neuf
choses
à
ne pas oublier
le départ
vivre commence souvent par partir
le dérèglement
déplacer les perceptions déranger
les évidences
ne pas oublier
le corps
la faim la marche le désir
la fatigue
le froid
la beauté et la violence du monde
le merveilleux surgit souvent au milieu
du sordide
ne pas oublier l'inconnu
chercher ce qui n'a pas encore de nom
ne pas oublier le silence final
après les illuminations
les voyages les visions et les bouleversements
ne pas oublier
que le voyant est d'abord celui qui se perd
ne pas oublier
la puissance de la langue
déplacements collisions illuminations
ne pas oublier
que Rimbaud ne donne pas une doctrine
il ouvre une brèche
son œuvre n'est pas un système à suivre mais une expérience
qui nous oblige à déplacer notre regard,
notre langue et peut-être notre
manière d'être au monde
la poésie pourrait ainsi se comprendre comme une expérience
de déconditionnement
partir marcher dérégler voir nommer autrement
puis se retirer du langage lui-même
chercher ce que Rimbaud
rend possible
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire