En dehors à la fois de toute structure mentale idéaliste et de la confusion qui résulte de leur perte, la poétique de Kenneth White suit, pas à pas, phénomène après phénomène, une logique des limites, avec une sensation aigüe du réel. Difficile d'imaginer une ouverture au monde plus grande que celle qui se trouve dans ces pages....les limites et les marges
les limites tracent une forme
elles distinguent
délimitent
donnent à chaque chose son contour
la limite n'est pas seulement une fin
elle est la condition d'une identité
sans limite
tout se confond
rien ne peut apparaître dans sa singularité
les marges
ne sont ni le centre ni l'extérieur
elles sont des zones de transition
de porosité
où les frontières cessent d'être rigides
dans les marges
les différences se rencontrent
les formes se transforment
les catégories hésitent
la marge est le lieu de la métamorphose
entre les limites et les marges se joue
une tension essentielle
la limite institue
la marge invente
la limite affirme
la marge interroge
l'une donne au monde sa stabilité
l'autre lui offre son avenir
toute création naît peut-être dans cet espace incertain
où la limite cesse d'être un mur
pour devenir
un seuil
et où
la marge n'est plus un dehors
mais le lieu discret où
le réel apprend
à changer
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire