jette un regard de prudence
sur la route poudreuse où personne ne chemine
un chemin désert
comme
une possibilité encore intacte
le regard prudent ne cherche pas seulement
à éviter le danger mais à discerner
ce qui attend dans cet espace
sans traces
la route sans pas
la poussière sans empreinte
le regard
précède le marcheur
l’image flottante du cinquième idéal
se dessine lentement
apparition progressive d’une forme
encore indécise
une vision émerge du flou
comme si
l’idéal n’était pas à atteindre mais
à laisser apparaître
peu à peu
dans la conscience
dans la conscience
instant suspendu où le corps a déjà rejoint le jour
tandis que l’esprit demeure encore dans
la brume du sommeil
les yeux ouverts
la pensée encore ailleurs
le matin
entre lentement
dans la conscience
je viens de me réveiller
mais ma pensée est encore engourdie
la rigueur mathématique non comme une clôture abstraite
mais comme une eau froide qui traverse la pensée
la dépouille du superflu et lui rend
sa netteté
la rigueur
comme une eau claire
qui traverse l’esprit
mathématiques
sévères
comme
onde
rafraîchissante
une connaissance où la perception sensible ne s’oppose pas
à la pensée mais l’éveille et la précise
les apparences devenant non des illusions mais des passages
vers une compréhension plus juste du réel
les sens ouvrent
la raison
éclaire
le monde apparaît
dans sa vérité sensible
les sens
éclaircissent
la raison
par des apparences
vraies
l’existence est une illusion d’optique
la littérature est là pour la renverser
une phrase qui fait de la littérature non pas un miroir du réel
mais un instrument de déplacement
du regard
elle déforme les évidences fissure les apparences et révèle
derrière le monde que nous croyons voir
un autre monde possible
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