pointes brèves objectives et ouvertes
la neige insiste
le jour recule
l'air se dresse
la pierre répond
rien ne ferme
le ciel se retire
la pente décide
l'ombre tient
le froid avance
le silence porte
le pas découvre
le vide éclaire
la terre respire
une herbe suffit
le vent revient
la lumière rompt
l'espace résiste
le roc demeure
le souffle passe
l'aube dénoue
l'écart grandit
le dehors veille
la montagne ouvre
la neige écoute
l'horizon cède
la poussière monte
la source paraît
le chemin manque
le blanc approche
la falaise attend
l'instant tient
la pluie rejoint la pierre
le gel écrit
la distance devient proche
l'air n'a pas fini
le feu laisse la cendre parler
l'eau retrouve son poids
la lumière n'ajoute rien
le monde recommence sans bruit
l'abrupt ne cède pas
le souffle change la montagne
le ciel est plus nu
le passage demeure ouvert
la neige défait les traces
l'attente devient le lieu
une pierre suffit au versant
le vide prend l'épaisseur du jour
l'arbre garde le vent
le silence gagne du terrain
rien ne manque au dehors
ces phrases cherchent moins la chute spirituelle
de l'aphorisme que l'événement
de perception
elles nomment une modification presque imperceptible du monde
laissant au lecteur le soin d'en éprouver
toute la portée
chez André du Bouchet le vent augmente
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