la pente décide
l’ombre tient
l’ombre tient
l’une donne le sens de la chute
l’autre la profondeur de la lumière
entre les deux le marcheur apprend
que le paysage pense avant lui
dans cette entente silencieuse
la montagne dira
le monde est fait de forces qui ne parlent pas
nous appelons silence
ce qui nous précède
ce qui nous précède
le monde est fait de forces qui ne parlent pas
la pierre le vent
la lumière
c’est nous
qui ajoutons la voix
le monde est fait de forces qui ne parlent pas
leur langue
est le poids
l’éclair
le froid
le monde est fait de forces qui ne parlent pas
elles déplacent les montagnes
ouvrent le ciel
ne demandent
aucun mot
le monde est fait de forces qui ne parlent pas
leur évidence est plus ancienne
que toute parole
le monde est fait de forces qui ne parlent pas
la phrase arrive après
comme une poussière sur le vent
la parole n'explique pas le monde elle vient après lui
comme un dépôt fragile sur une réalité
antérieure au langage
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