la crudité de l'air
l'air
n'a rien adouci
il est venu
droit
sans détour
la lumière avait le tranchant d'une pierre froide
le souffle
se dépouillait
dans cette netteté
jusqu'à l'os
rien
à quoi se tenir
sinon
cette transparence
qui coupait
plus sûrement
que le vent
d'un coup de vent et sans partage l'ouvert
le vent
n'a rien emporté
il a ôté
ce qui fermait
l'espace
est venu
d'un seul tenant
sans bord
sans recours
la lumière
n'avait plus
où s'arrêter
le regard
non plus
un seul souffle
avait suffi
pour que le monde
cesse
d'avoir
une limite
matin sur la lèvre plus épaisse
la nuit
n'a pas tout quitté
elle demeure
au bord
du souffle
la lumière
monte
avec peine
dans la chair
un mot
encore retenu
élargit
le silence
le jour
vient
par cette épaisseur
où la parole
avant de naître
garde encore
le goût
de l'ombre
montagne une fois encore
sans appel
la pierre plus ancienne que le pas
l'air
remis
à nu
le vent
n'a rien gardé
j'avance
dans ce qui
me précède
la crête ouvre ce qu'elle retire
un sommet
puis
le même
autrement
la montagne
ne revient pas
c'est moi
qui recommence
tâche du jour
à peine
un peu de lumière
à porter
jusqu'au soir
le vent
fera le reste
la pierre
n'attend pas
le pas
non plus
le jour
demande
si peu
tenir
dans l'ouvert
sans quitter
la lumière
soi-même air
sans contour
à peine
une respiration
où tenir
je passe
dans ce qui
me traverse
nul visage
à défendre
le vent me prête sa clarté
je demeure
dans cet air
plus léger
que moi-même
dehors venant du nord
l'air
n'a rien demandé
il est entré
droit
dans la lumière
la pierre
s'est éclaircie
du froid
le souffle plus court tenait davantage
un ciel
sans reprise
ouvrait
jusqu'à l'os
le nord
n'était plus
une direction
mais l'ouvert
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire