la jeune fille diluvienne marche pieds nus sur la frange des eaux
diluvienne
une pluie
plus ancienne
que la mémoire
le ciel
ne tombe pas
il revient
d'un seul coup
sur la pierre
les chemins oublient leur poussière
la montagne
boit
sans fin
chaque goutte
porte
un commencement
l'eau
retrouve
son âge
et le monde
semble
une fois encore
naître
du déluge
***
la parole claire de l'alouette
l'odeur
de thym
de sauge
et de fumée bleue
le vent
porte
plus qu'un parfum
une terre
entière
le soleil demeure dans les herbes
la pierre
respire
à travers elles
la fumée
monte
sans quitter
le sol
un feu
vient de passer
il laisse
dans l'air
une mémoire
que le regard
ne voit pas
et soudain
le monde
retrouve
son visage
le plus ancien
un beau silence bleu résonne dans le ciel
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