oui
une marche solitaire
une marche solitaire
surtout
longue silencieuse et répétitive
peut conduire à un état proche de la transe
légère ou profonde
beaucoup de traditions
l’ont découvert empiriquement
pèlerinages
errance des mystiques
marche méditative zen
quête de vision amérindienne
désert des ermites
longues traversées nomades
la marche agit comme
un métronome du corps et de la pensée
pourquoi la marche peut modifier la conscience
plusieurs mécanismes se combinent
le rythme répétitif
le pas régulier produit
une sorte de battement intérieur
gauche droite
souffle
regard
cadence
au bout d’un certain temps
le mental discursif s’épuise et quelque chose
devient plus fluide
la pensée cesse d’être volontaire
elle dérive
la réduction des stimulations
en montagne
peu de paroles
peu d’écrans
peu d’interruptions
immensité visuelle
sons naturels répétitifs
le cerveau quitte progressivement
l’état d’hypervigilance
urbaine
la fatigue légère et prolongée
une fatigue modérée altère
subtilement le rapport au temps et au moi
les frontières psychiques deviennent plus poreuses
l’attention devient flottante
les pensées prennent une texture différente
l’isolement
la solitude prolongée
modifie profondément la conscience humaine
sans interaction sociale constante
le personnage social se relâche
les pensées deviennent moins stratégiques
des couches plus anciennes ou plus symboliques apparaissent
existe-t-il des techniques
oui mais il faut distinguer
les méthodes douces et contemplatives
les méthodes extrêmes ou dangereuses
les traditions sérieuses
privilégient généralement la progressivité
une forme simple de marche de transe
marcher longtemps
la durée compte énormément
souvent
au moins 45 minutes à 1 heure
parfois plusieurs heures
la conscience change rarement immédiatement
maintenir une cadence régulière
ni trop rapide ni trop lente
ni trop rapide ni trop lente
le rythme doit devenir presque autonome
comme une respiration
extérieure
synchroniser souffle et pas
par exemple
inspirer sur 4 pas
expirer sur 4 pas
ou simplement laisser souffle et marche
se rencontrer naturellement.
cela stabilise
cela stabilise
l’attention
réduire le langage intérieur
ne pas chercher à penser
ne pas chercher à penser
quand une pensée arrive
la laisser passer
revenir au pas
au souffle
au paysage
peu à peu
les pensées perdent leur rigidité
utiliser une attention périphérique
au lieu de fixer un objet précis
au lieu de fixer un objet précis
laisser le regard large
accueillir sons lumière vent relief
cette attention ouverte
favorise des états modifiés doux
accepter le seuil de monotonie
le moment important vient souvent après l’ennui
le moment important vient souvent après l’ennui
au début
agitation
impatience
commentaires mentaux
puis quelque chose cède
la marche commence alors à marcher toute seule
certaines personnes décrivent
dilatation du temps
impression d’unité avec le paysage
hyperprésence
disparition partielle du moi
souvenirs très anciens
visions symboliques
sensation d’évidence ou de clarté
émotion sans objet
d’autres ne ressentent qu’un calme profond
les deux sont normaux
attention cependant
chercher la transe comme une performance
peut empêcher qu’elle survienne
les traditions anciennes
parlent souvent d’un paradoxe
la transe apparaît davantage
comme un relâchement du contrôle que comme
une conquête
une version très ancienne
il existe
une technique presque universelle
marcher seul
sans parler
longtemps
à rythme constant
dans un espace vaste
cela paraît extrêmement simple
pourtant cette simplicité agit profondément
sur l’esprit humain
la montagne le désert la forêt ou la mer
deviennent alors moins des décors que des opérateurs
de conscience
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