie triomphale 


de l’éther



































le ciel était couvert

mais 

d’

une masse 

si magnifique 

de  vapeurs assemblées  


que 

Dickinson ne l’eut pas souhaité 

autrement




































les profondeurs aux ombres vertes  
les primevères pâles
les pierres du sous-bois
la végétation spongieuse
les tiges grasses des jacinthes
l’ombre des noisetiers
la verdure fraîche des lychnis
les grains de poussière
le goût des nuits dorées
le lit rouge
les draps lisses et chauds
les petits bruits effrayés
le matin
les plis illisibles
l’odeur de nos corps
le bois des miroirs 



































c’est à cette même heure 



la solitude prend l’eau  

que 

Josse 

débute son hommage à 

Kerouac 




rencontres amicales 

et 

houblonneuses



































un événement
un spectacle
une anecdote

sous tous les angles 
et avec tous les tons et les sons possibles


un texte 
polyphonique à la forme éclatée

Let’s let’s go

en phrase liminaire l’auteur précise  

ce livre 
s’inspire de faits réels qui n’ont pas 
eu lieu

































Rimbaud et le Fleuron

Fleuron : 


sois 

jaloux de ta solitude ! 

Jaloux de ton indépendance ! 



















ce qui 
est au-delà des castes et des
croyances

la famille et le lignage

ce qui 
est dénué de nom et
de forme

ce qui 
outrepasse le bien et
le mal

ce qui 
transcende l’espace

le temps et les objets des sens 




c’est Brahman

et tu es 

ce Brahman !

médite sur lui 

dans le lotus de ton cœur

































creusant ces matériaux

que sont la pensée et le langage

avec ces outils que sont le langage et la pensée


la poésie creuse également

dans cette boucle infernale et fascinante

une brèche


peut-être 

peut-on résumer la poésie

à l’exploration minutieuse de cette 

brèche










les étoiles sont aussi pures
dans cette nuit
d’été

que les sources où j’ai bu
perdu dans les 
montagnes



les fleurs de rêve 

tintent
éclatent
éclairent


































TEMPOREL

le temps qu’il fait

les déplacements

les conversations

la lourdeur ambiante

le conformisme montant

la violence

mais aussi 

les plaisirs les éclaircies












INTEMPOREL 

la bibliothèque sans cesse revisitée

les surgissements de mémoire

la pensée qui veille


voilà  
c’est son tourbillon 
d’existence au jour le jour 
notations brèves ou retours historiques



dans ce laboratoire
le réel se filtre
se trie
se redouble
s’orchestre

le terrible y côtoie le comique

le constat de la bêtise et du Mal l’aile du Bien

le Mal est constant et sanglant

le Bien furtif mais plein d’espérance



la dévastation est à l’œuvre

mais

l’attente et le réveil ne doivent pas 

faiblir




si 
ce que vous avez entendu n’est pas 
de moi mais du sens

il est 
sage aussi de dire pareillement 
à ce sens 



l’Un est Toutes

Choses


chaque venue

d’averse flamboyante

étayait patiemment la trêve de la salamandre

































le désir 
la colline les étoiles et le vent

les arbres 
les vœux et le chemin



le désir habite ces terres
et les simplifie

lorsque l’aube approche la colline
les étoiles ralentissent
et le vent touche 
les arbres

aucune lumière plus vive et plus pure
que le désir 


















les vœux sont annulés

l’été brille incompris

les chemins sont déserts et l’eau attend

mais 

d’où cette joie 

à me lever et partir

à me coucher et partir

?


à aimer et partir


































un chemin de terre

rien que la terre 
sous mes
pieds 

un chemin de terre
dans les yeux 



un chemin de terre 
au fond visible
impatient 
boisé 

un chemin de terre
dans 
le corps 
de cette femme











un chemin de terre 

dans 
le corps 
de la terre 
un chemin de terre 
dans 
le ciel en hiver 



un chemin de terre 
et dans le ciel 
en automne 
calciné 

et le ciel
en été bombardé 

un
chemin 
un long chemin

de terre





un long
merveilleux 
périlleux chemin de terre





un chemin dérobé 

chemin
creux détourné 

un 
chemin 

oui

un 
sentier 




une trace
une trace de terre
un chemin jamais foulé 



























mardi, août 27, 2019


il pensait il disait


quelques signatures conceptuelles 


différance 

spectre 

viens !



