un palimpseste neuronal
sous chaque pensée une autre pensée
sous chaque souvenir
un souvenir
effacé
mais jamais
tout à fait
le cerveau
réécrit
sur ses propres traces
la mémoire
n'est pas
une archive
elle est
une matière
vivante
qui se transforme
en se souvenant
un visage
en appelle
un autre
une odeur
réveille
un été
un mot
fait surgir
une forêt
et soudain le passé n'est plus derrière nous
il travaille
dans le présent
comme une écriture
invisible
le neurone
garde
ce qu'il oublie
le corps
garde
ce que la mémoire
efface
et nous marchons sur ces couches d'anciennes présences
sans jamais
lire
le texte entier
le singulier ne sort que la nuit
quand les contours
se défont
quand les noms
perdent
leur autorité
la nuit
défait
le général
elle rend
à la pierre
sa pierre
à l'arbre
son arbre
au visage
son secret
ce qui était
semblable
redevient
unique
un pas
dans la rue
un souffle
derrière une fenêtre
une lumière
seule
dans l'immense noir
le singulier n'a pas besoin de se montrer
il apparaît
quand tout
le reste
s'efface
et peut-être que la nuit n'est pas l'obscurité
mais l'heure
où chaque chose
retrouve
son nom
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