la mesure invisible du chemin
n’est ni la distance ni le temps mais ce qui change en nous sans se montrer une pente franchie une lumière déplacée le souffle devenu plus lent le regard qui s’attarde là où il passait autrefois et le chemin continue sans mesure apparente tandis que quelque chose en nous prend une autre dimension
le chemin vers quelque chose de moins
géographique
non plus ce qui conduit quelque part mais ce qui
nous transforme en avançant
la mesure invisible du chemin n’est ni la distance parcourue ni le temps nécessaire pour l’atteindre elle est dans ce qui se déplace sans bouger dans le regard qui devient plus lent dans le corps qui apprend la pente dans la fatigue qui retire au monde son superflu car marcher ne consiste peut-être pas à aller d’un lieu à un autre mais à laisser les lieux traverser peu à peu celui qui les parcourt la pierre le vent l’eau le vide la lumière jusqu’à ce que le chemin ne soit plus devant soi mais en soi une ligne sans tracé qui continue même lorsque l’on s’arrête et dont la véritable mesure demeure invisible parce qu’elle ne compte pas ce que l’on a franchi mais ce dont on n’a plus besoin de revenir
les Dolomites septembre 2026


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