il 

pensait comme 

on vient à 

un rendez-vous












comme 
on griffonne trois mots 
sur 

un bout de papier 

ou bien comme 
on décroche son téléphone 



habitant des villes éloignées
nous usions beaucoup de cet appareil

j’entends 
toujours le ton très particulier, 
mêlé d’hésitation et de décision, 
sur lequel 

il 
disait 

c’est Jacques 
































une cueillette un volcan

j'aime 
la poésie impersonnelle

voici 

l' une 
de mes cueillettes 

au pied 
d'
un volcan


l’étrange parfum des fleurs exotiques






















la couleur des balisiers

la poétique de la toponymie

les formes tropicales transformées en forces

le cimetière qui est une plage

la trace sur le sable d’un enfant à venir

le pays natal où l’on n’est pas né

la vie sous l’eau

le regard d’un serpent 

l’œil d’un poisson flûte

la lenteur des animaux marins

les séquences d’une pèche miraculeuse 

les lumières de la nuit dans un mouillage

l’ombre de Gauguin

la géométrie cosmique d’un squelette d’oursin

le surgissement d’un cercueil

la secousse d’un tremblement de terre

les temps de l’holothurie ou du colibri

le langage des bateaux

le langage des oiseaux

les cartes marines

la déesse rousse du volcan

les lumières d’un vaisseau fantôme

la naissance de la nuit

la cérémonie d’une noce païenne

l’énergie du rayon vert

le partage des eaux avec une tortue

la furie d’un combat de coqs

la mélancolie du carnaval




































un ramas de boutons d'or


ce 
qu'elle propose 
c’est 

un cahier 

ce n’est pas 

un livre











des bouts et des fragments 
écrits à l’abri de 
toute lecture

des pages sauvages
libres de désordonner
sans arrière-pensée
sans visière
sans calcul 
sans arme
sans aucune défense

un ramas 
de boutons d’or

des éclats herbeux 
dont le charme pour elle 
réside dans la brièveté

une poussière d’astres 
sur la terre oisive autour de la tour de 
Montaigne

des souffles

des battements

même pas des phrases

même pas des épiphanies quoique

juste 

une façon de se tenir la main

sans ambition

sans loi



un cahier un livre
un ramas
une poussière d'astres
une façon de se tenir la main



action de ramasser
résultat de cette action

fait de ramasser sans autorisation
du bois

des feuilles
des faînes
des glands

amas 
hétéroclite d'objets le plus souvent 
sans valeur

accumulation de choses inexactes
sans intérêt
sans valeur

un ramas de faussetés 
de commérages de bêtises

battant 
l'air de phrases 
vides

il débitait 
un ramas de lieux communs 
































il y a 

un mot

vous vous souvenez peut-être

que je n’avais pas essayé de justifier 

et 
c’était celui
de 

question
































faut le faire

signale la nécessité de la pratique

le passage 
du contempler et du dire à 
l’agir et au faire

mais 
d’autre part

faut le faire

peut 
aussi renvoyer à 



une détermination 
pratico-révolutionnaire 

plutôt qu’à 

une détermination 
théorique de la praxis






comme si
afin d’être révolutionnaire
la praxis devait déjouer l’opposition
entre théorie et pratique
et se déterminer déjà à partir 
d’elle-même


































les changements 
ne sont que rarement à l’échelle 
individuelle 

et
faute de pouvoir 
les connaître selon ses désirs

reste 
à vivre en sachant 
que 

le sable
l’eau et le ciel existent 

bonheur mélancolique  
qui n’exclut pas les inquiétudes

reste 
le rêve de la salamandre  
de prêter à tous 
sa lumière 









dans 
le soleil 
de la salamandre 
quelques moments 
d’

