anémomorphose
le vent
écrit
dans la pierre et dans les pins
ce qui demeure porte la forme de ce qui passe
branche inclinée
herbe couchée
falaise ouverte
rien ne résiste
rien ne cède
la matière
apprend le vent
jusqu'à devenir
son silence
le silence le plus seul n'attend personne il ne demande
ni voix ni réponse il est là avant le mot
après le mot dans la pierre
dans l'air entre deux
souffles
peut-être est-ce là que tout
commence
la mince mémoire d'un frisson
sur l'herbe
puis plus rien
le vent avait déjà passé mais quelque chose demeurait
à peine
une trace
sans nom
dans l'air
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