le comble de la misère ne pouvoir être seul
le comble
de la misère
n'est pas
le manque
mais
de ne pouvoir
demeurer
seul
sans aussitôt
chercher
du bruit
une présence
ou soi-même
ailleurs
la solitude
ouvre
ce que la foule
recouvre
qui ne peut
habiter
le silence
demeure
étranger
à sa propre
demeure
j'ai rarement été aussi seul
le monde
s'est éloigné
sans bruit
il reste
l'air
une pierre
la lumière
cela suffit
la solitude n'est plus un manque
elle est devenue
une chambre
ouverte
où rien
ne presse
j'aime ce peu de plus en plus
comme on aime une source
qui ne parle pas
et pourtant
désaltère
la solitude n’est pas un isolement c’est un refuge
où la pensée reprend ses droits
face à la comédie
sociale
un vrai roman
mémoires
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