une vie 

sont retenus 
et privilégiées 

les relations avec l’extérieur


































une langue  qui ne se parle pas 


qui ne nécessite  pas 
d’interlocuteur

langue pour soi
qu’il n’est pas indispensable de parler
sinon 

à soi-même à voix basse 



si
il y a 

silence des mots

pour qui la pratique
la langue 
alors
conduit 
à 

une complète solitude

































lundi, août 26, 2019


Bernard Lamarche-Vadel 

éditions 

Unes




l'idée principale 

était de favoriser la plus grande immobilité 

des choses















de parler très peu


et 

de contempler

le plus longtemps possible

des intervalles

où rien de particulier ne se passait


et 

l'idée était aussi d'être heureux

dans

l'état stationnaire 


de ne plus vouloir

à côté de l'état où j'étais

mais

de me pelotonner dans la chaleur de l'état

dans le réconfort d'une durée

sans aucun accident

ni des pensées ou des imaginations

qui m'auraient poussé à déborder ou entreprendre




Je 

me contentais

très bien

des idées nécessaires

et 

de l'imagination suffisante



*


il 

aurait pu se calfeutrer

dans

un seul étage

et le faire bien chauffer


le croire

serait mal le connaître



il 

s'est installé 

dans 

la tour





























































une église monumentale

rustique et dorée 

comme 

une meule 




Je 

me promettais de venir 

là 

plus tard 

avec des lignes 


*






Le côté de Méséglise avec ses lilas, ses aubépines, ses bluets, ses coquelicots, ses pommiers, le côté de Guermantes avec sa rivière à têtards, ses nymphéas et ses boutons d’or, ont constitué à tout jamais pour moi la figure des pays où j’aimerais vivre, où j’exige avant tout qu’on puisse aller à la pêche, se promener en canot, voir des ruines de fortifications gothiques et trouver au milieu des blés, ainsi qu’était Saint-André-des-Champs, une église monumentale, rustique et dorée comme une meule 


































la chose 

contenante et la chose contenue


substantivement


le contenant est toujours plus grand 

que le contenu




une eau durcie et un cristal liquide

contenant et contenu

*


je m’amusais 







à regarder les carafes

que les gamins mettaient dans la

Vivonne 

pour prendre les petits poissons

et qui



remplies par la rivière

où elles sont à leur tour encloses

à la fois 

contenant 

aux flancs transparents comme

une eau durcie

et 

contenu 

plongé dans

un plus grand 

contenant de cristal liquide

































l’amour 

est le principe qui rend la magie possible

l’amour agit magiquement




la magie

est le fondement 

qui rend l'amour possible


l'âme agit  

magiquement













toute chose 

est remplie à la fois de lumière et de nuit 

obscure

l’une et l’autre 


ayant part égale en sa nature


































en 1991  

le Bien 
n’était encore pour ainsi dire 
qu’en enfance  

Il était loin de connaître tous ses pouvoirs  Il essayait ses forces  Il avait quelque chose d’un bébé hésitant  bafouillant d’un bambin certes déjà monstrueux  et qui bénéficiait d’une bonne santé préoccupante  mais on pouvait toujours espérer qu’il lui arriverait un accident  une maladie  la mort subite du nourrisson quelque chose enfin qui sauverait l’humanité du péril fatal que sa rapide croissance  son extension irrésistible faisaient peser sur elle





































prophète de notre temps


































Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.
Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

Libellés

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Eco Ecosse écritures Edmond Jabès elle Elles Ellul encres et musique Encres et peintures EnSof EPE épiphanies EPLA ESE ESPA Espitallier essais Etel Adnan Etna étoile Eucharistie Euler évangile Eventail Exergue F.A. F.O faits FAJ Faune Fayçal Fengliu feu Films FiniSol Finkielkraut FIVE Flore FNAR Foligno Foucault Fourcade Fractales Fragme Fragments France François Cheng Fugue Fuji G.C.L. G.Luca Gary Snyder GB GEGO genese Genji Gervais Gif Giffard Giovannoni Girard Giroux Gizzi Gleize GMH Gobenceaux Godard Goethe Gombrowicz Gongora Grâces Gramm gris Guesdon Guyau Guyotat GWFH H H.D. Hadot Haenel haïku Hamish Fulton Hamon Harms Hart Crane Hausmann Heaney Hegel Heidegger Henri Michaux Henri Thomas Herbes Herta Müller Heures hexagrammes Hikmet Hillesum Hiroshi Yoshida Histoire HO Hocquard Hölderlin Houellebecq HR. 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