l’universel écoulement et l’universel embrasement
l’universel écoulement est le monde comme devenir
rien n’y demeure identique à soi-même
tout passe
tout se transforme
tout se transmet.
il est le fleuve d'Héraclite
où chaque forme est un instant de passage
l’être n’y est pas une immobilité
mais une circulation ininterrompue
l’écoulement est la loi du temps
l’universel embrasement est le monde comme intensité
il ne décrit pas seulement le changement
mais la puissance qui le porte
le feu n’est pas ici une destruction
il est l’énergie qui métamorphose
qui consume les anciennes formes
pour en faire naître de nouvelles
l’embrasement est la loi de la transformation
entre l’universel écoulement et l’universel embrasement
se déploie une même intuition sous deux figures
le monde ne repose jamais
il s’écoule comme un fleuve
il s’embrase comme une flamme
l’eau dit la continuité,
le feu dit la métamorphose
l’une emporte
l’autre transfigure
peut-être
ces deux images ne s’opposent-elles pas
le fleuve et le feu
sont deux langages pour une même réalité
le réel
est
une mobilité créatrice
rien
ne demeure
parce que tout vit
rien
ne subsiste
parce que tout devient
l’univers
est à la fois
courant et incendie
respiration et combustion
douceur du passage
et violence de la naissance
c’est dans cette double dynamique
que l’être ne cesse de surgir de lui-même
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