vienne la nuit sonne l'heure
les jours s'en vont je demeure
les jours s'en vont je demeure
ces deux vers de Guillaume Apollinaire qui clôturent le poème
Le Pont Mirabeau comptent parmi les plus célèbres
de la poésie française
leur force tient à leur extrême simplicité
la nuit vient
l'heure sonne
les jours s'en vont
tout semble obéir
au mouvement irréversible du temps
trois propositions constatent ce qui passe
la lumière décline le temps s'écoule
les jours disparaissent
puis surgit une rupture
je demeure
ce je ne prétend pas vaincre le temps
il affirme seulement
une permanence au cœur même de ce qui s'écoule
le poète oppose la durée intérieure au flux des heures
ce qui demeure n'est peut-être pas la personne biographique
mais la conscience qui traverse
les changements
la mémoire
ou encore
la voix du poème lui-même
le refrain devient ainsi une méditation
sur le paradoxe de l'existence
tout passe et pourtant quelque chose en nous éprouve
le passage sans être entièrement
emporté
j'aime le prolonger dans un esprit voisin
vienne la neige
souffle le vent
les saisons changent
je demeure
que les rivières descendent vers la mer
que les étoiles poursuivent leur course
il est une présence
qui ne voyage pas
les formes passent
le regard demeure
les heures consument les choses
elles n'atteignent pas toujours
celui qui les regarde
ou encore
dans une tonalité plus dépouillée
vienne la nuit
passe le jour
ce qui est profond
ne connaît ni l'un ni l'autre
le centre
de toutes choses
dans le monde est votre conscience
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire