il faut accepter d'être toujours pensant
toujours mouvant
ne pas chercher
le repos
dans une vérité
arrêtée
penser
comme le vent
qui ne possède
aucune direction
marcher
comme l'eau
qui ne conserve
aucune forme
amor fati
aimer
ce qui arrive
sans demander
qu'autre chose
arrive
la vie
telle qu'elle vient
pierre
pluie
soleil
perte
joie
tout recevoir
sans retenir
sans maudire
sans corriger
c'est peut-être la magie blanche la plus simple
ne rien ajouter
au monde
mais consentir
à sa lumière
même lorsqu'elle
traverse l'ombre
dire oui
et encore oui jusqu'à ce que le oui devienne
silence
la grande santé
n'est pas
l'absence
de blessure
elle est
la puissance
de recommencer
encore
être assez vaste
pour laisser entrer
le monde
sans lui demander
d'être autre
marcher
penser
respirer
aimer
perdre
revenir
la grande santé
est une confiance
dans le mouvement
une fidélité
au devenir
dire oui
à la lumière
oui
à la nuit
et garder dans le corps un espace
pour l'inconnu
dissiper ce qui obstrue la réalité
retirer
un voile
puis un autre
l'habitude
la peur
le commentaire
le nom
laisser la chose
être chose
la pierre
être pierre
le vent
être vent
la lumière
être lumière
marche et pense
en route
ne sépare pas
le pied
de la pensée
le chemin
est déjà
une pensée
qui avance
une pierre
une bifurcation
un souffle
et l'esprit
change avec eux
ne cherche pas
à parvenir
on les appelait péripatéticiens
ceux qui pensaient
en marchant
comme si
la vérité
ne pouvait
se tenir immobile
un pas
une idée
un autre pas
une autre idée
le corps
déplaçait
la pensée
et la pensée
ouvrait
le chemin
ils savaient peut-être
que marcher
est une façon
de desserrer
le monde
et qu'une pensée
qui avance
reste toujours
un peu libre
MN
physiologise l'esprit
incarne la pensée
spiritualise le corps
penser
n'est plus
une affaire
de tête
mais de souffle
de sang
de marche
de lumière
une pensée
qui ne transpire pas
est une pensée
qui n'a pas encore
touché la terre
le corps pense
avant les concepts
les jambes savent
ce que l'esprit
oublie
marcher
c'est éprouver
la pensée
dans sa chair
et peut-être la philosophie
commence-t-elle
là
où le corps
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